Publié le 28 Octobre 2026

 

Quand le couple Tzvetan Todorov et de Nancy Huston

nous offre matière à écrire

Tzvetan Todorov (1939 – 1917) est un critique littéraire, sémiologue, philosophe et historien des idées français d'origine bulgare. A écrit 101 livres. A été marié à Nancy Huston née en 1953 (autrice103 livres, entre autres de: Dire et interdire. Eléments de jurologie, Ligne de faille)

 

 

Proposition 1

Le fantastique

" Le fantastique, c’est l’hésitation éprouvée par un être qui ne connaît que les lois naturelles face à un événement en apparence surnaturel ". Tzvetan Todorov Introduction à la littérature fantastique (1970),

A partir de cette idée, écrivons un texte qui vise à nous faire passer d’un monde à un autre : du monde réel, avec son temps, son espace, sa logique à l’autre monde, celui de l’étrange. Tentons donc de créer une espèce de vertige, une angoisse en partant d’une situation banale.

Naturellement, la chute doit être troublante. (Eviter les clichés du genre : vampires, douches sanglantes, morts-vivants, etc.).

Ce qui est important ici c’est l’atmosphère et la progression subtile vers le malaise, quel que soit le genre littéraire (nouvelle, poème) choisi. Faisons preuve d’originalité quant à l’histoire, le personnage central.

 

 

Les textes

 

 

Rose

Ils sont tous les deux devant leur feuille. Baptiste, 4 ans et sa mamie, hors d’âge. Baptiste annonce le thème du jour : le cheval ou plus exactement la jument. Mamie s’incline. Et c’est parti. Chacun dessine sur sa feuille. C’est le moment de colorier. Mamie sort ses feutres préférés. Elle apprend à Baptiste à cerner son dessin et à colorier sans dépasser. On évite les coups désorganisés, on frôle la silhouette, par petites touches. Mamie donne des conseils. Regarde si tu colories en faisant de petits cercles, les risques de bavures sont moins grands. Tiens à propos de bavures, ne suce pas mes feutres ! Mamie remplit le corps de sa jument de petites spirales roses. On a très vite envie de caresser son pelage en mohair. L’autre jument évolue bien aussi en multicolore, elle s’appelle Trotte-vite. Baptiste jette un œil sur la jument de mamie. Elle s’appellera Rose et comme Pégase, elle aura des ailes. Trotte-vite aussi. On s’exécute. Et voilà Rose qui s’envole - sans même attendre que Baptiste ait fini les ailes de son poulain. Elle vole au-dessus de la prairie rayée de vert, parsemée de marguerites au cœur jaune et pétales bleus. Baptiste sourit. C’est juste la jument dont il avait rêvé.

Et si on allait goûter dans la cuisine ? Tu termineras ton dessin après. Une banane, un yaourt, un sirop de menthe et quelques bonbons.

Quand on revient dans le salon, les feutres sont là, les feuilles aussi. Trotte-vite est restée sagement sur son papier Canson, par contre Rose a disparu. La prairie est déserte. Rose ?  Rose ? L’enfant l’appelle. Par la porte-fenêtre ouverte, on entend un battement d’aile. On se précipite. Rose est là, qui survole le jardin, la terrasse, la maison, le lotissement...  Entre ses lèvres, une rose qu’elle vient offrir à mamie. Elle se pose un instant à côté de baptiste, lui souffle dans le cou. L’enfant caresse sa douce robe rose avant de la regarder s’élancer dans le ciel.

On agite les bras. On la laisse partir. Rose est libre. Restent toutes les histoires à venir dans lesquelles Rose sera l’héroïne.

Mô

 

 A propos de cheval...

Un tout petit cheval – Henri Michaux* in Lointain intérieur

J’ai élevé chez moi un tout petit cheval. Il galope dans ma chambre. C’est ma distraction.

Au début, j’avais des inquiétudes. Je me demandais s’il grandirait. Mais ma patience a été récompensée. Il a maintenant plus de cinquante-trois centimètres et mange et digère une nourriture d’adulte.

La vraie difficulté vint du côté d’Hélène. Les femmes ne sont pas simples. Un rien de crottin les indispose. Ça les déséquilibre. Elles ne sont plus elles-mêmes.

« D’un si petit derrière, lui disais-je, bien peu de crottin peut sortir », mais elle… Enfin, tant pis, il n’est plus question d’elle à présent.

Ce qui m’inquiète, c’est autre chose, ce sont tout d’un coup, certains jours, les changements étranges de mon petit cheval. En moins d’une heure, voilà que sa tête enfle, enfle, son dos s’incurve, se gondole, s’effiloche et claque au vent qui entre par la fenêtre.

Oh ! Oh !

Je me demande s’il ne me trompe pas à se donner pour cheval ; car même petit, un cheval ne se déploie pas comme un pavillon, ne claque pas au vent fût-ce pour quelques instants seulement.

Je ne voudrais pas avoir été dupe, après tant de soins, après tant de nuits que j’ai passées à le veiller, le défendant des rats, des dangers toujours proches, et des fièvres du jeune âge. Parfois, il se trouble de se voir si nain. Il s’effare. Ou en proie au rut, il fait par-dessus les chaises des bonds énormes et il se met à hennir, à hennir désespérément.

Les animaux femelles du voisinage dardent leur attention, les chiennes, les poules, les juments, les souris. Mais, c’est tout. « Non, décident-elles, chacune pour soi, collée à son instinct. Non, ce n’est pas à moi de répondre. » Et jusqu’à présent aucune femelle n’a répondu.

Mon petit cheval me regarde avec de la détresse, avec de la fureur dans ses deux yeux.

Mais, qui est en faute ? Est-ce moi ?

*Henri Michaux s'excuse, il a eu un empêchement. Il ne pouvait pas être là à l'atelier mais il a eu la gentillesse de me confier ce texte. Merci Henri !

 

Le poney de Rose par Clément, Baptiste et Monique

 

Fantastica

 

        De Josiane obtenu par Craiyon

La nouvelle librairie sétoise, j’y vais régulièrement pour faire le plein. Mon dernier achat, une bande dessinée de Manu Larcenet : « L’Insensé ».

Je feuillète, histoire de saliver un peu. Ce sont souvent des dessins échevelés, minimalistes, débarrassés des contraintes académiques. Larcenet dessine des atmosphères.

 - Atmosphère ! Atmosphère ! Est-ce que j'ai une gueule d'atmosphère ? Je me retrouve sur les bords du canal St Martin, face à une jolie brune. La belle Léonie, au bagout parigot s’adresse à moi de façon véhémente.

- Bonjour, je ne voulais pas déranger, je passe mon chemin je me suis trompée de page.

Je me retrouve dans une bicoque poussiéreuse et hors d’âge, un vieil anar poussiéreux lui aussi, dessine pour un gamin, son seul visiteur de la semaine, excepté un pote qui passe tous les jours.

Hum, moi aussi j’ai fait une BD, l’histoire d’une mouette qui montait une chorale et partait au-delà du cercle arctique pour faire tomber la pluie. Le chœur avait fait tomber la neige, ce qui avait suscité beaucoup d’ennuis. Enfin ça avait fait marrer O et M, mes petits- enfants. Ils avaient juste remarqué que la BD n’était pas terminée, restée en noir et blanc. Tout en noir et blanc.

Noir et noir, c’est là que je suis transportée, à Rodez au musée Soulages. Je me tords le cou pour distinguer le brillant du mat. Pierrot, derrière moi, brosse dans une main et seau plein de goudron dans l’autre, pour mettre une dernière touche.

Une touche de piano, noire sur laquelle je tape comme une folle. J’aimerais, si j’avais le temps, apprendre le solfège, avoir dans la tête des chapelets de noires, de blanches, des croches, des soupirs. J’aimerais être Mozart. Il est là à chantonner, à côté de moi, son pied marque la mesure et sa tête se balance. Je reconnais le concerto pour clarinette, je suis dans la savane, dans le film Out of Africa tiré d’une partie du roman de Karen Blixen. La baronne danoise me saisit la main, je suis à Copenhague, allongée sur le quai telle la petite sirène. Je plonge, ma tête se cogne sur un rocher...

Des lumières m’aveuglent, des mains gantées me tâtent. J’entends des voix :

- ça va Madame ?

- Oui, ça va, j’ai piqué un roupillon entre les pages du bouquin. Non, il n’est pas ennuyeux du tout, très prenant au contraire ! J’en voudrais 4 exemplaires, un pour Soulages, un pour Mozart, un pour la baronne et un pour moi. Je ferai la lecture à Léonie, elle est miro comme une taupe m’a-t-on dit.

Oui, j’ai un compte de fidélité…

Josiane

Juste une plume

Je me trouvais sur le quai d'une gare, attendant un train qui tardait à apparaître. Un monde disparate se déplaçait autour de moi. Une voix annonça soudain l'arrivée du train attendu. La foule s'empressa d'approcher du bord du quai. Soudain, surgissant d'une fumée épaisse, je vis apparaître un couple avec un enfant aux allures étranges, leurs visages étaient étonnemment blafards. L'homme avaient des cheveux extrêmement longs, la femme, les yeux exorbités et l'enfant s'accrochait à ses jupes. Un instant a suffit pour les voir subitement disparaître dans un flash éblouissant. Ils s'évaporèrent on ne sait pas très bien ni où, ni comment,  me laissant dans un état de sidération indicible. Où ont-ils pu se volatiliser ? Je regardais partout, mais rien n'apparaissait. Il y avait cependant au sol, comme un tas de cendres, et seul persistait une plume qui voletait dans l'espace et qui, sans doute, avait été laissée par l'enfant.

J'ai eu un moment de stupeur, d'incompréhension qui me laissa perplexe, oubliant même de monter dans ce train que j'avais si longtemps attendu. Avais-je rêvé ? Aurais-je eu une hallucination ? Mon cerveau me jouerait-il des tours?

Ce couple me paraissait pourtant réel, malgré leur apparence un peu fantomatique. Je regardais encore le quai. Rien d'anormal n'était visible hormi une plume. Je la ramassai. Je demandais autour de moi si quelqu'un avait vu ces personnages. On me regardait d'un air suspect. Il n'y avait plus rien sur le quai, alors que le train s'ébranlait. En y repensant, j'avais le sentiment étrange d'avoir croisé, en un bref instant, des êtres venus d'un autre monde qui refusaient simplement le présent.

Lydia

 

Proposition 2

La philosophie

« Une fois je me suis caché dans leur cave au fond d'une énorme boîte en carton et quand les cousins sont descendus je les ai entendus m'appeler "Randall ! Randall !" mais ma cachette était tellement bonne qu'ils ne m’ont pas trouvé et pour finir ils ont renoncé et sont sortis jouer au frisbee dans le jardin en m'oubliant complètement. Pendant ce temps j'étais encore dans la boîte, j'attendais, j'attendais et quand je suis sorti enfin j'étais frigorifié et ankylosé et, en me voyant, mes cousins n'ont même pas dit "Où étais-tu ? On t'a cherché partout !" J'étais blessé de ne pas leur avoir manqué et je me suis dit que la mort devait être comme ça : la vie continue tranquillement sans toi. »

Ligne de faille

 

A notre tour d’évoquer un instant de la vie d’un enfant (6ans) qui lui permet d’accéder à une grande question philosophique

Utilisons le langage approprié à un enfant de cet âge.

 

Des pistes :

• L'existence et l'origine : « Pourquoi j'existe ? », « J'étais où quand j'étais pas né ? », « Pourquoi on est sur terre ? », « D'où vient la vie ? ».

• La mort et le temps : « C'est quoi la mort ? », « Pourquoi on meurt ? », « Quand on meurt, c'est pour toujours ? », « C'est quoi le temps ? ».

• La morale, le bien et le mal : « Qui décide de ce qui est bien ou mal ? », « Pourquoi on doit être gentil ? », « Pourquoi il y a des méchants ? », « Est-ce que c'est grave de se tromper ? ».

• L'identité et la différence : « Pourquoi je suis moi ? », « Sommes-nous tous pareils ou tous différents ? ».

• La société et la justice : « Pourquoi on ne fait pas ce qu'on veut ? », « Comment on sait ce qui est juste ? », « Pourquoi les hommes se font la guerre ? ».

 

 

Les textes

 

Je veux, ils veulent pas

Une fois, je dessinais avec Mamie. On était seuls. On était bien. On était heureux. Elle avait sorti tous ses feutres et mes les avait prêtés. On dessinait des juments. Je crois que ça aurait pu être le plus beau souvenir de mes vacances. Mais tout à coup mamie s’est fâchée. Tu ne lèches pas mes feutres, elle a dit.

Mais pourquoi elle est comme ça Mamie. Pourquoi elle a tout gâché avec sa remarque ? Pourquoi elle me laisse pas faire ce que je veux ? Moi j’adore sucer les stylos. Ça m’aide à réfléchir. Je sais c’est pas bon comme une sucette mais c’est presque bon comme la sucette qu’on m’a obligé au dernier Noël à poser sur mes chaussons devant la cheminée. Un cadeau pour le papa-Noël. Tu parles ! J’ai pas cru à cette histoire. Je connais pas un grand qui suce des sussus. A plus forte raison un vieux qui a une longue barbe blanche et des lunettes rondes.

Des fois les adultes, je les comprends pas. Ils croivent tout savoir sur tout ! Ils veulent toujours avoir raison. C’est pas parce que je vais sucer le bout des feutres qu’ils vont s’user plus vite. Si je suçais l’encre, je comprendrais. J’en aurais plein la bouche et je risquerais même de mourir. Mais j’ai pas envie de sucer l’encre, je veux juste sucer le plastique. Ça me rappelle quand j’étais petit et que la sussu m’aidait à m’endormir.

Pourquoi les adultes ne me laissent pas faire ce que je veux ? Des fois je voudrais ne pas aller à l’école, dès fois, je voudrais sortir sous la pluie et sauter dans les flaques, des fois, je voudrais que la maîtresse me laisse finir mon exercice pour éviter qu’elle écrive en haut de la page en rouge NF qui veut dire Non Fini.

Je me demande si les adultes font pas des enfants que pour pouvoir exercer leur autorité. Ça je l’ai entendu à la télé. Ya pas que moi qui le pense.

Mô

La morale, le bien et le mal.

Je suis dans la cour de l'école. Tous les enfants s'amusent, crient, chahutent. Je regarde Alex qui attaque un autre enfant. Pourquoi lui tapait-il dessus ? Qui est-il pour s'en prendre à ce petit qui a son âge, et si violemment ? Qu'a-t-il fait de mal ?

