Publié le 23 Septembre 2026
Proposition 1
L'automne - Arcimboldo
A propos de l’automne qui arrive demain !
François Morel sur France Inter a rendu hommage à Catherine Ringer, en listant dans l’ordre alphabétique tous les adjectifs qui pouvaient la qualifier.
A notre tour de rendre hommage à l’automne, de la même manière en reprenant son mot de la fin : « C’est comme ça. C’est comme ça. »
Les textes
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M. L'automne
Illustration Mô : Ecorces et feuilles mortes
Monotone ?
L’automne est apaisant, automnal, beau, caduque, coloré, commémorateur, doux, flamboyant, frais, funèbre, généreux, humide, nuageux, ombragé, parfumé, pluvieux, roux, tempéré...
C’est comme ça. C’est comme ça.
Mô
L'automne de rab34
Antique, accueillant, amoureux, atypique, bouillant, brûlant, brunissant, bucolique, capricieux, chaleureux, déboisé, décoloré, déconnecté de la réalité, douloureux, effeuillé, ébouillanté, édenté, éphémère, fantôme, flamboyant, foutu, ténébreux, yoyoteux.
C’est comme ça. C’est comme ça.
Proposition 2
L'automne - Mucha
L’automne est en retard !
Personnifions l’automne. On l’attend avec impatience. On le voit enfin rappliquer, il est là, au bout du chemin. C’est bien lui, on le reconnaît à...
Maintenant il va falloir qu’il s’explique sur son retard !
Pour les ignorants que nous sommes : Dans l'imaginaire collectif, chaque saison démarre systématiquement le 21 du mois. L'automne n'échappe pas à cette idée reçue très répandue. En réalité, la mécanique céleste ne suit pas une grille calendrier rigide. C'est la position exacte de la Terre par rapport au Soleil qui fixe le premier jour de l'automne, un événement astronomique qu'on appelle l'équinoxe. Sa survenue varie d'une année sur l'autre et en 2026 elle n'aura pas lieu le 23 septembre.
La raison de ce glissement régulier tient à la durée réelle de l'orbite terrestre. Notre planète ne met pas précisément 365 jours pour accomplir son tour complet autour de notre étoile. Il lui faut en fait 365 jours, 5 heures et 48 minutes environ. Ce surplus de près de six heures s'accumule chaque année. Sans ajustement, les saisons finiraient par se décaler complètement sur le calendrier. Ce petit écart force l'équinoxe à glisser progressivement sur le cadran temporel.
Pour remettre les pendules à l'heure, notre calendrier moderne utilise un mécanisme bien connu : l'année bissextile. Tous les quatre ans, la présence d'un 29 février permet de rattraper d'un coup les 24 heures accumulées au fil des rotations. Cet ajout soudain fait faire un bond en arrière d'une journée à l'équinoxe. Selon la position dans ce cycle de quatre ans, la bascule d'automne s'opère donc généralement entre le 22 et le 24 septembre, mais quasiment jamais le 21.
Quand débutera l'automne 2026 ? Pour cette année 2026, l'équinoxe d’automne survient officiellement le 23 septembre. L’événement astronomique précis aura lieu durant la nuit, très exactement à 2h05 du matin heure française. C'est à cet instant précis que le Soleil traversera l'équateur céleste, offrant une journée et une nuit d'une durée parfaitement égale. Il faudra donc patienter encore un peu avant d'entrer officiellement dans la saison des feuilles mortes.
Les années précédentes, c'est aussi entre le 22 et le 23 septembre qu'a eu lieu l'équinoxe d'automne. Il faudra attendre la fin du XXIe siècle pour observer à nouveau un équinoxe d'automne se dérouler un 21 septembre. D'ici là, nous alternerons principalement entre les 22 et 23 du mois pour accueillir les premiers jours rafraîchissants.
https://www.grazia.fr/news-et-societe/news/pourquoi-lautomne-ne-debute-pas-le-21-septembre
Les textes
Bon et joyeux automne !
- Bonjour l’automne, dit l’été, tu vas où ?
- Je prends le chemin vers l’hiver.
