Publié le 20 Septembre 2026
Proposition 1
Le visiteur inattendu
Dans le silence tamisé d'une soirée pluvieuse, vous vous trouvez seul(e) à la maison, plongé(e) dans les pages envoûtantes d'un livre captivant. Le feu crépite dans la cheminée. Soudain, un bruit sourd, contre la porte d’entrée vous fait sursauter. Vous n’attendiez personne. Écrivez une micro nouvelle (1000 mots max). N’oubliez pas de semer de fins indices pour préparer la chute surprenante !
Les textes
Je te la laisse !
480 pages pas une de plus, pas une de moins et écrit tout petit ! En plus, je ne sais pas ce que j’ai fait de mes lunettes. Je pourrais faire autre chose, étendre le linge qui se froisse dans la machine par exemple m ais non, je préfère me tuer les yeux et poursuivre ma lecture. Ce roman de Roblès, tu le commences, tu ne peux pas t’en détacher ! Dehors, il pleut comme vache qui pisse. J’ai oublié de passer prendre le pain en rentrant de l’hôpital. De toute façon, je n’ai pas faim. Je n’ai plus jamais faim. Pas à cause de l’île du point Némo, non, même avant d’attaquer ce bouquin, je ne prenais plus le temps de manger. On pourrait rentrer à deux, sans se tasser, dans mon crapaud. Deux coups frappés contre la porte. Aussi sec, le feu arrête de crépiter. Une coïncidence ou un message des enfers ?
Si ça tombe c’est un ballon. Il y a toujours une flopée de sales gamins errants, par tous les temps, dans les rues de ce lotissement. A jouer au ballon, au tennis, au skate... Et ça braille ! Là par contre, je n’entends rien, à part l’averse !
Je ne bouge pas. Si c’est vraiment quelqu’un qui veut entrer, il refrappera. Qu’il me laisse au moins finir mon chapitre : La saucisse infernale !
Voilà qu’on remet ça ! Je pose le bouquin de Jean-Marie sur la table basse et je vais voir qui m’enquiquine !
J’ouvre la porte, bien à contrecœur évidemment. Il a intérêt, le fâcheux à avoir une bonne excuse !
La nuit est déjà tombée. Jusque-là, rien d’anormal on est le 28 décembre. Devant moi se dresse une ombre irisée par les gouttes d’eau.
- C’est à quel sujet ?
L’ombre ne me répond pas. Je repousse la porte. L’ombre, plus rapide que son ombre a déjà glissé un bâton dans l’entrebâillement. Il force le passage. Me bouscule. Le voilà en pleine lumière. Je le regarde. Il est de dos. Vêtu d’une longue cape noire. Au bout de son bâton : un trident. Il se retourne. Me fait face. Dans son visage grimaçant deux yeux rouges fendus d’une rétine noire.
- Décembre n’est pas le mois des carnavals, que je sache.
- Pas le moment de plaisanter, me dit-il d’une voix caverneuse. Je suis venue te chercher.
- Me chercher mais...
- J’étais à l’hôpital quand tu y es passé. J’ai vu les résultats. C’est pas joli joli. Tiens au fait je te ramène tes lunettes. J’ai touché deux mots à st Pierre, il m’a dit tu t’occupes d’elle, elle est trop mauvaise, je te la laisse !
Mô
Qui c’est ?
Mais oui ! quelqu'un a bien toqué à la porte !
A regret, elle posa son livre sur la table basse. Quel jour sommes-nous ? Je ne l'attendais pas aussitôt. Le mardi soir, il a ses cours d'anglais. Le jeudi son club d'écriture. Tandis qu'elle se dirigeait vers le couloir, elle passa en revue l'emploi du temps de ses neveux…
Le bruit se fit encore plus présent.
- Entrez donc ! cria-t-elle.
Personne ne répondit à l'appel. D’un geste vigoureux, elle ouvrit la porte. Une manche du vieux pin s'était échouée contre le battant du portail et scandait une musique sans relâche. Hésitante, elle tourna la clé dans la serrure. Elle se décida enfin et d'un geste vigoureux, elle ouvrit la porte.
Bénédicte
A table !
Cet hiver de l’an 2000, de la neige, beaucoup de neige était tombé prés du lac de come, Oriana lisait un livre de Guillaume Musso « quelqu’un d’autre ». Elle se lovait dans un plaid épais devant la cheminée, une musique douce complétait le tableau « l’été indien de Joe Dassin ».