Alex est un gamin dont l’embonpoint est notable. C'est un complexe latent qui le distingue des autres gamins. C'est ainsi qu'il ne supporte pas Charles qui est un enfant mince, d'allure sportive, très actif. Il a seulement 6 ans.  En fait, Alex est jaloux. Cette hargne qu'il cultive envers les autres gamins est bien connue, c'est pourquoi il s'attaque toujours aux plus faibles.

Pourquoi les enfants sont-ils méchants entre eux? Jaloux aussi ? Ça n'apporte rien.! J'ai 6 ans moi aussi. Charles est un gentil gamin, on joue souvent ensemble et il me raconte des histoires. Ses parents viennent souvent à la maison passer un moment.

Alex est-il vraiment méchant ? Il est surtout malheureux parce qu'il est gros et que les copains se moquent de lui. Ça crée un certain complexe d'infériorité. Il ne joue avec personne, a du mal à  faire

du sport et les autres le délaissent. Ça c'est un peu méchant !

Ils pourraient passer outre, le comprendre et apaiser ce ressentiment. Ils y gagneraient les uns et les autres à être plus amicaux, et feraient en sorte de l'intégrer dans un groupe qui oublierait son embonpoint.
Etre gentil, n'est pas une faiblesse. C'est seulement une empathie que l'on ressent envers certains. Pourquoi y a-t-il des différences ?

Nous sommes dans la même école, avec les mêmes amis, les parents se connaissent. Ce ne serait pas difficile de suivre le même chemin et vivre ensemble comme tout enfant de six ans.

                                                                                                                                                    Lydia

 

 

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Publié le 28 Octobre 2026

Montaigne à Montaigne

Un grand merci à la médiathèque Montaigne* qui, grâce à notre ambassadeur : Bernard Mathey, nous a ouvert son auditorium pour cet atelier dont le thème était particulièrement facile à trouver :

Michel de Montaigne

Allez donc jeter un œil d=sur le site de l'architecte et vous m'en direz des nouvelles !

*https://tautem-architecture.fr/mediatheque-montaigne-a-frontignan/

Montaigne - Guido Scarabottalo pour The New Yorker

Proposition 1

Une Biographie rapide, histoire de faire plus ample connaissance . Mais le mieux c'est de (re)lire les essais car vous le savez tous Montaigne à écrit : Je suis moi-même la matière de mon livre."

  • Naissance et origines : Né le 28 février 1533 au château de Montaigne en Périgord, au sein d'une riche famille de négociants bordelais récemment anoblie.
  • Éducation : Éduqué très jeune selon une méthode humaniste stricte où il ne parle d'abord que le latin, puis scolarisé au Collège de Guyenne à Bordeaux et étudiant en droit à Toulouse.
  • Carrière politique et judiciaire : Conseiller à la Cour des aides de Périgueux puis au Parlement de Bordeaux de 1556 à 1570, il est élu maire de Bordeaux de 1581 à 1585.
  • L'amitié décisive : Il rencontre Étienne de La Boétie en 1557 ; la mort de ce dernier en 1563 le marque profondément et nourrit sa réflexion sur l'amitié.
  • La retraite et l'œuvre : En 1571, il se retire du monde dans la librairie de son château pour rédiger Les Essais (dont les premières éditions paraissent en 1580).
  • Décès : Il meurt le 13 septembre 1592 au château de Montaigne à l'âge de 59 ans.

Montaigne en 1571 se retire donc de la vie publique pour se consacrer à la réflexion, à l’écriture. Racontez un moment de votre vie où vous avez décidé de changer de direction (quitter un travail, déménager, entreprendre quelque chose de nouveau ou prendre une décision importante). 

Autrefois je pensais que...  puis un jour j’ai découvert que… Aujourd’hui, je me demande si…
Et vous développez.

​​​​​​​

 

Les textes

 

Compagnes intérieures

 

Autrefois, je pensais que tout le monde faisait de son mieux pour l’intérêt commun. Si tout ne fonctionnait pas parfaitement, c’était sans doute par manque de chance, ou parce que les hommes ne se comprenaient pas toujours. La langue, les différences culturelles, les malentendus… Je pensais qu’il suffisait de s’expliquer pour tout arranger.

Si je croyais cela, c’est qu’à l’époque, dans ma tête, il n’y avait qu’une seule voix. Elle me disait : « Fais attention à l’autre. Prends-en soin. Sois gentil. Réfléchis. »
Puis, un jour, une autre voix est apparue. C'étais déjà sur le tard.
C’était une voix off,  qui se permettait de dire tout haut ce que je n’aurais pas osé penser tout bas.
« Mais elle me prend pour une bille, celle-là ! »
« Oui, oui, cause toujours… »
« Elle va me gonfler longtemps avec ses histoires ? »
« Allez, prends la dernière part. Les autres en ont assez mangé. »
Heureusement, tout le monde n’avait pas droit à ces commentaires. Certaines personnes semblaient y échappées. Avec elles, la première voix suffisait.
Aujourd’hui, je me demande si cette voix off n’en a pas invité une troisième. Une voix qui commente ce que je pense.
« Là, tu exagères. Je vois bien ce que tu essaies de faire.
"N'importe quoi, tu es un petit con"
Me voilà donc avec tout ce  monde dans la tête, chacun donnant son avis.
Heureusement, les voix se taisent quand je bois une bière ou du rhum.
Pendant un moment, cette cohabitation m’a perturbé. Jusqu’au jour où les trois voix ensemble m’ont soufflé :
« Ne t’inquiète pas. Les autres sont comme toi. Eux aussi ont leurs compagnons intérieurs. »
AlainB

 

Autrefois, je pensais qu’un chef savait tout, pensait bien, voulait le bien des personnes dont il avait la responsabilité puis un jour j’ai découvert que beaucoup de chefs ne répondaient pas à ce référentiel de qualités et aujourd’hui, il est très rare que j’accepte et reconnaisse l’autorité d’un chef.

Tout cela pose la question de la confiance, de la responsabilité, de la compétence et de l’honnêteté du supérieur qui est au-dessus de nous. Voilà quatre valeurs qui me semblent fondamentales : confiance, responsabilité, compétence et honnêteté. Moi j’ajouterai même solidarité, tolérance et goût de l’effort. Il me semble que si l’on pouvait inculquer ces sept piliers à, tout le monde, on pourrait partager un meilleur vivre ensemble.

Après il faudrait quand même assainir chez chacun le rapport à l’argent, le rapport au sexe et le rapport au pouvoir.

Voilà, si cette simple petite mise à jour pouvait être effectuée auprès de tout le monde, il me semble qu’on ne devrait plus avoir besoin de chef. Mais bon, je suis sûr que Chirac, de là où il est, continuera à dire « un chef c’est pour cheffer ! ».

Lionel

Les textes

 

Mensonge
 
Autrefois je pensais que mes parents étaient incapables de mentir. 
Ils me répétaient  "le mensonge est un méchant défaut ""c'est tres laid"
J'étais obeissante. Je ne voulais être ni laide ni méchante, je ne mentais pas.
 
Puis un jour,  j'ai découvert que le Père Noël n'existait pas. Ceux qui m'avaient seriné leur morale pendant 7 longues années s'averaient être de lamentables menteurs.
Ma confiance aveugle en fut toute ébranlée. 
Un chagrin et une immense déception m'envahit ce jour là. 
Les 2 êtres qui m'étaient les plus chers m'avaient trahi. 
 
Aujourd'hui je me demande si toute vérité est bonne a dire, quelle part de vérité peut s'abriter dans le mensonge ?
 
Qu' est-ce-que le mensonge ?
 
Il nous arrive à tous de mentir par convenance ou par omission. 
Doit-on nous blâmer pour autant ?
Viviane Haro

Autrefois je pensais que Napoléon Bonaparte était un humaniste, surtout le plus grand guerrier de tous les temps, puis un jour j’ai découvert qu’il avait voulu envahir tous les pays en Europe, y compris la Russie et aujourd’hui je me demande s’il n’avait pas raison, il était quelque part visionnaire, car non seulement on a l’Euro, mais on parlerait français partout en Europe et également on mangerait des plats comme par exemple :

blanquette de veau avec des tagliatelles au lieu des pommes de terre le dimanche dans toute l’Europe imposée par le président des états,

le lundi côte de porc et choucroute,

le mardi poulet haricots verts,

le vendredi jour du poisson : paella ou bouillabaisse ou aïoli au choix du pays.

Napoléon avait vu trop grand, il aurait dû grignoter l’Europe par petits bouts et en faisant de grands banquets avec ses gouverneurs d’Allemagne, d’Italie, d’Espagne et tout en langue française bien entendu, le menu concocté par son chef et qui sera :

Foie gras de canard du sud-ouest,

Filet de bœuf Wellington sauce aux cèpes et truffe, pommes fondantes,

 Plateau de fromages d’auvergne,

Chariot de pâtisseries concoctées par Mr Pierre Hermé, le Picasso de la pâtisserie.

Napoléon pour rire aurait transformé l’Angleterre en Bonaparteland (le Disneyland de l’Europe)

On aurait créé les états généraux des vins d’Europe…j’étais bonapartiste, et je ne suis maintenant que napoléonien, il serait non pas l’empereur, mais le président des états d’Europe.

Qui l’eu crut que le petit Napoléon, le Corse d’Ajaccio serait devenu cela ?

Et bien j’ai mis au musée des objets inutiles le buste de Napoléon car ’il était écrit dessus Napoléon l’empereur de tous les français, et pour finir la journée napoléonienne on a arrosé cette mise au placard avec du Prosecco, du champagne, du crémant d’alsace, du schnaps, de la mirabelle de lorraine et pour couronner le tout, vu que Monique était arrivée j’ai dégainé le rhum vieux JM, puis le Rhum vieux 18 ans de chez Bielle de Marie-Galante.

Finitu. (Fin en langue corse)

Rab34

 

Autrefois je pensais que tout le monde pouvait bien s’entendre puis, un jour, j’ai découvert que lorsqu’on me parlait je  devais faire répéter. J’étais victime d’otospongiose, une anomalie héréditaire. Une histoire d’osselets. Encore une histoire d’osselets qui me mettait à mal. Déjà que je n’avais jamais été foutue de rattraper le moindre osselet ni dans la paume ni sur le dessus de la main, voilà qu’ils venaient me jouer des tours déguisés en étrier et enclume ! J’ai donc dû être opérée. Mais l’osselet est du genre obstiné. Les miens ont profité d’un moment d’inattention pour se serrer à nouveau les coudes.  A cause d’eux je dois porter des prothèses qui coûtent la peau... la peau de quoi au fait ? Une autre infirmité me guetterait-elle ? Celle qu’on nomme l’Elsheimer   ?

Aujourd’hui, je me demande si je n’avais pas tort de condamner mon grand-père et ma mère pour m’avoir légué leur tare. En effet quand je suis dans un groupe qui se montre trop bruyant, quand je regarde un match de rugby avec des supporteurs qui braillent, cognent sur les panneaux, jouent de la trompette et du tambour, il suffit que j’enlève mon équipement et mon esprit se retrouve au repos. Mes yeux se ferment et je m’endors.

Mô

 

Proposition 2

 

Montaigne et La Boétie vus par Joseph Schiano di Lombo 

Radiofrance

Son amitié avec Etienne de La Boétie a permis à Montaigne de beaucoup réfléchir et écrire sur ce thème.

Evoquez une personne avec laquelle vous avez noué une amitié particulière. Racontez un ou plusieurs événements qui révèlent la force de ce lien (une rencontre, un service rendu, un fou rire, un silence partagé, des retrouvailles…). Vous terminerez votre texte par la citation « parce que c’était lui parce que c’était moi ». L’amitié

Les textes

 

Leprêtre
 
Ça a commencé en sixième par un éclat de rire. J'étais penché sur la liste des camarades de classe. C'était le premier jour. Je découvrais les noms des gens avec qui j'allais passer l'année. La cuvée s'annonçait  belle.  « Dufour, Glorieux, Lapince...» . Et celui-ci ? Je me retournais vers celui qui  au-dessus de mon épaule partageait ma lecture.
" Regarde!  Leprêtre. Avec  celui-là on va bien rigoler.  Mon co-lecteur fit la grimace. "C'est moi" me dit-il Puis nous éclatâme de rire. Inséparable Leprêtre et moi. . Ce n'était pas un ange.  Les bêtises se sont accumulées . Nous avons tout partagé pour le meilleur, du plus simple goûter à la plus belle fille qui a bien voulu se laisser faire,  au pire,  la descente aux enfers la schizophrénie jusqu'à un suicide à 20 ans. 
 De 10 ans à 20 ans ça en fait des souvenirs. 
Chaque fois que je vais voir mes parents dans le Nord, je m'arrête sur sa tombe pour mettre un coup de pied dedans. Imbécile parti trop tôt et laissant son pote pleurer comme un con parce qu'il est arrivé en retard à ton enterrement. Quand ma colère retombe j'arrange un peu l'endroit par respect. Je passe un petit coup de chiffon sur son nom en souriant "Leprêtre".  Parce que c'était lui parce que c'était moi. 
Alain

 

Picsou

Nous « étions un clan de 5 étudiants au lycée hôtelier Amédée Gasquet de Clermont Ferrand, nous étions comme les cinq doigts de la main…et puis je les ai perdus de vu pour des raisons professionnelles : parti en Polynésie, retour en métropole, à Sète et reparti en Guadeloupe, puis Mayotte, enfin Marie-Galante avant la retraite en métropole dans l’Hérault à Frontignan.

Je me rappelle être allé au mariage de Jean-Paul et Brigitte, mais pas à celui de Jean-Bernard et Martine pourquoi ? Pas là.