Le voilà, au bout du chemin, qui s’embourbe. Les sangliers ont labouré les lisières de la forêt, à la recherche des glands, de châtaignes, de myrtilles sauvages. Le chemin est en vrac et cela gêne le passage des gardes forestiers, des chasseurs, mais aussi le passage de l’automne et alors, et alors ? L’automne est en retard. Il n’arrivera que le 23 vers 2h du matin au lieu du 21 septembre. C’est mamie* qui me l’a dit ! Pardon Monique Nicque, et alors, il est 17h 45 et cela se passe cette nuit et moi je dormirai à 2h du mat.
Pourquoi si tard ? on aurait pu dire à minuit, c’est l’automne comme pour la nouvelle année et on se souhaiterait Bon et joyeux automne et on boirait du muscat pétillant ou du champagne avec des châtaignes grillées, des figues farcies de foie gras, du pâté de campagne, de la rosette de Lyon, du fuseau lorrain, et on terminerait par un bras de vénus d’automne. Le bonheur, c’est ça !
« C’est quand le bonheur ? », demande Cali, eh bien, c’est le 23 septembre à 2h05 !
Fin de l’histoire.
Rab34
*Note de la rédaction : Tu sais ce qu'elle te dit la mamie ?
L’automne est en retard 1
Comme tous les jours, je montais d’un pas déterminé au bois de Belloy. J’avais envie de prendre un bain de nature mais pas seulement. On était le 23 septembre, et je ne l’avais toujours pas vu ! Qui ? Mais l’automne, Pardi ! A la télé ils avaient dit : « Cette année l’automne sera en retard. » J’ai cru que c’était encore une connerie comme ils en disent souvent à la télé. Mais non, ça faisait deux jours que je le cherchais, en vain : le ciel était d’un bleu vierge de tout nuage, le vent avait oublié de se lever, pas une goutte de rosée sur les asters qui bordaient le chemin et surtout le parfum des cèpes avait été remisé aux oubliettes !
J’enrageais. Quand soudain je levai la tête, je le vis ! Toujours la même dégaine : un short de scout laissait apparaître ses guiboles décharnées comme de vieilles branches de marronniers, une chemise en coton grossier, recouverte de feuilles diverses brunes, rousse et rouge et un large chapeau qu’il avait sûrement piqué à un épouvantail. Comme il me croisait je me permis de lui dire :
- Ben alors, qu’est-ce que tu foutais? ça fait deux jours que je te cherche !
Il se retourna, persuadé que je m’adressais à quelqu’un d’autre. Il n’était peut-être pas habitué au tutoiement ni aux enguelots ! Elles ont une estime de soi disproportionnée les saisons. J’ai d’ailleurs une anecdote sur l’hiver que je ne manquerai pas de vous raconter la prochaine fois. Mais finissons-en avec l’automne.
- C’est à toi que je cause, l’automne !
- C’est à quel propos ?
- Depuis le 21 je te guette ! Un jour de retard, passe mais deux c’est trop !
- Mais je ne suis nullement en retard, je ne fais qu’appliquer le règlement, dicté par la durée réelle de l'orbite terrestre. Je ne peux pas aller plus vite. Je suis obligé d’attendre que le soleil traverse l’équateur céleste...
- Et là, il l’a traversé, le soleil, ce foutu équateur ?
- Vous n’avez qu’à monter jusqu’au bois et vous m’en direz des nouvelles !
De ses brindilles de bras, il me salua bien bas et je poursuivis ma course vers le haut.
La forêt me fit la fête : Une pluie de feuilles mortes s’abattit sur mes épaules, au sol, des bogues ouvraient l’œil, des cèpes dessinaient des rondes de sorcière autour de quelques amanites en robe de gala.
L’automne était bel et bien là.
Mô
L'automne est en retard ...
Les feuilles des arbres commencent lentement à jaunir, puis à rougir. C'est le plus beau moment, leur couleur éclatante éclabousse la végétation.
A la ville, comme à la campagne, c'est un éclat de lumière que nous envoient nos arbres avant de se mettre en veille.
Ensuite les feuilles se recroquevilleront, se dessécheront, puis, ne tarderont pas à tomber et à mourir sur le sol.
À ce stade, l'automne sera presque terminé, c'est le moment le plus triste. Mais aujourd'hui, il n'a pas encore commencé son long travail d'avant l'hiver, il est en retard.
Oui en retard, comme il sait le faire. Il aime s'attarder, jamais ponctuel comme le sont les autres saisons. Encore cette année, il va falloir deviner, chercher le jour où l'équinoxe pointera son nez et lui donnera le feu vert.