Nous avions entamé un paquet de biscuits salés et buvions une pina colada, très parfumée en rhum Damoiseau ou Bologne ; je ne sais plus car on alterne avec les rhums blancs afin de trouver le meilleur pour le meilleur mélange. Soudain une buche dans l’âtre tomba dans les braises avec fracas, puis porte qui s’est mise à grincer de façon inquiétante avec ces rafales de vent, tout à coup on entend un grand bruit comme si quelqu’un voulait défoncer la porte centenaire du chalet familiale. C’était notre neveu Félix qui arrivait pour le Week end les bras chargés de victuailles dans des grands sacs « Fauchon », c’est pour cela qu’il a donné un grand coup de pied dans la porte. Il avait l’habitude des arrivées fracassantes parfois avec ses raquettes aux pieds, parfois avec une hotte de père noël chargée de bonnes bouteilles et des chocolats pour les enfants et pas que, parfois également il arrivait avec un panier chargé de buches de bois de chêne vert et aujourd’hui c’était des produits Fauchon, mais du bio, alors des carottes nouvelles, des champignons des bois type cèpes, chanterelles, morilles, girolles, pieds bleus. Donc on a passé le Week end à faire de la cuisine comme chez Frederic Lopez le dimanche après midi, et notre Félix il a de la gouaille, car sans cesse en sortant ses produits des sacs, il disait : « Alors bande de bouseux, vous avez vu les produits bio de chez Fauchon, ne sont-ils pas exquis, savoureux ».
Lors du repas, arrivés à la poêlée de champignons, Oriana dit : "Je n’en mangerai pas de ces champignons cèpes, chanterelles, pieds de moutons etc. car j’ai peur de faire une allergie."
Félix, gros malin qu’il est dit : "Eh bien moi, je les goutte en premier pour vous prouver que…il ne finit pas sa phrase et tombe à terre, la face rouge comme la braise et il suffoque avant de nous faire un arrêt cardiaque.
Oriana, qui avait suivi les cours de secourisme avec le fameux Alain B, lui prend le pouls et commence à lui faire un massage cardiaque et surprise !
Félix se relève d’un coup comme si de rien et dit : « Tout est bien qui finit bien à qui sait attendre ».
Rab34
Proposition 2
Logorallye de rentrée
Voici les titres de certains nouveaux romans sortis en aout ou à paraître en septembre que vous devrez intégrer dans votre texte, dans l'ordre que vous souhaitez :
Contraintes :
• Écrire un texte de 1 à 3 pages.
• Utiliser les six titres
• Le texte doit comporter au moins un personnage et un lieu.
• Vous êtes libre du genre : réalisme, fantastique, polar, poésie narrative, récit intimiste...
Petit défi supplémentaire (non obligatoire) :
• Votre histoire doit commencer par une disparition et se terminer par une découverte.
L’Adolescence du perroquet, d’Amélie Nothomb / C’était ça ou mourir, de Thélyson Orélien / Un diamant dans les gravats, de Luz / Championne, de Nina Bouraoui / Shanghai, cinq heures quarante, d’Ada Walter / L’Inconnue du quai de Javel, de Philippe Jaenada
Les textes
La politesse des miroirs
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Illustration Solange
Je suis dessinatrice en joaillerie. au début stagiaire j'ai appris à trouver des motifs avec des jeux de miroirs..
Ensuite on peut les dessiner sur des calques et l'on peint à la gouache finement tout l'or.
Puis les perles fines à la manière de Vermeer, avec une goutte de pluie au centre de chaque perle.
Les miroirs aiment les joyaux.
Hier était la journée du mystère.
Dans le miroir de gauche, le diamant avait disparu.
Il fallait impérativement le retrouver " c'était ça ou mourir" me disais-je. Sinon le patron allait me licencier pour vol aggravé de mensonge !
Même un diamant dans les gravats" m'aurait bien arrangée !...
Avant, mon adolescence avait été laborieuse, je ne pliais à aucune règle et je me contentais d'être comme un perroquet.
J'avais donc eu "une adolescence de perroquet", bavarde et peu studieuse...
Devenue surtout "championne" du bavardage, du baratin fameux sans conséquences...
Mais, cette manie funeste m'a fait parler de cette histoire de diamant disparu à un presque inconnu.
Je n'en suis pas fière, et à ressasser cette affaire en boucle. L’enquête avait progressé. La police, et tout le saint-Frusquin allait tôt débarquer, pour la perle, le diamant. L’or, le rêve multiple des miroirs !
Aaah franchement, j'allais finir ma vie en prison !...
Je me voyais aussi dans le quartier mal famé de Shanghai, après un périple rocambolesque effectué en train, à traverser la Chine profonde avec ses montagnes de santals et ses nuages muets, à la recherche du dit diamant.
Je me suis vue par avance, mettre un premier pied sur le quai de Shanghai, avec à l'horloge annoncée, cinq heures quarante avec au mieux, la grande aiguille enfoncée dans mon cœur affolé.
Non, ce n'était pas possible !
Le diamant ne donnerait pas cette orientation à ma vie !
Tous les miroirs mentent !
Je dois retourner au miroir, je dois vérifier et mener ma propre enquête. Secouer tous ces miroirs délictueux, pour trouver leurs failles, leurs abîmes perdus même pour des joailliers.