Un hic dans mon histoire, alors que nous étions en Guadeloupe à Gosier, l’ami Jean-Bernard m’appelle pour me raconter le suicide de l’un du clan des cinq : Picsou, décédé après un passage dans la cellule de dégrisement à Dijon,

Ha les cons ces flics de Dijon, il lui ont foutu la honte au point que Picsou en rentrant s’est mis une balle dans la gorge avec son fusil de chasse, quel malheur, j’en ai encore  la larme à l’œil et donc après le choc du décès de Picsou, Jean-Bernard me parle de lui de sa petite famille, de ses joies, de ses peines et qu’il viendrait bien visiter la Guadeloupe avec Martine son épouse et que je leur serve de guide, et voilà comment on s’est retrouvé et qu’on ne se quitte plus ou presque depuis, on se voit chaque saison, au moment des vendanges, du beaujolais nouveau, à noël, à paques ou à la trinité, et lui comme cuisinier, moi comme sommelier, vous pensez bien que quand on se rencontre on ne trie pas les lentilles, on n’enfile pas des perles non plus, … alors nos agapes régulières, ça nous connait…

Je crie assez fort : hé toi Picsou qui est là-haut demande ou pique la clef de la cave auprès de saint Pierre, on arrive bientôt et on n’a pas des têtes à boire du coca alors débrouille toi mais trouve la clef

Oh là-haut !! On arrive, maintenant qu’on a passé les 70 ans de notre vie de patachon, parce que c’était moi, parce que c’était nous comme le disait Michel de Montaigne à Etienne de la Boétie.

Rab 34

A toi,  Colette, mon amie

Je t’aimais

Dans notre complicité au lycée, à perdre haleine

Je t’aime

Dans les mails que tu m’envoies de ta Picardie lointaine

Je t’aimais

Dans nos sorties coquines pour danser, pour flirter

Je t’aime

Dans nos sages passions, dans nos lectures partagées

Je t’aimais

Dans les jeux de nos enfants mêlés sur la neige ou sur le sable

Je t’aime

Dans nos parties de cartes, le chocolat jonche la table

Je t’aime

Et je t’aimerai

Malgré nos physiques déclinants

Malgré la disparition de Richard

Malgré les souvenirs qui se dérobent...

Parce que c’est toi, parce que c’est moi.

Mô

 

Jacques

En 1986, j’arrivais dans un pays encore inconnu pour moi, le Maroc, où je venais habiter dans la plus grande ville Casablanca et où j’avais pour mission d’enseigner.

Très vite j’allais rencontrer Jacques, professeur d’anglais et nous nous sommes croisés de plus en plus fréquemment : au lycée, en médina, en bord de mer et au consulat de France où, tout comme lui, je prenais des cours d’arabe dialectal. Lors d’une séance, le professeur d’arabe nous apprenait à compter en dialectal chérifien. Nous comprîmes que « mia » signifiait « cent », que « et » se prononçait « ou », que « cinquante » se disait « hamsin ». Soudain le professeur interroge Jacques et lui dit « Dites-moi 150 en arabe ». Jacques, surpris, rassemble son courage et toutes ses connaissances et commence à ânonner : « Cent, alors mia, et cinquante alors mia ou… miaou hamsin », oui miaou hamsin ». Et tout le monde était plié de rire en entendant mon copain miauler en arabe. Nous avons souvent plaisanté en nous rappelant cette anecdote.

Plus tard nous avons aussi décidé de rentrer dans la troupe d’amateurs d’un autre professeur d’anglais qui était un mordu de théâtre. Nous avons, avec lui, appris la comédie et participé à plusieurs pièces dont  Mère courage et ses enfants ,  L’avare. Nous nous sommes passionnés avec Jacques et avons décidé de jouer en duo Les diablogues de Rolland Dubillard. Ce projet nous avait beaucoup rapprochés car nous avons fait une petite tournée avec ce spectacle. Puis mon ami, un jour de janvier s’est mis à tousser, à beaucoup tousser. On lui diagnostiqua une mauvaise grippe qu’il traîna jusque fin mai et mi-juin il fut rapatrié car la grippe n’était autre qu’un cancer des poumons et il fallait agir vite.

Je le contactais régulièrement durant les congés d’été mais il devenait de moins en moins audible au téléphone. Evidemment, il était absent le jour de la rentrée et fin septembre son père nous fit part de son décès.

Nous dûmes aider son père à vider son appartement pour le rendre au propriétaire. Son père ne comprenait pas pourquoi un père devait organiser les obsèques de son fils. Il me dit que Jacques lui avait souvent parlé de moi. Je lui répondis que c’était normal, « parce que c’était lui, parce que c’était moi. ».

Lionel

 

Proposition 3

Imaginez que Montaigne vous adresse une lettre depuis son château en 1588. Il vous parle de ses doutes, de ses lectures, de ses amis et de sa manière de vivre.

A votre tour, vous lui écrivez une réponse depuis notre époque. (Que pourriez vous lui apprendre sur le monde actuel, lui demander sur le sien ?). Durée 15 à 20 min.

 

Les textes

Lettres à Montaigne 
 
Cher Montaigne 
Je connais bien votre enthousiasme mon ami pour tous ces pays, ces contrées que vous avez traversées. 
Vous ignorez que peu de temps après votre mort, une expédition maritime nous a conduit vers un nouveau monde, vaste, vierge , riche 
d'or et d'argent , un nouveau monde qui a conduit les hommes vers d'autres conquêtes,  toujours plus loin, toujours plus haut, jusqu'à atteindre la lune. Et l'homme, éternel insatisfait, continue et continuera au point de négliger sa vieille Europe avec sa culture qui décline et se meurt.
Plus de plume mon cher Montaigne ! Le papier se raréfie et les bibliothèques personnelles disparaissent dans les vide maisons. Plus de feu dans la cheminée. 
On n'entend plus le bruit de l'enclume. ,en temps de guerre au XX1eme siècle, on ne croise plus le fer et l'épée. Le patriotisme est devenu en quelque sorte une bonne affaire boursière.  Qui vend quoi ? Drones ? Mirages ? On  rémunère des  soldats professionnels....
Eh oui mon cher Montaigne, l'époque où l'on défendait son château est bien révolue.
 
Si j'ai un conseil a vous donner, restez donc bien au chaud dans votre tombe, vous y êtes mieux que dans un lit IKEA.
Le matin plus aucun coq ne chante, personne ne vous dérangera.
Viviane Haro
 
Salut Michel. 
 
Merci pour ta lettre en vieux François que j'ai essayé de lire avant de renoncer et de la confier à Chat GPT.  
Je pense pas que tu connaisses l'intelligence artificielle alors je t'explique. Chat GPT c’est un genre de colocataire invisible qui a lu la bibliothèque entière et qui te répond gentiment, même quand tu lui demandes des trucs impossibles. Habituellement il met quelques millisecondes à répondre mais là il a mis deux jours. J'ai compris que tu me parles de ton  amitié  avec la Boétie. et je suis bien d'accord avec toi. Wesh frérot, l'amitié la vraie c'est pas juste de traîner ensemble et se taper des barres. Moi aussi mon gars j'ai eu un pote, un vrai. George qu'il s'appelait. C'était un vrai mec. Avec lui c'était toujours les copains d'abord.   Entre nous c'était pas du luxe,  c'était solide.  On se captait direct c'était carré.  Les autres ils ont  mille pôtes et à la première embrouille il y a plus personne. Avec George c'était pas pour les fringues ou pour mousser devant les meufs.  Nous c'était juste parce que c'était lui parce que c'était moi. 
Je t' kiss mon frérot.
AlainB

Mon cher Michel,

Tu permets que je t’appelle Michel parce que ce que j’ai lu sur toi m’a séduit et de surcroît je pense qu’on a créé une petite intimité depuis une heure que nous parlons de toi dans ta superbe médiathèque. Si tu pouvais la voir tu n’en croirais pas tes yeux.

Je te remercie pour ta lettre ; tu es très gentil de m’avoir parlé de tes lectures mais tu sais, les philosophes grecs, j’avoue que c’est bien loin de moi. Aussi je préfère te répondre sur ton deuxième sujet de conversation qui est l’amitié. Rassure-toi, quatre cent cinquante ans plus tard, l’amitié reste un lien fort et une émotion qui sont toujours d’actualité. Comme à ton époque, les amitiés, les vraies, ne sont pas forcément nombreuses mais quand elles existent, elles sont fortes et durables. Quant à notre manière de vivre, évidemment, tu serais bien désorienté si tu étais soudainement projeté quelques cinq siècles après ton décès.

Les moyens de transport ont gagné en confort et les vitesses de déplacement te sidéreraient. Mais malheureusement les hommes n’ont pas beaucoup grandi en sagesse même si on peut noter quelques améliorations. La jalousie, l’avarice, la méchanceté et le vice existent toujours. Mes contemporains, philosophiquement et économiquement ne sont pas beaucoup plus sages que les tiens.

Les progrès les plus significatifs ont été réalisés en médecine surtout, et dans le confort de la vie quotidienne : on a bien plus chaud dans sa maison en hiver, les livres sont accessibles à tous et aller chez le dentiste n’est plus un supplice comme ça pouvait l’être à ton époque.

Bref, je pense que j’aime quand même mieux vivre à mon époque qu’à la tienne, mais nous avons encore une forte marge d’amélioration à réaliser pour accéder à un réel bonheur.

Lionel

Tchao Michel,

Aujourd’hui j’ai rencontré des amis de la Fabrikulture, ils ont créé un groupe « WhatsApp » intitulé Les écrivains du dimanche, c’est pratique : tu peux  écrire un message que tous reçoivent  instantanément, tu peux envoyer, en mms, des photos ou autres documents ou images, c’est parfait tu verras, alors si tu le désires, je peux t’ajouter à la liste de notre groupe, ce sera plus rapide pour correspondre… Je peux aussi te parrainer pour ton Facebook ou t’inscrire sur Instagram, tu vas kiffer tout cela et avec l’IA tu vas avancer plus vite … ET TOI TU PRENDS POSITION POUR CES HISTOIRES DE RELIGION ? Ça chauffe, les barricades : par contre cela n’a pas trop changé car nous avons en ce moment des manifs avec barricades, feux… et les CRS essaient de repousser tout ça. J’espère que cela se passe mieux chez toi que  chez nous en ce moment car c’est la débâcle avec Macron et son gouvernement.

Rab 34

 

 

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Publié le 27 Octobre 2026

Le mois Brassens

                             Brassens par Lydia Rallo

Georges Brassens est né en octobre

Georges Brassens est mort en octobre

Il a semblé tout naturel à Lionel Pottiez de lui rendre hommage.

Alors c'est parti pour plusieurs ateliers. 

Des mots, des chansons, des rires, des émotions.

Proposition 1

 

 

 

Les textes

Avec les mots de BRASSENS

Je ne vis pas le jour chez des fesse-mathieux, mais chez des prolos, petites gens que tu as si bien chantés. Pas de marmiteux non plus, il n’y avait pas de chômedu chez nous. Tous les matins c’était le train de 7h11 pour Paris. Il fallait se serrer entre les barbons, les ventripotents, paltoquets ou même turlupins en route vers le turbin.

Tu faisais partie de ma famille, tu parlais un peu comme nous, jetant des gros mots haut et fort. L’argot ne t’était pas étranger. La France étouffait, corsetée, présidée par un général marié à Yvonne, ratichonne bigote, bien-pensante, amie d’Anastasia qu’elle pria avec insistance, de te clouer le bec. Tes chansons paillardes, antimilitaristes, anticléricales furent Interdites sur les ondes de l’ORTF !!!

Je me souviens d’un gros dégueulasse mais aussi de l’Auvergnat au grand cœur qui reste dans son lit douillet pour profiter des délices de Capoue tandis que les autres vont défiler en marchant au pas. Tout cela, cher Georges, appartient à mon folklore, loin des harengères, des sycophantes et des écornifleurs. Je suis venue profiter de la douceur de vivre à Sète où tu es né et où maintenant tu reposes. Près de ton arbre, revis heureux, ne t’en éloignes pas trop et veilles bien sur nous, poète de mon cœur.

Josiane

                                                                         Brassens par Josiane

 

En brassenssois

Il a 105 ans et pourtant il n’a toujours rien d’un vieux barbon. Je le revois toujours avec sa moustache brune, sa pipe et son sourire. Parfois je le confonds avec papa. Même look, à peine ventripotent, même humour. A part que papa, flic de métier, était plutôt du côté des argousins, alors que Georges se rangerait, par certains côtés,  parmi les écornifleurs. Pourquoi  je dis ça ? Ben, il me suffit de penser à l’Auvergnat et à Jeanne chez qui il a pu profiter du logis du couvert et du lit. Bon j’arrête sur ce sujet je ne voudrais pas qu’on me range dans la catégorie des sycophantes, à calomnier notre Brassens national.

Certains critiquent les propos libertin du poète. Est-ce un crime d’être turlupin, de traiter de tous les sujets qui sont dans la nature, sans souci de censure ? D’encourager le guilledou avec une harengère ou un ratichon ?

Alors fidèle et toujours émerveillée, je lis ou j’écoute, sans me lasser, l’un de mes poètes-chanteurs préféré.

Mô

Georges fait sa jeunesse

Il est pas monté à Panam pour se taper la cloche, ni se perdre dans les délices de Capoue, non, point du tout ! mais parce qu’il ne voulait pas turbiner pour les doryphores.

C’est en fuyant les argousins du sud qu’il s’est retrouvé sur la butte. Les schmitts du nord, il s’en carrait comme de colin-tampon.

Mais son ambition, s’il en avait une, n’était pas de nous tricoter de la bobèche. Le jarnicoton qu’il était, voulait se faire entraver par tout le monde, même par les barbons et autres rombiers. Et comme le Môssieurs avait sa morale, il ne se la jouait pas marmiteux et accepta sans rechigner l’accueil de la faune montmartroise et  interlope qui, comme lui, détestait les ventripotents. Mais c’est surtout sur les ratichons et les culs-bénis qu’il voulait peller un œuf ; des doryphores en soutane.

Par contre, ce qui est sûr, jamais, Ô grand jamais, on l’a pris pour un paltoquet, car, même s’il a crevé la dalle, il n’a jamais eu affaire aux écornifleurs.

C’est dans ses chansons qu’il a convoqué le guilledou sans jamais donner dans le lâchage de bonde.

Bref, un vrai cador.

Anto

 

Lâcher la bonde

Jarnicoton !  La triste nouvelle nous paraît à peine incroyable. Georges a rangé guitare et stylo pour l'éternité. Ce sacré turlupin, ratichon à ses heures, n'avait rien d’un fesse-mathieu ou d'un écornifleur. Les copains d'abord et Margot sauront vous le dire. Il n'avait de cesse de dénoncer les paltoquets, sycophante et marmiteux de tout poil.

On retiendra, de lui, qu’il se fichait comme de colin tampon de certains préceptes et  de son conseil : laissez-vous aller aux délices de Capoue !