A partir de ce jour, tout va changer, l'air va devenir plus frais, une belle odeur d'humus va s'installer. Les écureuils vont engranger leur provision de noisettes et de glands.
Il faudra vite en profiter, l'hiver est toujours pressé de le supplanter.
Alors, le vieil homme au manteau d'écorce, marchant à pas feutrés, s'avancera tout doucement en recouvrant la terre de feuilles mortes.
Françoise
L’automne est en retard 2.
Ça fait deux jours que je l’attends. On m’a toujours dit : L’automne, c’est le 21 septembre. C’est tout faux. Du coup je ne croirais plus ce que disent les grandes personnes. Sauf les hommes de sciences. Y en a un qui a dit hier, à la radio, après toute une série de mots que je n’ai pas compris : équimachin, orbitruc... que l’automne arriverait à 2HO5. Alors j’ai quitté mon lit, ma chambre, ma maison, en cachette, et me voilà, en haut de la butte. Ya personne, juste un chat. Le mien. Il s’est assis à côté de moi, je crois bien qu’il est comme moi. Il attend l’automne. La cloche à taper les deux coups. Il ne devrait plus tarder. Je scrute le ciel. Il est 2h 10 à mon portable et toujours personne. 2H 30, toujours rien. Ça m’énerve ! Enfin, des nuages arrivent du fin fond de la campagne, à toute vitesse. Quand ils sont au-dessus de moi, ils se divisent et lâchent un truc, marron et jaune, comme une fiente d’oiseau. Au sol, la fiente se déplie, s’enfle. C’est lui. Un squelette de bois habillé de feuilles mortes de toutes les couleurs. Il est plutôt chic pour une saison. L’été est toujours à moitié nu, l’hiver est raide comme un passe-lacet et le printemps se contente d’une pâquerette pour cacher son zizi.
L’automne nous salue, moi et le chat. Il a l’air plutôt aimable mais c’est pas une raison pour que je passe à côté de la question qui me tarabuste :
- Dis l’automne pourquoi t’es en retard ? On avait dit 2h05, non ?
- Ma femme de ménage est souffrante et j’ai dû repasser, une à une, les feuilles de mon costume. Tu ne m’en veux pas ? Pour la peine, je t’ai apporté des châtaignes et quelques bolets. Tu me pardonnes ?
Je me suis levé pour aller lui faire un câlin. Le chat et moi, on est allés se recoucher.
Mô
Proposition d'écriture 3
Source d'inspiration pour cette proposition : La première page du roman noir : Le matériel du tueur de Gianni Biondillo
Hors d'ici
La brume, la brume, cristaux de glace suspendus, nuage pédestre, la brume qui monte, petite pluie fine, orgeat opalin qui coche les choses lointaines, halo blanchâtre, pâle, diffuseur laiteux d'abstraites réminiscences lunaires, la brume dure, presque, solide, trempée, des millions de gouttelettes dansantes, qui estompent, émoussent, amortissent l’ouïe, la brume qui presse, qui étouffe les chuchotements, capitonne les pas, fait taire les chiens, se couche sur la plaine, la brume, drap de coton étendu, voûte de voile, coupole de fumée, vapeur, brouillard, la brume, celle des contes de fées, mystérieuse, menteuse, domestique, la brume des rêves, celle que les enfants de Milan n'ont jamais vue, mur d’ouate, rideau de théâtre, haleine de la terre, la brume qui presse, dans le cadre en damier de la fenêtre, qui voudrait se précipiter, gicler, entrer dans l'obscurité de la cellule, se répandre, glace sèche, fumigène, la brume qui enfin se retient, pudique, effrayée par les hurlements de détresse qui résonnent dans le noir profond, la brume qui se fait vague lueur, verre gravé, qui se retire, retourne dans le monde, et, vaincue, quitte les cris et les gazouillis de sang éructés par les mâchoires épuisés d'un homme, écroulé sur la civière, à un pas de la mort. Peut-être.
Un texte de 208 mots, titre compris. Deux phrases. 6 propositions relatives. 11 fois le pronom qui, 1 fois le pronom que. Evocation d’un élément naturel. Ici, la brume. Le mot est répété 11 fois
Personnification de la brume. Elle a des défauts, des pouvoirs, ressent des émotions. C'est elle qui guide le lecteur vers l'évènement qui devrait pousser le lecteur à tourner la page.