Et, la face contre le réel, je leur demanderais de me prêter serment pour toujours : le "serment du prisme," pour ne jamais me déshonorer, moi, promise à un grand avenir fait de luxes de calmes et de voluptés, un serment pour toujours : obtenir la vérité et m'engager à ne jamais mentir en retour...
Mais il faut tout de même vous le dire : "J'ai été licenciée".
L'inconnu avait vendu toute la mèche, on avait retrouvé le diamant à Londres !
Solange
Coco
Jamais je n’aurais dû m’engager à prendre en charge ce bétail ! Un perroquet ! J’aurais mieux fait d’adopter un parapluie, surtout qu’il pleut souvent à Shangaï ! Quand j’ai dit à mes amis que je cherchais à caser Coco pendant un mois, ils se sont tous débinés : des chats, des chiens tant que tu veux mais un perroquet, surtout TON perroquet, il n’en est pas question ! Bon je reconnais que l’adolescence d’un perroquet c’est quelque chose. Surtout celle de Coco. En plus il est caractériel. Je ne l’invente pas c’est son psy qui me l’a dit au bilan du troisième mois de suivi. Je m’en suis aperçu très vite. Non seulement il accumule les conneries mais, en plus, si je lui fais des remarques il me prend de haut ! Comme quand il m’a piqué la bague que m’avait prêté maman. Il est parti par la fenêtre j’ai juste eu le temps de voir la pierre me jeter un éclat désespéré avant de tomber dans les gravats du chantier d’à côté. Va chercher, toi, un diamant dans les gravats ! Là aussi j’avais appelé les copains. On y a passé toute la nuit et la journée du lendemain, c’était un dimanche, on a tous râté la messe et le bon Dieu m’a punie. J’ai dû lui en racheter un diam à maman, c’était ça ou mourir. Elle est pas commode maman. Championne de la rancune, ma mère ! Elle non plus ne veut pas me le garder, mon Coco.
Faut que je trouve une solution, je vais quand même pas renoncer à mon voyage pour ce foutu bestiau !
Là faut que je bouge. Mes bagages sont prêts, je prends Coco et on va faire un tour en bord de Seine. A cette heure matinale, devrait pas y avoir foule ! Ça me donnera peut-être une idée. Le noyer ?
Je lui ai mis sa couche culotte. Il adore se percher sur mon épaule ou sur ma tête quand on se balade. J’ai vite compris et je l’ai équipé. Quand je suis passé devant l’inconnue du quai de Javel - c’est ainsi que dans le quartier on nomme cette SDF – elle était éveillée et prenait son petit déj : un kil de rouge à même le goulot. Elle a rigolé en voyant l’équipement de mon perroquet. J’ai même cru qu’elle allait canner tant son visage est passé du rouge pinard au bleu cyanosé. Elle a même fait un petit malaise. Quand elle a repris ses esprits – mais là, je n’étais plus là pour le voir – elle a dû être bougrement contente de trouver attachée à sa poussette la laisse de Coco.
Quand je suis arrivé à l’aéroport, j’étais encore un peu chagrine. Alors j’ai demandé à un employé. Il m’a dit regardez, c’est écrit, sur le panneau : Shanghai, cinq heures quarante !
Il me tarde d’y être paraît que là-bas, pour trois fois rien tu peux acheter des gibbons.
Mô
L’enquête
Elle ouvrit la porte de la chambre. La forme d'un corps se dessinait sous le drap. Tiens ! Déjà rentré ! Elle s'approcha du lit. La tignasse brune de Renaud était cachée sous l'oreiller. Inquisitrice, elle s'aventura à toucher le drap. Elle enfonça ses doigts dans le traversin moelleux. Supercherie ! Il n'était pas rentré. Disparu. L'adolescence du perroquet, une période grave et conflictuelle dans la plupart des familles plus jeunes. Il les saoulait avec ses remarques maintenant, bouche cousue ! Il les ignorait complètement. On l’avait soupçonné d’être tombé amoureux d'une inconnue. On disait qu’ils se donnaient rendez-vous au quai de Javel tous les soirs à 5h40, au Shanghai, club asiatique du quartier. Elle n’en dormait plus. Elle voulait savoir qui lui volait la vedette et se mit en tête de le pister. C'était ça ou mourir. Championne dans l'art de la filature, à l'heure dite, elle se rendit au Shanghai. Renaud était là, assis, impatient, nerveux. Il ne cessait de regarder sa montre. Soudain, elle fit son entrée, éblouissante dans sa robe moulante... Au bar on avait reposé les verres sur le comptoir. Bouches bées, ils la reluquaient. Un diamant dans les gravats, pensa-t-elle. Rassurée, elle s'éloigna, sourire aux lèvres. Son ado avait fait le bon choix.
Bénédicte
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