Bénédicte

Le cousin Gaston Largousin

Papa parlait toujours du cousin argousin, c'était pas son nom juste un pseudo. Il fallait se méfier lors des réunions, un barbon disait-il même pire un écornifleur. A la mort de papa, j'ai pris son carnet et je ne savais pas à quel endroit chercher qui était le cousin Gaston Largousin, un autre dénommé paltoquet, et va donc ! Marmiteux, mon père avait fait la guerre plus souvent à la maison que dans les tranchées,  ma mère lâchait la bonde autant que mon père qui avait été dans le grand monde interlope à Paris et à Bruxelles. Je me demandais souvent pourquoi il avait épousé cette  harengère, lui qui tôt m'apprit à courir le guilledou. A être un turlupin. En vérité je ne savais pas ce que cela signifiait.  Ce ventripotent avait fini de nous faire rire.

Eric

 

Brassens

Brassens se rend dans la rue la plus populaire de Sète. Un vieillard est là, un barbon.

Il radote, il parle tout seul et il fait des gestes souvent inutiles.

Brassens rentre dans un café, un argousin incite des jeunes à s'en aller. Se trouve sur la table une bougie et sa bobèche pour éclairer la table du fond. Mais, il s'en moque comme de colin-tampon. Brassens se moque aussi des écornifleurs qui se trouvent là, à l'apéro où il y des gâteaux et toutes sortes d'amuse-gueules.

Certaines femmes font les yeux doux à Brassens. Elles courent le guilledou. Brassens n'est pas insensible et se laisse piéger, jarnicoton ! Il monte dans la chambre avec l'une d'elles. Il y trouve des marmiteux et des paltoquets. Brassens redescend et sort.

Annick

Vocabulaire insolite.

Georges Brassens, tel que le connaissent les Sétois, n'était pas l'homme que tous apprécient  aujourd'hui. Son langage un peu particulier, n'en faisait plus simplement un homme issu de la Province. Dans ces textes, fleurissaient des termes insolite et peu connus du commun des mortels. Qui, peut expliquer ce qu'est un argousin terme désignant un surveillant de bagne... Un bobèche n'était sûrement un de ses  compagnons de scène, mais un comédien qui à l'époque, peuple de théâtre, était le rendez-vous de Paris frivole.

Ces expressions un peu alambiquées, faisait sourire les spectateurs lors de ses spectacles. La musique, accompagnait souvent des poèmes d'auteurs connus et appréciés.

Lors de quelques soirées entre amis, il n'était pas rare de l'entendre évoquer un paltoquet, s'agissant de l'un de ses personnages que ne cotoyait pas forcément.

Dans certaines de ses soirées, après une bonne virée au sortir d'un spectacle, certains de ses compagnons ventripotents, ou écornifleurs faisaient alors partie  intégrante de leur soirée de vie Parisienne.

Lydia

 

Proposition 2 

Tentatives de parodies

Les textes

 

Tentatives de parodies

 

Je me suis fait tout petit

Je n’avais jamais ôté mon chapeau

Devant personne

Maintenant je rampe et je fais le beau

Quand elle me sonne.

J’étais chien méchant elle me fait manger

Dans sa menotte

J’avais des dents de loup je les ai changées

Pour des quenottes

 

Je m’suis fait tout p’tit devant une poupée

Qui ferm’ les yeux quand on la couche

Je m’suis fait tout p’tit devant une poupée

Qui fai « maman » quand on la touche

Brassens

 

Je me suis mis tout nu

Je me suis mis tout nu devant cet’ poupée

Sans fausse honte

Elle a fait de même sans hésiter

En fin de compte

 

On a fait l’amour jusqu’au p’tit matin

A bout de souffle

Sur notre palier criait le voisin

J’en ai plein l’coufle

 

Elle n’est pas du genre à m’faire un procès

Si je la trompe

Des amants elle en a un plein panier

En grande pompe

Dans la vie il faut savoir partager

Le mal et le bien

C’est stupide de vouloir tout garder

Ça ne mène à rien

Mô

Partir

Je n'pourrais jamais quitter ce pays

qui m'empoisonne,

J'voudrais bien pouvoir vivre loin d'ici

et sans personne.

 

Si partir pouvait changer l'objectif,

C'serait grandiose

Et finir enfin dans un sélectif

D'apothéose.

Lydia

 

Je me suis fait plus grand

Je me suis fait plus grand devant les méchants

Des loups affamés,

Je me suis fait plus grand devant les prêchants,

Qui persécutent les mal famés,

Je me suis fait plus grand devant les géants,

Qui sont des mythes,

Je me suis fait plus grand devant les géants,

Qui s’font bouffer par des gros mythos…. Par des mythes oh !

Rab34

 

Reconversion

Je n'avais jamais cousu de robe

Pour personne

 Maintenant je cous et je b

Pour ma Baronne

 

J'étais tisserand, elle m'a fait couseur

Pour ses culottes

J'avais des velours, je les ai échangés

 Pour des calottes

 

 J'ai cousu des p'tites robes pour ma poupée

Qui ouvre les yeux quand je la couche

J'ai cousu des p'tites robes pour ma poupée

 Qui crie " NON NON" quand je la touche.

 

J'étais près à partir quand elle est sortie

De sa douche

Et je suis tombé de haut, tout transit

 Sur sa couche

 

De belles dentelles et elle est garnie

De gros coussins

 Pleins de fin duvet, d'étoffes en charpie

Et peaux de lapin

 

J'ai cousu des p'tites robes pour ma poupée

Qui ouvre les yeux quand je la couche

J'ai cousu des p'tites robes pour ma poupée

 Qui crie " NON NON" quand je la touche.

 

Je subit ma foi et je file ma quenouille

Sous son empire

Bien qu'elle aussi belle qu'une grenouille

Et même pire

      

Une jolie reinette qui m'avait parue

Plus jolie qu'elle

Une jolie reinette un jour en mourut

A coups d' gamelles.

 

J'ai cousu des p'tites robes pour ma poupée

Qui ouvre les yeux quand je la couche

J'ai cousu des p'tites robes pour ma poupée

Qui crie " NON NON" quand je la touche.

Lynda

 

 

 

 

 

Proposition 3

Georges Brassens et ses copains

Avec les lettres qui forment le prénom et le nom du chanteur, on crée des anagrammes et on retrouve ainsi tous les copains imaginaires de Brassens

Les textes

Les copains d'abord

 

Illustration Josiane

Serge, dit Sergi, portait toujours des bretelles pour empêcher son pantalon écossais de tirebouchonner sur des chaussures de clown. C’était le bout en train.

Grober, clown également cachait son gros nez sous une écharpe de soie qui flottait au vent. Marrant lorsqu’il déclamait des vers au bord de l’étang.

Bargesse et Orssens ne se quittaient jamais. Bargesse commençait une phrase qu’Orssens terminait. Bargesse, le bargeot, démarrait en solo, Orssens l’intello, mettait du sens dans le flot ininterrompu de paroles folles qui collent aux basques.

Serge, dit Sergio, Monsieur Loyal dans ce cirque de rue, élégant au milieu du fatras foutraque, tentait, tant bien que mal d’organiser les échanges vifs houleux mais tendres.

Ben pleurait dans son chapeau à la recherche de son oncle Saul. Il rimait, rimaillait comme il pouvait, éperdu presque pendu.

Roger, le cocher, fallait l’appeler Rodgere. Snobisme déplacé, le seul accepté parce qu’il était expert patenté pour atteler les chevaux à la carriole et partir pique-niquer sur les bords de la grande bleue.

Ange et Grasse, en couple depuis peu, énervaient leur monde à se picorer la bouche, à se caresser, se flatter sans retenue sur le plancher du bateau des bons copains. On les tolérait pour leur art consommé de cuistot et de pâtissière…

Borges, dernier arrivé dans le sérail, savait écouter, consoler et remettre sur le bon rail la bande de joyeux drilles, les copains de Georges.

Josiane

 

C'est sa dernière tournée

Georges est fatigué, il n’a que 60 ans mais il est épuisé. Et comme on le comprend ! Il vient de se taper à pied toute la ville de Sète ! Et chargé comme un âne.  Il a commencé par la montée des arabes sous un cagnard à ne pas mettre un Méphisto  dehors. C’est bien la première fois qu’on enregistre une telle température au mois d’octobre !

D’ailleurs son bouquet de marguerites commence à bouder. Le voilà devant la porte. Là-bas, le ciel rejoint la mer. Même bleu, même calme. Juste deux voiles blanches et deux goélands. Georges n’est pas le seul à venir fêter les morts ? D’autres aussi ont devancé la fête : Ça parle fort, ça rigole, même pour un peu, ils chanteraient. Georges n’a pas le cœur à chanter. Il se déplace dans les allées, fait un salut rapide à Paul Valéry, à Jean Vilar et poursuit son chemin. Sur un papier, il a noté le  plan et il s’y tient. Un bouquet de marguerites et une pensée émue à chacun de ses copains allongés sous leur dalle : Serge Barsgeonss – Bargesse – Orssens – Roger – Grober et Grasse. Il sourit en repensant à ces deux-là qui, morts le même jour, dans un accident de voiture, avaient émis le vœu d’être enterrés ensemble, l’une sur l’autre, une bête à deux dos en quelque sorte. Ils faisaient un joli couple aussi gros et gras que leurs prénoms mais quels bons vivants !

Cette virée terminée, Georges se laisse glisser jusqu’au cimetière le Py pour rendre sa visite annuelle aux autres copains : Ben, Ange, Borges  et Serge Brangosses. Les dernières marguerites font la gueule. Elles regardent le gravier des allées. On dirait qu’elles pleurent mais ce ne sont pas des larmes, ce sont les pétales qui s’envolent au vent.

Eux aussi auraient préféré être face à la mer à l’ombre d’un pin parasol mais quand ils sont partis, toutes les places étaient libres. Sûr qu’ils se seraient régalés si on avait pu les mettre tous ensemble, dans une fosse commune ! Ils auraient raconté des histoires et chanté des chansons en attendant Georges et sa guitare.

Georges a fini sa tournée. Malgré la fatigue, il ne peut s’empêcher de sourire dans sa moustache. Une idée cocasse vient de lui passer par la tête : Certes, il était le plus jeune de la bande, et tous étaient partis avant lui en toute logique ou par accident. Cette remarque donne  un tout autre éclairage au titre de la chanson qu’il avait écrite pour célébrer leur amitié : Les copains d’abord.

Il est vraiment très fatigué. Il a du mal à mettre un pas devant l’autre. Il a du mal à respirer. C’est le crabe qui finit de le ronger de l’intérieur.  Il se dit qu’il ne va pas tarder à aller les rejoindre, les copains.

On est le 28 octobre 1981.

Mô

 

                                                       Les amis de Brassens au QG

Le QG, c’est ce café qui réunit tous les amis de Brassens. Il est décoré avec des pochettes de disque de Brassens, des notes de musiques ont envahi les murs et même en très grosses lettres un couplet des Copains d'abord.

C'est vraiment comme une pièce de théâtre. Au centre trouve une longue table et tout au bout, le comptoir où sont rangés derrière toutes les bouteilles  et les verres, au milieu, la caisse et des tiroirs. Et une machine à café.

Ce jour-là, Brassens est là, attablé avec ses copains, là, tous rassemblés ou presque, Grace est encore en retard !

Serge 1

Georges a une nouvelle à annoncer.

Georges

Mes amis, je reste à Sète 10 Mois.

C'est d'abord des Hourras qui d'élèvent.

Georges

Je pourrais aller à la pêche avec ceux qui seront libres dans notre bateau et vous souler de mes chansons.

Serge 2

Oui, oui, nous ferons de la soupe de poissons et nous nous régaleront tous ensemble.

Grober

Oui, des dorades que nous donnerons à droite et à  gauche, nous prendrons du poisson de roches aussi !

Bargeresse et Borges, d’une seule voix

Nous reviendrons souvent à ce café surtout le soir pour faire la fête, chanter et danser et boire des coups.

Orsans et Bar en même temps

Nous irons nous promener sur la plage, jouer aux boules ou manger une glace.

Roger et Ange 

C'est bien beau tout ceci, mais il ne faudrait pas oublier de se baigner à la Corniche notre endroit préféré surtout que nous arrivons au printemps.

Enfin, la seule qui manquait à l’appel passe la porte. Elle est acclamée.

Le garçon

C'est l'heure de l'apéro, qu'est-ce que je vous sers maintenant que vous êtes au complet ? De l'Anisette pour tout le monde ?

Et chacun y va de sa vanne, et bientôt ils trinqueront.

Ils ont tous  le sourire, les copains, et ils feront la fête, jusque tard dans la nuit.

Annick

Bon anniversaire!

Les voici tous réunis ce 22 octobre. Ils vont fêter l'anniversaire du Grand Georges, et pour se faire, ils se sont rejoints au bord de l'étang de Thau, du côté de Balaruc où ils ont l'habitude de se retrouver le soir. Il y a là,  les deux Serge, Brasgeons pour l'un et son acolyte Brangosses. Ils en ont fait des farces  tous les deux. Puis, il y a aussi Bargèse Songers. Lui, c'est l'ami de cœur. C'est un peu son confident. Viennent ensuite tout le groupe de musiciens qui l'accompagne lors de ses répétitions. On y voit Grobes Sagnesses venu d'Espagne, Orsen Gebrages, lui, est allemand mais peu importe... puis, il y a aussi Roger, le grand Roger Sangbesses. Avec ce dernier, il s'en est passé des rigolades sur son bateau depuis lequel ils plongeaient sans cesse dans l'étang.

Puis se sont joints, à ce petit groupe de fêtards, Ange Grossebres et Roger Grossense. Ces deux-là sont un peu les confidents de Georges. Ils connaissent tout un tas de péripéties et d'anecdotes qui lui ont laissé un certain vague à l'âme.

Et tout ce petit monde parle fort comme on a coutume de le faire dans le Midi, et rit sans contrainte.

Aujourd'hui, c'est jour de fête !