Plus tard dans le texte, un indice pour identifier le lieu : la cellule
Enfin, apparition d’un personnage : « hurlements, de détresse, cris, gazouillis de sang, mâchoires d’un homme »
4 éléments naturels : Eau, air, terre, feu
4 colonnes pour lister leurs différentes manifestations, ça peut aider
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L’eau |
L’air |
La terre |
Le feu |
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La pluie La brume L’averse La rivière Le torrent La mer ... |
Le vent La tornade Le courant d’air ... |
Le désert de sable La plage Les montagnes Les grottes Les champs cultivés La terre des sentiers Le terrain de sport ... |
L’âtre L’incendie Le volcan ... |
Choisir une de ces manifestations et, à la manière de G. Biondillo, s’en servir pour introduire, le lieu et le personnage de votre nouvelle voire de votre futur roman.
Les textes
L’enfer
Les flammes, les flammes, langues de feu qui lèchent les parois, la vitre, les flammes jaunes timides qui viennent de naître, qui crépitent, gourmandes, les flammes rouges, avides, féroces, au front plissé de colère, qui rugissent, les flammes de l’enfer qui a quitté son antre, les flammes qui réveillent les mémoires, les fautes commises qui ne méritent pas de pardon, les flammes qui donnent la fièvre, trop chaudes, qui brûlent, qui font oublier la neige, dehors, les flammes qui se contorsionnent qui voudraient sortir, bondir du foyer, gagner d’autres territoires, faire des victimes, mobiliser les hommes du feu, faire la une des journaux, les flammes qui regardent l’enfant aux joues rouges, l’enfant repense à sa dernière confesse, à son pêché d’omission, à cette poignée de bonbons qu’il a volés au magasin et que le bon Dieu , contrarié, ne lui pardonnera jamais. Peut-être.
Mô
Vole comme le vent léger...
La brise, la brise, celle qui caresse les champs de blés dorés, la brise rafraîchissante et douce, la brise qui décoiffe les cheveux fins de l'enfant, la brise qui se glisse à travers les rideaux de voile, la brise qui chuchote, la brise qui chante à l'oreille des oiseaux, la brise qui se fait musique, laisse tomber ses notes sur les prairies en fleurs, la brise vole et danse sur les arbres feuillus, la brise, gaie et légère, sautille, pétillante et joyeuse, la brise attend que le jour se lève, tournoie doucement autour du berceau, la brise passe et repasse, la brise, lorsque le soleil sort enfin de l'eau, se met à fredonner la chanson du matin.
Alors, l'enfant s'éveille.
Françoise
L'eau
L’eau, l’eau, elle glisse, s’en va toujours, froide au corps du noyé, lisse caresse au visage de l’enfant, saline sanctification de la beauté qui grandit, compagne tendre des bords de sable, celle qui chante la rumeur de paix, jusqu’à venir un jour inattendu sur la joue de l’enfant aux peines incommensurablement légères, et s’en va glisser sur les bords du temps, jusqu’à atteindre l’homme, la femme, car l’eau incarne l’amour dont nul ne sait d’où il vient ni quand il cédera, glissera, s’enfuira, et pluies et automne et gémissements annonçant déjà la venue, la revenue de la joie qui bat comme la rosée les chevilles au matin., tu vois, quatre-vingt-dix pour cent de toute vie, haut la main, elle gagne de toute éternité, et il pose son verre de blanc pour un verre d’eau, manière de. Peut-être.
Alain V
Toute retournée
La terre, la terre, qu’on voudrait maîtriser, domestiquer, asservir, emprisonner, la terre vivante qui se rebelle, qui veut reprendre le dessus, la terre qui refuse qu’on l’enferme, qu’on l’enveloppe, pas même sous un tapis vert, la terre qui veut voir la lumière, le ciel, le soleil, la terre qui se rebelle, qui explose aux yeux de tous, en gerbes brunes, comme un champ de patates retourné, la terre qui se moque des bonnes manières, du qu’en-dira-t-on, des critiques des jardiniers, des sportifs, du public, la terre qui se laisse renaître sous les crampons acérés, qui la griffent, qui la blessent, la terre qui se moque de ces joueurs de rugby qui s’embourbent, qui patinent, à 2m de l’en-but, au point de lâcher le ballon de la gagne, promesse d’essai, qui gicle en avant. Mêlée pour les bleus !
Mô
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