Lydia

Illustration Lydia

Proposition 4

Ecrivons une lettre à Brassens

Une lettre de remerciements, de reproches ou d’amour

 

Les textes

Cher monsieur Brassens,


J'ai l'honneur de vous demander de bien vouloir ouvrir cette lettre  que j'ai écrite avec un peu, beaucoup et  même énormément d'intentions, avec l'attention aussi que mon cœur également  vous demande, car voyez vous, je suis fan de vous !
Car, il faut vous dire  que par dessus tout je m'accorde aux mots de votre poésie.
Vos poésies sont neuves et anciennes à la fois, et toujours d'aujourd'hui.
Vous êtes présent encore par cette  poésie de toujours qui résonne et vos mots se sont vraiment  inscrits et fondus dans vos mélodies.
Tout part et se déclenche depuis Sète où votre cœur s'agrandit, près de mer et salins, près de l'accroche des bateaux qui connaissent leur port.
J'ai fait jadis  votre connaissance sur le pick up de ma soeur, dans le nord, vos mots en ces temps  inconnus pour l'époque m'ont  alors  profondément touchée.
il n'y  a d'âge  pour personne, et votre musique avec sa charge contournait les violences.
Mon cœur n'a pas changé, il connaît de nombreuses autres facettes , en cela il peut se déclarer et dire  à présent toute  mon admiration.
Mais bien mieux que toutes les paroles, c'est votre sincérité qui  ne vieillit pas.
On peut dire que l'on vous aime monsieur  Brassens, en nous, s'il vous plaît. continuez toujours  à vivre !


Solange Bremens 

Monsieur Brassens, Cher Georges

Merci d’avoir libéré les mots emprisonnés entre les murs de la bien-pensance. Merci d’avoir fait remonter les morbleus, les jarnicotons et les cornegidouilles, les fichtres et les foutres. Quelle richesse et quelle drôlerie, votre langue fleurie ensoleille nos oreilles et notre humeur. Merci d’avoir si bien chanté l’amour, hors des sentiers battus, de la non-demande en mariage aux belles passantes qui vivent des heures grises près d’un être trop différent. Amoureux fidèle, je ne sais, mais ami pour la vie, certainement. Heureux ceux et celles qui ont fait partie de ta coterie.

Je vous ai vu et entendu à Bobino. Malgré les deux mots que vous touchiez, en aparté, à votre contrebassiste, nous savions que vous chantiez pour nous. Il y a plus de cinquante ans, ce n’était qu’une soirée mais dans mon cœur elle brille encore comme un feu de joie, de partage et de bonheur.

Josiane

Georges,

Georges, tu avais le look de mon papa, l’humour de mon papa,  la même pipe que mon papa, l’âge de mon papa. Ce sont tes disques, avec ceux de Boby Lapointe et de Raymond Devos, qui ont squatté notre premier tourne-disque qui trônait dans le salon.

C’est grâce à vous trois que j’ai plongé, l’oreille la première, dans un bain de poésie et de fantaisie. Entre vous et tous les saints des évangiles, je n’ai pas hésité longtemps. J’aurais pu, comme d’autres, briser toutes les statues des temples mais vous, mes trois idoles, je veux vous  garder intacts, pour toujours, dans mon cœur.

Dommage que je sois convaincue que l’au-delà n’existe pas, sinon j’aurais aimé vous imaginer, tous les trois, assis sur un nuage à vous raconter des histoires en jetant de temps en temps un coup d’œil par-dessus bord pour voir si je suis en chemin.

Mô

Cher M. Brassens,

Le temps est passé, cependant malgré la bienviellance de tout un peuple à ton égard et le succès

 indéniable découlant de tes chansons pleines de poésies personnelles ou empruntées à des poètes de renom, il y a un comportement que tu avais envers les Sétois qui t'abordaient lorsqu'ils t'apercevaient, qui   m'a laissée un peu choquée.

L'histoire se passe lors d'un de tes passages à Sète, un matin. Cette scène se passait au bout du quai Herbert. Il n'y avait personne sur le quai ce matin là. Il était environ 9h. Tu étais arrêté au bout du quai près d'une DS de couleur beige.

Je travaillais à l'époque au Service Maritime dont les bureaux longeaient le bassin Richelieu. Avec mes collègues,     nous avions eu vent de ton passage si près de nous que , comme tous les jeunes de cet âge là, nous étions descendus de nos bureaux en blouses blanches avec une feuille de papier pour obtenir un autographe. Lorsque nous nous sommes approchés, nous avions remarqué ton air bougon, inamical au possible et tu avais refusé tout simplement ce simple plaisir. Nous avions 18 ans. Cet refermé, nous le retrouvions toujours lors de tes passages furtifs dans les rues de Sète . C'était déroutant !

Toi, que l'on voyait souriant sur scène, ne ressemblait pas du tout à cet être acariâtre envers les personnes de ta ville natale. Nous nous sommes fait une raison depuis.

Bonne route M. Brassens!

Lydia

Cher Georges,
 
Dans ce monde corseté de la France d'après guerre ,  petits bourgeois bien pensants  étriqués d'un côté,  bêtes de somme de l'autre, comme il a du être difficile de rester fidèle a tes convictions.
Jeanne qui t'hebergeait et vivait sans eau courante et toi l'artiste invité dans les grandes salles de spectacle parisiennes, deux mondes que tu côtoyais sans perdre le nord ni tes idées.
Une non demande en mariage si facile à chanter et promesse combien difficile à tenir envers Pumpchen
 
Je dois dire que j ai beaucoup de respect et  d'admiration pour  le poète anarchiste mais surtout l'homme qui a su rester lui même jusqu'au bout
 
Un grand merci Georges 
Viviane Haro

Proposition 5

Au paradis des poètes

                                                                                    Edition Margot

Les textes

Brassens arrivant dans l’au-delà

Georges n’a pas pu assister à son enterrement. Il aurait bien aimé voir une dernière fois ceux qu’il aimait et notamment Püpchen. Elle devait être jolie dans ses habits de deuil, le visage caché sous sa mantille. Les copains ? Ils sont partis d’abord comme l’indique la chanson. Il n’a pas senti non plus la mise en bière. On a tout fait pour lui. La mort, il l’avait acceptée. Le paradis ? Non seulement il n’y croyait pas mais en plus il ne l’avait pas trop mérité.

Et le voilà devant un immense château qui ressemble à une meringue. Devant  la porte un barbu portant une grosse clef. Il tape du pied. Il s’impatiente. Il se présente :

- Saint Pierre. Vous êtes attendu dans la deuxième allée sur la droite.

Georges est de plus en plus étonné. D’un , il y a bien un au-delà, de deux malgré sa vie pas toujours catholique, il a son entrée au paradis, de trois, on l’attendrait ! Qui peut bien l’attendre ?

Dans la deuxième allée sur la droite, deux gars discutent le bout de gras, assis sur un banc. Georges s’approche. Avant même que les deux compères ne lèvent la tête pour le regarder, il les reconnaît. Ils n’ont pas changé. Brel a la même tronche et les mêmes dents qu’en 78, quand il était aux marquises et l’autre Jacques, Prévert , 4 ans après son dernier voyage, a toujours sa casquette à carreaux et sa clope au bec.

Georges a une pensée égoïste : Si j’avais su ça j’aurais pris ma pipe et ma guitare !

Les deux jacques finissent par le voir.

- C’est maintenant que tu arrives ?

- Vous m’attendiez ? Pourtant vous savez bien que je n’ai pas forcément mérité d’être assis à la droite du père !

- A la droite du père, c’est sûr mais entre nous, oui !  Regarde cet ange qui approche en voletant, il t’apporte les affaires que tu as oubliées en bas !

Il n’en faut pas plus pour que débute le concert. Tous les copains de Georges forment un demi-cercle émerveillé. On alterne les chansons de Brassens et celles de Brel.

Parfois Prévert se lève à son tour et dit un de ses poèmes comme on enfile des perles.

Saint Pierre, pour l’occasion a ouvert la porte du purgatoire. Le cercle des amateurs de poésie s’épaissit comme une béchamel sur feu doux. On en oublie de boire et de manger.

Même le soleil, ce jour-là refuse de se coucher.

Mô

On fait de belles rencontres au Paradis des poétes

Georges arrive au paradis des poètes, il est reçu par un barbu tout de blanc vêtu avec un simulacre d’ailes dans le dos comme cupidon, c’est parait-il St Pierre…qui dirige Georges vers deux lutins, l’un habillé en kilt et casquette madras, l’autre habillé é en guerrier marquisien fait de feuilles d’Auti.

Les deux jacques accueillent Georges en chœur : « Bonjour et bienvenue en notre paradis Georges ».

Alors tu en as fini avec le gorille, les seins de margaux, l’auvergnat qui sans façon t’a donné un toast de foie gras que tu as traduit par un bout de pain, viens avec nous on t’a mis de côté une tielle un peu relevée et une bouteille de  picpoul de Pinet ormarine carte noire, puis une macaronade avec une bouteille de pic saint loup rouge, seuls les poètes reconnus ont droit  à cette salle de restaurant au paradis qui s’intitule  le « Galilée 5 étoiles » même si tu es athée, même si tu as blasphémé, même si  et là Georges…vois rouge et il se bourre une pipe et leur vocifère : stop les amis, stop les écornifleurs, stop sinon je ressort et  je vais manger à la cantine avec Coluche, Pierre Desproges et Carlos et nous mangerons du pâté de lapin, du porc au caramel, avec un gros rouge qui tache, ça me rappellera chez jeanne Planche, ou nos repas en tête à tête avec  Püpchen , et jacques Brel de rétorquer : tu sais Georges je ne suis pas contre la cantine car le restau Galilée c’est pour les bourgeois et les bourgeois c’est comme les cochons, plus ça devient vieux plus ça devient cons, les bourgeois c’est comme les cochons etc.

Rab34

 

Proposition 6

Le texte fendu

Compléter le texte fendu de la chanson : Dans l'eau de la claire fontaine, en donnant un tout autre sens à la chanson qui peut néanmoins se chanter sur la même mélodie(vers de 9 pieds)

Dans l'eau de la claire fontaine
Dans l'eau de la claire fontaine Elle se baignait toute nue Une saute de vent soudaine Jeta ses habits dans les nues
En détresse, elle me fit signe Pour la vêtir, d'aller chercher Des monceaux de feuilles de vigne Fleurs de lis et fleurs d'oranger
Avec des pétales de roses Un bout de corsage lui fis La belle n'était pas bien grosse Une seule rose a suffi
Avec le pampre de la vigne Un bout de cotillon lui fis Mais la belle était si petite Qu'une seule feuille a suffi
Elle me tendit ses bras, ses lèvres Comme pour me remercier Je les pris avec tant de fièvre Qu'elle fut toute déshabillée
Le jeu dut plaire à l'ingénue Car à la fontaine, souvent Elle s'alla baigner toute nue En priant Dieu qu'il fît du vent Qu'il fît du vent
 
Brassens

Les textes

 

Dans l'eau de la vaisselle sale

Dans l'eau de la vaisselle sale

Elle se baignait les menottes

Une saute de voisine folle

Jeta ses habits dans les chiottes.

En détresse la bonne lui prépare

Pour la vêtir de vieux torchons

Des monceaux imprimés bizarres

Fleurs de lis ou groins de cochon.

Aves ces pétas de draps de lit

Un bout de caleçon lui fit

La belle n'était pas ravie

Un' seule raclée a suffi.

Le jeu dut passer tout de  suite

Car à la Fondation des Femmes

Ell' s'alla balancer la bonne

En priant Dieu qu'on la punît

Qu'on la punît.

Mô

 

Dans l’eau de l’étang de Thau

Dans l’eau de l’étang de Thau

Elle se baignait avec Erato

Une saute de vagues, légère

Jeta ses habits dans les airs

 

En détresse se sentit, dépourvue

Pour la vêtir, j’inventais une mantille

Des monceaux d’algues et de gratte-culs

Fleurs de lis ou feuille de Jonquille

 

Avec des pétards bleus bricolant

Un bout de calice attirant

La belle n’étalait pas ses pensées

Une seule rosace a gardé

 

Le jeu dut plaire à la beauté

Car à la fontaine aimait débouler

Ell’ s’alla batifoler souvent

En priant Divin et fier Autran

Qu’il fit du soufflant

Josiane

Dans l'eau de la belle rivière

Dans l'eau de la belle rivière

Elle se baignait au soleil

Une saute de vent arrière

Jeta ses habits vers le ciel

 

En détresse elle se déroba

Pour la vêtir on inventa

Des monceaux de branches de vigne

Fleurs de lis et fleurs de lilas

 

Avec des feuilles de vigne

Un bout de jupette lui fit

La belle n'était pas très fine

Une seule  branche a suffit

 

Le jeu dut plaire à la gamine

Car à la fontaine parfois

Elle s'alla baigner en minime

En priant Dieu qu'il n'y fît froid.

Lydia

 

 

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Publié le 30 Septembre 2026

Proposition 1

Tous mal lunés !

Une bouteille mal bouchée -

                      Un clou mal enfoncé -

                               Un tableau mal encadré -

                                                   Une chaussure mal cirée -

                                                                        Une serpillère mal essorée -

Dans 5 paragraphes distincts  décrivons l’état d’âme de chacun des objets ci-dessus en essayant de relier un des cinq objets à l’autre pour commencer le paragraphe suivant. On n’est pas obligés de les mettre dans le même ordre que ci-dessus. Par contre on ne doit pas faire l’économie d’images originales ni d’effets sonores (allitérations : répétition d’un même son consonantique  - assonances : répétition d’un même son vocalique)

Préférons les phrases courtes pour traduire la colère.

Dans le 6ème, mettons-les tous en scène pour faire la fête !

Les textes

 

Il vaut pas un clou

Et voilà ! J’en ai foutu partout ! Ça coule sur les yaourts, sur le poulet fermier, sur la tropézienne ! Ça dégouline tout rouge, on dirait qu’un crime a été commis dans ce foutu  frigo ! Mais moi j’y suis pour rien s’il y a un con qui n’a pas su me boucher correctement et qui de surcroit m’a couchée sur l’étagère du haut ! Tiens, voilà la porte qui s’ouvre c’est lui ! Il a déjà la serpillère à la main, le pinard a dû trouver une anomalie dans le joint. Ouf me voici à la verticale.  J’aime pas qu’on me prenne pour une Marie-couche-toi-là. Il me pose sur le carrelage et se casse. Je reste en carafe. T’en fais une tronche la serpillère ! Tu chiales ?

Non, je ne chiale pas. C’est juste qu’il m’a trempée dans le seau, j’ai failli mourir asphyxiée.  Même pas la courtoisie de m’essorer. Je le hais.  Et il m’a bousillé les côtes en me transportant  de l’évier au frigo en me pinçant les mailles ! C’est bien la première fois en trois ans que je le vois faire du ménage dans cette piaule. Il a foutu de l’eau partout, même sur ses pompes ! Eh, les godasses ! Vous aviez de la poussière, maintenant vous avez de la boue !

C’est la cata ! Pourtant c’est pas les chiffons,  et le cirage qui manquent dans cette maison ! On est à jeun de dire qu’il nous a, ne serait-ce qu’une seule fois, passé de la brosse à reluire ! A peine avions-nous quitté le magasin que nous étions déjà couverts de bouillasse ! Il pleuvait et cet abruti n’a rien trouvé de mieux que de rentrer ici en traversant le petit bois ! Celui qui est en photo, là, sur le mur de la cuisine. Mais tu en fais une tête le tableau !

Ça fait huit jours que j’ai un torticolis de tous les diables ! C’est sa faute, au patron, paraît qu’il a toujours été nul en tout, pas seulement en ménage, en géométrie aussi ! L’angle droit, il connaît pas. Il m’a mis de guingois. J’ai beau me secouer, j’arrive pas à me redresser ! Mes troncs, on dirait une sortie de vieux ploucs dans le parc de l’Ephad !

Et Pof ! Nous voilà par terre ! Tu l’as bien cherché, le tableau. A force de gigoter tu m’as décroché du mur ! On est bien maintenant, sur le carrelage ! T'es comme l'autre, tu vaux pas un clou ! Qu’est-ce que t’avais besoin de te dandiner ? Coincé entre la planche et le verre, tu risquais pas de te redresser ! Mais c’est qu’il y a du monde ici !

Eh, les copains, puisque l’autre est parti et puisque on est tous réunis, si on faisait la bamboula ?

Mô

Tous mal lunés

Sa vieille main tordue et malhabile soulève la serpillère pleine de vinasse. Splash, il la laisse retomber, une moue de dégout sur les lèvres.

« T’aurais pu faire attention » tonne-t-il d’une voix de stentor. « Une bouteille de Château Margaux, la dernière de Pépé Jules, perdue, répandue sur le carrelage ! Attention ça dégouline, goutte du sang de la vigne, roule, coule et Paf des taches sur ma chaussure ! Cuir blond crotté par le tanin de cette saleté de vin. Pied gauche, sinistre présage, tache tenace, indélébile à jamais témoin de ta maladresse.»

«Eh, Papy, j’l’ai pas fait exprès, c’te bouteille mal bouchée m’a échappé. Elle a glissé tel un amphibien mouillé. Elle a basculé, s’est jetée presque seule sur les tomettes, ocre rutilant, de la même couleur que le vin. Au moins, là ça ne fera pas tache.
De l’autre main, je tentai de redresser ce tableau, vieux calendrier des postes, représentant l’Angélus de Millet. Lumière de fin de journée, dos fourbus, fatigués. Ce tableau a toujours été de traviole. Le centre de gravité a doucement, imperceptiblement glissé, les paysans harassés veulent seulement aller se coucher.»

«Arrête tes sornettes, le tableau est de guingois car pendu à un clou mal enfoncé, mal assuré, mal aux doigts de celui qui l’a mal tapé, évité, maladroit. Trou trop grand, trou béant dans ce vieux mur ravagé qui va bientôt lâcher.»

La soirée est gâchée mais voici l’heure du diner. Le silence se fait autour de la soupière. Les convives s’asseyent et Chlurp, le rythme des cuillères donne le ton de la Mélodie des Ronchons.

Josiane

 

                                                              Tous mal lunés.

 

La bouteille coule comme le torrent, elle est mal bouchée. La table est envahie de vin. Cela sent mauvais. Quelqu'un prend la serpillière qui est mal essorée, qui n'essuie rien mais qui en met partout. Oh zut, je suis en colère, oh boum, hue. Et voilà, le vin est tombé sur ma chaussure mal cirée.

Qu'est-ce qui se passe ? Je ne décolère pas. Cette chaussure que j'avais cirée avant de partir me fait mal aux pieds maintenant, aille ! Ouille ! Je ne l'avais pas fait briller et j'ai du cirage plein les mains. C'est dégueulasse.

Je lève la tête et je vois le tableau mal encadré. La maison   est ensorcelée. Il est de travers. C'est dû à ce clou  mal enfoncé qui flanche. Oh ! Là, là. Le tableau va nous tomber sur la tête si cela continue, catastrophe ! Le tableau entre en scène, il représente un été au bord de la mer. Le clou mal enfoncé se tord de rire.

Les objets font la nouba. La bouteille mal bouchée bouge dangereusement. La chaussure mal cirée s'envole et danse et le tableau mal encadré bouge de droite à gauche zut alors !

Que se passe-t-il ? Pas moyen de les arrêter...


Annick

 

 

L'HOMME PRESSE

 

          -- Hé ! Hé ! C’est bien fait ! Il s'est explosé un doigt. Aïe ! Aïe ! Que j'ai mal à la tête. Cet idiot m'a tapé dessus comme un fada. De plus, il n'a même pas pu me planté droit. Je suis tout tordu, je penche vers le sol et je nage dans le trou, se désole le clou.

         -- Eh! Ne te plaint pas. Regarde dans quel état je suis. Il a trois mains gauches ce gars. Il se paye un tableau du grand maître Yakipin. Et que fait-il ? Il m’encadre avec quatre  planchettes de cagettes de courgettes avec l'étiquette en plus. Bon je veux bien, mais les angles droits sont inconnus pour lui. Tout est de travers.

         -- Mais c'est normal, il est bourré comme un coin. Je suis la troisième bouteille de champ. qu'il se tape pour fêter son tableau. Il ne m'a même pu me reboucher convenablement. Toutes mes bulles fichent le camp. Je vais finir en vin blanc. Quel crétin !

         -- Ça, tu peux le dire. Il était tellement pressé de partir, qu'il m'a tartinée de cirage, mais a oublié de me faire reluire. Je suis toute poisseuse, pleure la chaussure.

         -- Ne compte pas sur moi pour essuyer tes larmes. Je suis trempée. Il a pensé à moi, pour les dégâts qu'il provoque à chaque douche. Il  m'a laissée dans le coin sans m'essorer, déplore la serpillière.

         -- Puisque qu'il est parti aux urgences pour son doigt, si on rigolait un peu au lieu de nous lamenter sur notre sort.

 

         Je suis un vermisseau  durci, se tortille le clou en chantant.

         Je danse sur mes coins mal agencés, je tourbillonne, fredonne le tableau.

         La chaussure donne le tempo en faisant des claquettes.

         La bouteille se renverse sur la serpillière créant un bain de mousse.

La ! La ! La...

 

                                                                           LYNDA

Proposition 2

Contents du contexte ?

Tisser une histoire à partir d’informations imposées.

Pour écrire le texte, choisir entre trois environnements,  trois contextes :

Premier contexte : Dans le jardin – sous le mimosa - planquée- nue

Deuxième contexte : Au café en face de l’église – un soir de Noël - désespéré

Troisième contexte : Une chambre sous les toits – un homme à terre sur le plancher – une bougie

Le texte devra tenir compte de tous les éléments suivants : une poule – une maison abandonnée – une Quatre-chevaux – Un chêne – Un mouchoir.

 

Les textes

 

 

La poule

La poule de BiBi (Josiane)

Sous les toits, dans la chambre d’une maison abandonnée, un homme git à terre sur le plancher, planches disjointes et tachées de mille traces, terre écrasée, passages de mulots, déjections des pipistrelles qui se cachent tout le jour, jus de chiques lâché par le vieux qui habitait là.

Lorsque les flics pénètrent dans cette masure, ils sont immédiatement assaillis par une odeur insupportable. Ce n’est pas seulement la poussière et le manque d’aération qui fait tousser et se boucher le nez. Un mouchoir sur la bouche et les narines, ils avancent guidés par la pestilence nauséabonde répandue par une chair qui se décompose.
Arrivés au premier étage, ils découvrent le corps de Jean, raide mort depuis quelques jours sans doute. Propriétaire de cette ruine, il venait régulièrement surveiller sa maison de famille plus que centenaire. Les pandores ont reconnu sa vieille bagnole garée devant la maison, sous le chêne rouvre dont les glands ont nourri des générations de cochons. La 4 CV bleue est facile à reconnaître, c’est la seule de son espèce à des kilomètres à la ronde.

Connu pour ses beuveries, a-t-il décidé de rester là pour la nuit ? C’est ce que semble indiquer une bougie consumée à côté du corps. Il a entre les mains un vieux grimoire. Probablement retrouvé dans un trou du mur, des plâtras sur le sol semblent le suggérer. Jean a encore les lunettes pincées sur le nez. Est-ce la lecture du grimoire qui a eu raison de lui ?

Une poule noire picore quelques graines sur le plancher. Elle se tourne vers la maréchaussée et leur explique clairement. Coooot, c était son tour, il devait me délivrer de cette malédiction. JE SUIS SA MERE ! Il a eu tellement peur, qu’il en est mort.

Les pandores ont beaucoup remercié la poule et pour terminer leur rapport, ils ont noté : Décès de Jean Lecoq, mort naturelle.

Josiane

Pépé Jojo

Arrivé aujourd’hui, en fin d’après-midi, pour nettoyer et fleurir la tombe, je n’ai pu résister à l’envie immédiate d’aller jeter un œil à la vieille maison familiale. La mort peut attendre demain, fût-elle celle de pépé. Cette maison en haut de la côte, que les touristes  que j’ai croisés m’ont dite abandonnée voire hantée. Certes, depuis le décès de pépé Jojo,  le mois dernier, nul, à ma connaissance, n’a poussé la porte. Pas même mon père qui, après une grosse colère contre pépé qui refusait d’aller à l’ehpad et de vendre la maison, est allé s’exilé avec sa femme au Canada. Quand la mort de grand-père est survenue, j’étais bloqué à l’hôpital. Pas pu m’échapper. Je pensais bien que le paternel appâté reviendrait dare-dare pour régler la succession et bien entendu s’occuper des funérailles. On ne m’a tenu au courant de rien.

Donc me voilà devant la masure. Y a un hic. Une lumière filtre par les persiennes de la chambre sous le toit, une faible lueur qui semble danser. Tout est silence. Sur la plage arrière de la vieille quatre-chevaux qui finit ses jours sous le grand chêne, une poule d’eau a fait son nid. Quand je m’approche, elle gonfle ses rares plumes et caquète pour me signifier son mécontentement quand ma lampe torche la met en lumière.

Dans ma sacoche, je cherche la clef. Le pèlerinage peut commencer. Une odeur me repousse d’abord dans la nuit. Le mouchoir tiré de mon veston devrait faire l’affaire. Je suis le faisceau de la lampe. Il me guide dans l’escalier. Je dois résoudre l’énigme. Qui a pu pénétrer ici ? La porte est entrebâillée. Tout me semble identique à ce que j’ai connu, 10 ans plus tôt. Le papier peint est floqué. Un rat s’enfuit à mon approche. Une bougie brûle sur la table de nuit. Dans la ruelle du lit, un corps sur le plancher. Un corps en décomposition. Celui de pépé Jojo.

J’entends bouger au rez-de-chaussée. J’appelle. Pas de réponse. Par la fenêtre je distingue une ombre qui se sauve. Je descends quatre à quatre. Pas de mal à rattraper le fuyard. Il doit avoir à peine 7 ans. Pas besoin de le passer à la question. Il est effrayé et, tout tremblant, vide son sac :

- Pépé Jojo, c’était comme mon pépé à moi. Il m’avait confié une clef et je pouvais aller le voir quand je voulais. C’était notre secret. Il me racontait des histoires, moi, je lui récitais les poésies que j’apprenais à l’école. Il me disait toujours : Tu viendras toujours me voir ? Je lui ai fait la promesse. Je sais que maintenant, il ne peut plus me voir. Ses yeux ont été mangés par les bêtes, comme presque tout son corps. Mais dès que je peux, je m’échappe et je viens ici. Les parents ils croient que je suis dans ma chambre. Ça pue mais j’ai promis. Pour pas qu’il ait peur, le soir, je lui allume une bougie et je lui dis un poème. Vous allez pas cafter ? Je fais rien de mal !

Je l’ai accompagné jusqu’à sa maison et je l’ai rassuré. Dès le lendemain, j’allais m’occuper de trouver une dernière demeure pour pépé Jojo. Bien à l’abri des insectes. Entouré d’un joli drap blanc. On irait tous les deux, lui porter des fleurs et lui dire des poèmes. Promis, juré !

Mô

Noël, c’est l’Amour

"Je me demande toujours pourquoi ils m'offrent des chaussures."

Serre - Petits anges - Glénat*

* Note de Monique : je vous conseille vivement cet album préfacé par un de mes chouchous, Pierre Desproges

Ce soir, c’est Noël, je n’ai pas envie d’aller à la Messe de Minuit. Pourtant je ne suis pas loin de l’église, étant assis à une table au café de La République (nom provocant à mon goût), cinquante mètres en face de l’édifice religieux. Il fait bon dans ce bar bien chauffé à l’ambiance des fêtes d’antan. Du temps de ma jeunesse les bistrots étaient pleins de gens joyeux et insouciants qui riaient et s’amusaient d’un rien, parlaient politique, ou sport, en s’invectivant gentiment. Parfois le ton montait un peu, mais cela se calmait dès que quelqu’un d’avisé faisait basculer la conversation sur les bons coins où on pouvait manger assez bien pour pas trop cher. La bouffe, y a que ça de vrai pour mettre tout le monde d’accord ! Les jours de loto, c’était plus sérieux et moins bruyant, il fallait bien entendre les numéros sortis du sac. C’était marrant le surnom qui accompagnait les chiffres annoncés : 8, la cacahuète, le 4, le fauteuil, onze, l’homme de bronze ( ou les jambes de Francis , qui ne devait pas avoir des mollets bien musclés ! ). Ce temps du bonheur, hélas !, était passé depuis longtemps. Alors pourquoi aller me geler les miches en chantant Il est né le divin enfant ? À côté de bénits oui-oui et autres enfants de Marie qui, de leurs voix niaises et nasillardes, massacrent l’Ave Maria tout en digérant la grosse dinde ou la poule au pot sur laquelle ils se sont jetés en ouvrant de grands yeux globuleux et gourmands, la fourchette à la main, comme s’ils allaient conquérir le monde.

 Après la Messe, qui leur sert de dérivatif digestif, ils iront attaquer les treize desserts et la bûche finale. Puis ils rempliront leurs faces, déjà rougeaudes, de muscat ou de mousseux ou champagne. Ils mettront le Petit Jésus entre le bœuf et l’âne gris, auprès de Marie et Joseph, dans la belle crèche provençale qui trône dans le séjour. Ils admireront les santons, les bergers gardant les moutons, lou ravi, le tambourinaïre et toute une flopée  de personnages colorés représentant les métiers d’autrefois.

Au pied du grand sapin aux guirlandes lumineuses et  boules multicolores, ils ouvriront leurs cadeaux avec des sourires et des rires gras, diront un merci hypocrite pour des supposés beaux présents qu’ils revendront le lendemain, en se moquant des généreux donateurs. Ingratitude, quand tu nous tiens ! Sans parler de l’impolitesse. O tempora ! O mores !

Cela me fait penser que, pendant l’office, il y en a  toujours un ou plusieurs qui sortent leur mouchoir et donnent de la trompette parce qu’ils sont enrhumés ou grippés, au lieu de rester dans leur lit douillet. Au risque de contaminer la foule avec leurs miasmes, ou de perturber le bon déroulement de la cérémonie, ils tiennent absolument à être présents comme si leur absence conditionnait leur vie dans l’Au-Delà et qu’ils craignaient de ne pas monter au ciel et entrer au Paradis et dire bonjour à Saint Pierre, tirer sa barbe, et toucher ses clés.

Et vous voulez que j’aille assister à ce spectacle navrant ? Non, je préfère rentrer chez moi.

Je vais prendre ma voiture, la 4CV de mon grand-père adoré, et regagner ma maison abandonnée et froide et trop vide depuis longtemps. Je me garerai sous le grand chêne. Je le regarde souvent cet arbre vénérable et plus que centenaire. Parfois cela m’inspire des mauvaises pensées, mais je n’ai pas de courage, pas de corde, et, de toute façon, je ne sais pas faire des nœuds coulants.

Donc, je me pends  plusieurs fois par an, mais virtuellement. C’est déjà ça !

Je suis tellement désespéré !

Jacques Giner

 

 

Le Mendiant.

Au café, en face de l'église, une quatre chevaux est garée sous le chêne. C'est le soir de Noël, un homme sort d'une maison abandonnée, c'est un mendiant. I1 ne peut pas se réchauffer et il a la grippe. Il est vraiment enrhumé et il tousse. Une poule le suit partout.

I1 va au café pour se réchauffer. La poule y va aussi et caquette. Le café est plein.

« Bonjour tout le monde » dit-il. « Bonjour, tout seul « lui répond-on. 11 y a une place justement

près de la cheminée. I1 fait bon. La poule va sur ses genoux. Il pue, d'une puanteur sans nom.

Chacun le supporte dix minutes. Chacun s'en prend à lui et le fait s'en aller dans le froid. Il grommelle, il boit son thé chaud, paye avec la monnaie qu'il a amassée mais il est obligé de ressortir et il s'en va à nouveau vers la maison abandonnée pour se protéger du froid.

I1 est désespéré de voir comment sont les gens...

Annick    

 

SOUVENIRS

 

         Du café en face de l'église, un homme assis à une table, regarde au travers de la vitre embuée une maison abandonnée, la porte et les fenêtres envahies de ronces desséchées.

         C'est la maison de son enfance.

         Il se souvient de ce soir de Noël, où son père avait garé sa quatre-chevaux devant l'entrée.

         Nous l'attendions avec impatience. Maman avait cuisiné une poule au pot, son plat préféré.

         Il est entré sans un mot, le visage sombre. Il est allé dans la chambre, et en est ressorti avec une valise à la main.

         -- Je ne reviendrai plus!  A-t- il déclaré lugubrement sur le seuil de la porte.

         Désespérée et abasourdie ma mère regardait la porte fermée, son mouchoir en boule sur sa bouche, pendant que la voiture redémarrait.

         Une heure plus tard, deux gendarmes nous annonçaient la mort de mon père. Il avait percuté le vieux chêne à la sortie du village.

 

                                                                           LYNDA

 

 

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Publié le 23 Septembre 2026

Proposition 1

L'automne - Arcimboldo

A propos de l’automne qui arrive demain !
François Morel sur France Inter a rendu hommage à Catherine Ringer, en listant dans l’ordre alphabétique tous les adjectifs qui pouvaient la qualifier.
A notre tour de rendre hommage à l’automne, de la même manière en reprenant son mot de la fin : « C’est comme ça. C’est comme ça
. »

 

Les textes

M. L'automne

Illustration Mô : Ecorces et feuilles mortes

Monotone ?

L’automne est apaisant, automnal, beau, caduque, coloré, commémorateur, doux, flamboyant, frais, funèbre, généreux, humide, nuageux, ombragé, parfumé, pluvieux, roux, tempéré...

C’est comme ça. C’est comme ça.

Mô

L'automne de rab34

Antique, accueillant, amoureux, atypique, bouillant, brûlant, brunissant, bucolique, capricieux, chaleureux, déboisé, décoloré, déconnecté de la réalité, douloureux, effeuillé, ébouillanté, édenté, éphémère, fantôme, flamboyant, foutu, ténébreux, yoyoteux.

C’est comme ça. C’est comme ça.

Proposition 2

L'automne - Mucha

L’automne est en retard !

Personnifions l’automne. On l’attend avec impatience. On le voit enfin rappliquer, il est là, au bout du chemin. C’est bien lui, on le reconnaît à...

Maintenant il va falloir qu’il s’explique sur son retard !

Pour les ignorants que nous sommes : Dans l'imaginaire collectif, chaque saison démarre systématiquement le 21 du mois. L'automne n'échappe pas à cette idée reçue très répandue. En réalité, la mécanique céleste ne suit pas une grille calendrier rigide. C'est la position exacte de la Terre par rapport au Soleil qui fixe le premier jour de l'automne, un événement astronomique qu'on appelle l'équinoxe. Sa survenue varie d'une année sur l'autre et en 2026 elle n'aura pas lieu le 23 septembre.

La raison de ce glissement régulier tient à la durée réelle de l'orbite terrestre. Notre planète ne met pas précisément 365 jours pour accomplir son tour complet autour de notre étoile. Il lui faut en fait 365 jours, 5 heures et 48 minutes environ. Ce surplus de près de six heures s'accumule chaque année. Sans ajustement, les saisons finiraient par se décaler complètement sur le calendrier. Ce petit écart force l'équinoxe à glisser progressivement sur le cadran temporel.

Pour remettre les pendules à l'heure, notre calendrier moderne utilise un mécanisme bien connu : l'année bissextile. Tous les quatre ans, la présence d'un 29 février permet de rattraper d'un coup les 24 heures accumulées au fil des rotations. Cet ajout soudain fait faire un bond en arrière d'une journée à l'équinoxe. Selon la position dans ce cycle de quatre ans, la bascule d'automne s'opère donc généralement entre le 22 et le 24 septembre, mais quasiment jamais le 21.

Quand débutera l'automne 2026 ? Pour cette année 2026, l'équinoxe d’automne survient officiellement le 23 septembre. L’événement astronomique précis aura lieu durant la nuit, très exactement à 2h05 du matin heure française. C'est à cet instant précis que le Soleil traversera l'équateur céleste, offrant une journée et une nuit d'une durée parfaitement égale. Il faudra donc patienter encore un peu avant d'entrer officiellement dans la saison des feuilles mortes.

Les années précédentes, c'est aussi entre le 22 et le 23 septembre qu'a eu lieu l'équinoxe d'automne. Il faudra attendre la fin du XXIe siècle pour observer à nouveau un équinoxe d'automne se dérouler un 21 septembre. D'ici là, nous alternerons principalement entre les 22 et 23 du mois pour accueillir les premiers jours rafraîchissants.

​​​​​​​https://www.grazia.fr/news-et-societe/news/pourquoi-lautomne-ne-debute-pas-le-21-septembre

Les textes

 

« L’automne » 

Ici, on nous apprend que vous êtes quatre. C’est vrai, enfin vérifié depuis des lustres, sous notre hémisphère nord et notre climat dit continental. Mais dès qu’on passe sous l’Equateur, la grande ceinture qui entoure le globe terrestre en son milieu, deux ont disparu comme par enchantement. Il ne reste que deux saisons. Une sèche et l’autre des pluies.

En Allemagne « Oktoberfest » déboule à grands tonneaux durant « Herbst » ou « récolte ». La bière y coule à flots durant deux éprouvantes semaines. En France on attend l’arrivée du « Beaujolais nouveau » comme s’il s’agissait du Messie.  Tout est prétexte à te fêter depuis les temps immémoriaux cadencés par Dionysos. Plus tard Arcimboldo sur ton portrait saisira ton exubérante universalité. Aux Etats-Unis tu portes un nom spécial, on t’appelle « fall » ou « chute ». De là à en déduire qu’en automne il y a des trucs qui tombent, inutile d’être grand clerc : c’est ta spécificité, ta marque singulière. Arbres et buissons désinvoltes commencent leur strip-tease annuel.

Mais voilà que s’invitent au bal des saisons les déchainements climatiques. Anticyclone immobile et volontaire plombé sur nos terres, dépression paresseuse et exsangue vautrée sous d’autres cieux, provoquent le dessèchement de la végétation et la chute des feuilles en plein été ! On est paumé. Où te caches-tu toi l’automne ? Pas de panique ! Après tout on n’est pas pressé de voir passer le temps. Apprécions ces jours où la température baisse, où le soleil éclaire toujours un ciel d’azur et la lune s’argentise dans la nuit bleue de Prusse. Faisons confiance à la puissance de la nature. Dégustons l’Eté Indien comme les fameux indiens le mettaient à profit pour terminer les récoltes, chasser, engranger et se préparer avant l’arrivée des grands froids. Sous nos latitudes on dit l’Eté de la Saint Martin, c’est la même chose en moins exotique. Bref ! Il suffit d’attendre patiemment ton apparition. Sauf à dire que ta flamboyance manque à nos regards éblouis.

Du Canada au Japon, en passant par le Montana et les forêts européennes tu es la saison des couleurs. Tes frondaisons épousent le rouge particulièrement. Et les couleurs chaudes du spectre chromatique, les nuances exponentielles les plus subtiles parcourent joyeusement ta robe du rouge au jaune. On dirait un « Chant du Cygne » des arbres et de la nature entière qui, avant de mourir et végéter en hiver, veut faire un dernier tour de piste glorieux, couronne de lauriers au front.

Alors prends ton temps, l’automne, le genre humain s’est toujours adapté au fil de l’évolution. Tu ouvriras grande la porte à l’hiver, bien assez tôt avec ses vents gelés, sa neige, ses congères, son verglas et son soleil d’acier.

Michèle Roboam

 

Bon et joyeux automne !

 

- Bonjour l’automne, dit l’été,  tu vas où ? 

- Je prends le chemin vers l’hiver.

Le voilà, au bout du chemin, qui s’embourbe. Les sangliers ont labouré les lisières de la forêt, à la recherche des glands, de châtaignes, de myrtilles sauvages. Le chemin est en vrac et cela gêne le passage des gardes forestiers, des chasseurs, mais aussi le passage de l’automne et alors, et alors ? L’automne est en retard. Il n’arrivera que le 23 vers 2h du matin au lieu du  21 septembre. C’est mamie* qui me l’a dit ! Pardon Monique Nicque, et alors, il est 17h 45 et cela se passe cette nuit et moi je dormirai à 2h du mat.

Pourquoi si tard ? on aurait pu dire à minuit, c’est l’automne comme pour la nouvelle année et on se souhaiterait Bon et joyeux automne et on boirait du muscat pétillant ou du champagne avec des châtaignes grillées, des figues farcies de foie gras, du pâté de campagne, de la rosette de Lyon, du fuseau lorrain, et on terminerait par un bras de vénus d’automne. Le bonheur, c’est ça !

« C’est quand le bonheur ? », demande Cali, eh bien, c’est le 23 septembre à 2h05 !

Fin de l’histoire.

Rab34

*Note de la rédaction : Tu sais ce qu'elle te dit la mamie ?

 

L’automne est en retard 1

Comme tous les jours, je montais d’un pas déterminé au bois de Belloy. J’avais envie de prendre un bain de nature mais pas seulement. On était le 23 septembre, et je ne l’avais toujours pas vu ! Qui ? Mais l’automne, Pardi ! A la télé ils avaient dit : « Cette année l’automne sera en retard. » J’ai cru que c’était encore une connerie comme ils en disent souvent à la télé.   Mais non, ça faisait deux jours que je le cherchais, en vain : le ciel était d’un bleu vierge de tout nuage, le vent avait oublié de se lever, pas une goutte de rosée sur les asters qui bordaient le chemin et surtout le parfum des cèpes avait été remisé aux oubliettes !

J’enrageais. Quand soudain je levai la tête, je le vis ! Toujours la même dégaine : un short de scout laissait apparaître ses guiboles décharnées comme de vieilles branches de marronniers, une chemise en coton grossier, recouverte de feuilles diverses brunes, rousse et rouge et un large chapeau qu’il avait sûrement piqué à un épouvantail. Comme il me croisait je me permis de lui dire :

- Ben alors, qu’est-ce que tu foutais? ça fait deux jours que je te cherche !

Il se retourna, persuadé que je m’adressais à quelqu’un d’autre. Il n’était peut-être pas habitué au tutoiement ni aux enguelots ! Elles ont une estime de soi disproportionnée les saisons. J’ai d’ailleurs une anecdote sur l’hiver que je ne manquerai pas de vous raconter la prochaine fois. Mais finissons-en avec l’automne.

- C’est à toi que je cause, l’automne !

- C’est à quel propos ?

- Depuis le 21 je te guette ! Un jour de retard, passe mais deux c’est trop !

- Mais je ne suis nullement en retard, je ne fais qu’appliquer le règlement, dicté par la durée réelle de l'orbite terrestre. Je ne peux pas aller plus vite. Je suis obligé d’attendre que le soleil traverse l’équateur céleste...

- Et là, il l’a traversé, le soleil, ce foutu équateur ?

- Vous n’avez qu’à monter jusqu’au bois et vous m’en direz des nouvelles !

De ses brindilles de bras, il me salua bien bas et je poursuivis ma course vers le haut.

La forêt me fit la fête : Une pluie de feuilles mortes s’abattit sur mes épaules, au sol, des bogues ouvraient l’œil, des cèpes dessinaient des rondes de sorcière autour de quelques amanites en robe de gala.

L’automne était bel et bien là.

Mô

 

L'automne est en retard ...

 

Les feuilles des arbres commencent lentement à jaunir, puis à rougir. C'est le plus beau moment, leur couleur éclatante éclabousse la végétation.

A la ville, comme à la campagne, c'est un éclat de lumière que nous envoient nos arbres avant de se mettre en veille.

Ensuite les feuilles se recroquevilleront, se dessécheront, puis, ne tarderont pas à tomber et à mourir sur le sol.

À ce stade, l'automne sera presque terminé, c'est le moment le plus triste. Mais aujourd'hui, il n'a pas encore commencé son long travail d'avant l'hiver, il est en retard.

Oui en retard, comme il sait le faire. Il aime s'attarder, jamais ponctuel comme le sont les autres saisons. Encore cette année, il va falloir deviner, chercher le jour où l'équinoxe pointera son nez et lui donnera le feu vert.

A partir de ce jour, tout va changer, l'air va devenir plus frais, une belle odeur d'humus va s'installer. Les écureuils vont engranger leur provision de noisettes et de glands.

Il faudra vite en profiter, l'hiver est toujours pressé de le supplanter.

Alors, le vieil homme au manteau d'écorce, marchant à pas feutrés, s'avancera tout doucement en recouvrant la terre de feuilles mortes.

Françoise

L’automne est en retard 2.

Ça fait deux jours que je l’attends. On m’a toujours dit : L’automne, c’est le 21 septembre. C’est tout faux. Du coup je ne croirais plus ce que disent les grandes personnes. Sauf les hommes de sciences. Y en a un qui a dit hier, à la radio, après toute une série de mots que je n’ai pas compris : équimachin, orbitruc... que l’automne arriverait à 2HO5. Alors j’ai quitté mon lit, ma chambre, ma maison, en cachette, et me voilà, en haut de la butte. Ya personne, juste un chat. Le mien. Il s’est assis à côté de moi, je crois bien qu’il est comme moi. Il attend l’automne. La cloche à taper les deux coups. Il ne devrait plus tarder. Je scrute le ciel. Il est 2h 10 à mon portable et toujours personne. 2H 30, toujours rien. Ça m’énerve ! Enfin, des nuages arrivent du fin fond de la campagne, à toute vitesse. Quand ils sont au-dessus de moi, ils se divisent et lâchent un truc, marron et jaune, comme une fiente d’oiseau. Au sol, la fiente se déplie, s’enfle. C’est lui. Un squelette de bois habillé de feuilles mortes de toutes les couleurs. Il est plutôt chic pour une saison. L’été est toujours à moitié nu, l’hiver est raide comme un passe-lacet et le printemps se contente d’une pâquerette pour cacher son zizi.

L’automne nous salue, moi et le chat. Il a l’air plutôt aimable mais c’est pas une raison pour que je passe à côté de la question qui me tarabuste :

- Dis l’automne pourquoi t’es en retard ? On avait dit 2h05, non ?

- Ma femme de ménage est souffrante et j’ai dû repasser, une à une, les feuilles de mon costume. Tu ne m’en veux pas ? Pour la peine, je t’ai apporté des châtaignes et quelques bolets. Tu me pardonnes ?

Je me suis levé pour aller lui faire un câlin. Le chat et moi, on est allés se recoucher.

Mô

 

 

 

Proposition d'écriture 3

Source d'inspiration pour cette proposition : La première page du roman noir : Le matériel du tueur  de Gianni Biondillo

Hors d'ici

La brume, la brume, cristaux de glace suspendus, nuage pédestre, la brume qui monte, petite pluie fine, orgeat opalin qui coche les choses lointaines, halo blanchâtre, pâle, diffuseur  laiteux  d'abstraites réminiscences lunaires, la brume dure, presque, solide, trempée, des millions de gouttelettes dansantes, qui estompent, émoussent, amortissent l’ouïe, la brume qui presse, qui étouffe les chuchotements, capitonne les pas, fait taire les chiens, se couche sur la plaine, la brume, drap de coton étendu, voûte de voile, coupole de fumée, vapeur, brouillard, la brume, celle des contes de fées, mystérieuse, menteuse, domestique, la brume des rêves, celle que les enfants de Milan n'ont jamais vue,  mur d’ouate, rideau de théâtre, haleine de la terre, la brume qui presse, dans le cadre en damier de la fenêtre, qui voudrait se précipiter, gicler, entrer dans l'obscurité de la cellule, se répandre, glace sèche, fumigène, la brume qui enfin se retient, pudique, effrayée par les hurlements de détresse qui résonnent dans le noir profond, la brume qui se fait vague lueur, verre gravé, qui se retire, retourne dans le monde, et, vaincue, quitte les cris et les gazouillis de sang éructés par les mâchoires épuisés d'un homme, écroulé sur la civière, à un pas de la mort. Peut-être.

Un texte de 208 mots, titre compris. Deux phrases. 6 propositions relatives. 11 fois le pronom qui, 1 fois le pronom que. Evocation d’un élément naturel. Ici, la brume. Le mot est répété 11 fois

Personnification de la brume. Elle a des défauts, des pouvoirs, ressent des émotions. C'est elle qui guide le lecteur vers l'évènement qui devrait pousser le lecteur à tourner la page.

Plus tard dans le texte, un indice pour identifier le lieu : la cellule

Enfin, apparition d’un personnage : « hurlements, de détresse, cris, gazouillis de sang, mâchoires d’un homme »

 

4 éléments naturels : Eau, air, terre, feu

4 colonnes pour lister leurs différentes manifestations, ça peut aider

L’eau

L’air

La terre

Le feu

La pluie

La brume

L’averse

La rivière

Le torrent

La mer

...

Le vent

La tornade

Le courant d’air

...

Le désert de sable

La plage

Les montagnes

Les grottes

Les champs cultivés

La terre des sentiers

Le terrain de sport

...

L’âtre

L’incendie

Le volcan

...

Choisir une de ces manifestations et, à la manière de G. Biondillo, s’en servir pour introduire, le lieu et le personnage de votre nouvelle voire de votre futur roman.​​​​​​​

Les textes

 

L’enfer

Les flammes, les flammes, langues de feu qui lèchent les parois, la vitre, les flammes jaunes timides qui viennent de naître, qui crépitent, gourmandes, les flammes rouges, avides, féroces, au front plissé de colère, qui rugissent, les flammes de l’enfer qui a quitté son antre, les flammes qui réveillent les mémoires, les fautes commises qui ne méritent pas de pardon, les flammes qui donnent la fièvre, trop chaudes, qui brûlent, qui font oublier la neige, dehors, les flammes qui se contorsionnent qui voudraient sortir, bondir du foyer, gagner d’autres territoires, faire des victimes, mobiliser les hommes du feu, faire la une des journaux, les flammes qui regardent l’enfant aux joues rouges, l’enfant repense à sa dernière confesse, à son pêché d’omission, à cette poignée de bonbons qu’il a volés au magasin et que le bon Dieu , contrarié, ne lui pardonnera jamais. Peut-être.

Mô

La rivière

 

La rivière qui file entre les cailloux, qui est furieuse, qui déborde, qui rugit, la rivière

qui chuchote, la rivière qui serpente doucement, la rivière qui passe devant nous, la rivière qui dort, abrupte, la rivière qui circule dorénavant d'une façon large, la rivière qui propose le passage à cet homme, là, au milieu du gué, avec ses bottes et sa gaule, la rivière qui lui fait un pied de nez avec les gardons qu'il n’a pas pris, pas même une anguille, mais l’homme rit, content d’être là, il salue la rivière qui bouillonne et s'en va à regret.

Annick. 

Vole comme le vent léger...

La brise, la brise, celle qui caresse les champs de blés dorés, la brise rafraîchissante et douce, la brise qui décoiffe les cheveux fins de l'enfant, la brise qui se glisse à travers les rideaux de voile, la brise qui chuchote, la brise qui chante à l'oreille des oiseaux, la brise qui se fait musique, laisse tomber ses notes sur les prairies en fleurs, la brise vole et danse sur les arbres feuillus, la brise, gaie et légère, sautille, pétillante et joyeuse, la brise attend que le jour se lève, tournoie doucement autour du berceau, la brise passe et repasse, la brise, lorsque le soleil sort enfin de l'eau, se met à fredonner la chanson du matin.

Alors, l'enfant s'éveille.

Françoise

L'eau

L’eau, l’eau, elle glisse, s’en va toujours, froide au corps du noyé, lisse caresse au visage de l’enfant, saline sanctification de la beauté qui grandit, compagne tendre des bords de sable, celle qui chante la rumeur de paix, jusqu’à venir un jour inattendu sur la joue de l’enfant aux peines incommensurablement légères, et s’en va glisser sur les bords du temps, jusqu’à atteindre l’homme, la femme, car l’eau incarne l’amour dont nul ne sait d’où il vient ni quand il cédera, glissera, s’enfuira, et pluies et automne et gémissements annonçant déjà la venue, la revenue de la joie qui bat comme la rosée les chevilles au matin., tu vois, quatre-vingt-dix pour cent de toute vie, haut la main, elle gagne de toute éternité, et il pose son verre de blanc pour un verre d’eau, manière de. Peut-être.

Alain  V

« Hors d’ici » 

Le désert quoi qu’on en dise ou pense est le lieu le plus disert qui soit, désert qui disserte, dans le plus grand silence depuis des millénaires sur le temps qui passe, sur l’éternité, sur l’étendue de l’espace, désert de l’infini sans limite, désert de sable blond ondulé de dunes sculptées par les facétieux vents contraires, désert écrasé dans la forge d’un soleil rouge, témoin du pas lent des caravanes de sel, de soieries ou de contrebande,  désert gravé de traces anonymes de pattes des petits habitants ou des grands, désert barbare qui brûle, qui assèche sauvagement le voyageur inconscient qui se risque à la traversée, désert gourmand et avide qui dévore jusqu’à l’os les chairs tuméfiées des hommes ou animaux assommés par la chaleur incandescente, lieu hallucinatoire, désert de sel, perché à 3300 mètres d’altitude, Salines de Maras dont la blancheur scintille sur les sommets ruisselants de la Cordillère des Andes, aride désert pierreux qui déchire les genoux des marcheurs, désert jaloux de son oxygène, qui asphyxie l’inconséquent qui s’aventurent dans l’ascension, qui broie les épaules des porteurs, éclate les mains des bâtisseurs de temples ou de cités-bastions qui flottent magiques au royaume des nuages paresseux navigant sur ciel d’azur indifférent. Là règne l’Incas.     

Michèle Roboam

Toute retournée

La terre, la terre, qu’on voudrait maîtriser, domestiquer, asservir, emprisonner, la terre vivante qui se rebelle, qui veut reprendre le dessus, la terre qui refuse qu’on l’enferme, qu’on l’enveloppe, pas même sous un tapis vert, la terre qui veut voir la lumière, le ciel, le soleil, la terre qui se rebelle, qui explose aux yeux de tous, en gerbes brunes, comme un champ de patates retourné, la terre qui se moque des bonnes manières, du qu’en-dira-t-on, des critiques des jardiniers, des sportifs, du public, la terre qui se laisse renaître sous les crampons acérés, qui la griffent, qui la blessent, la terre qui se moque de ces joueurs de rugby qui s’embourbent, qui patinent, à 2m de l’en-but, au point de lâcher le ballon de la gagne, promesse d’essai, qui gicle en avant. Mêlée pour les bleus !

Mô

 

 

 

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Publié le 20 Septembre 2026

Proposition 1

 

Le visiteur inattendu

 

Dans le silence tamisé d'une soirée pluvieuse, vous vous trouvez seul(e) à la maison, plongé(e) dans les pages envoûtantes d'un livre captivant. Le feu crépite dans la cheminée. Soudain, un bruit sourd, contre la porte d’entrée vous fait sursauter. Vous n’attendiez personne. Écrivez une micro nouvelle (1000 mots max).  N’oubliez pas de semer de fins indices pour préparer la chute surprenante !

 

Les textes

 

Je te la laisse !


480 pages pas une de plus, pas une de moins et écrit tout petit ! En plus, je ne sais pas ce que j’ai fait de mes lunettes. Je pourrais faire autre chose, étendre le linge qui se froisse dans la machine par exemple m ais non, je préfère me tuer les yeux et poursuivre ma  lecture. Ce roman de Roblès, tu le commences, tu ne peux pas t’en détacher ! Dehors, il pleut comme vache qui pisse. J’ai oublié de passer prendre le pain en rentrant de l’hôpital. De toute façon, je n’ai pas faim. Je n’ai plus jamais faim. Pas à cause de l’île du point Némo, non, même avant d’attaquer ce bouquin, je ne prenais plus le temps de manger. On pourrait rentrer à deux, sans se tasser, dans mon crapaud. Deux coups frappés contre la porte. Aussi sec, le feu arrête de crépiter. Une coïncidence ou un message des enfers ? 
Si ça tombe c’est un ballon. Il y a toujours une flopée de sales gamins errants, par tous les temps, dans les rues de ce lotissement. A jouer au ballon, au tennis, au skate... Et ça braille ! Là par contre, je n’entends rien, à part l’averse !
Je ne bouge pas. Si c’est vraiment quelqu’un qui veut entrer, il refrappera. Qu’il me laisse au moins finir mon chapitre : La saucisse infernale !
Voilà qu’on remet ça ! Je pose le bouquin de Jean-Marie sur la table basse et je vais voir qui m’enquiquine !
J’ouvre la porte, bien à contrecœur évidemment. Il a intérêt, le fâcheux à avoir une bonne excuse !
La nuit est déjà tombée. Jusque-là, rien d’anormal on est le 28 décembre. Devant moi se dresse une ombre irisée par les gouttes d’eau.
-    C’est à quel sujet ?
L’ombre ne me répond pas. Je repousse la porte. L’ombre, plus rapide que son ombre a déjà  glissé un bâton dans l’entrebâillement. Il force le passage. Me bouscule. Le voilà en pleine lumière. Je le regarde. Il est de dos. Vêtu d’une longue cape noire. Au bout de son bâton : un trident. Il se retourne. Me fait face. Dans son visage grimaçant deux yeux rouges fendus d’une rétine noire. 
-    Décembre n’est pas le mois des carnavals, que je sache.
-    Pas le moment de plaisanter, me dit-il d’une voix caverneuse. Je suis venue te chercher. 
-    Me chercher mais...
-    J’étais à l’hôpital quand tu y es passé. J’ai vu les résultats. C’est pas joli joli. Tiens au fait je te ramène tes lunettes. J’ai touché deux mots à st Pierre, il m’a dit tu t’occupes d’elle, elle est trop mauvaise, je te la laisse !


Mô

Qui c’est ?

Mais oui !  quelqu'un a bien toqué à la porte !

A regret, elle posa son livre sur la table basse. Quel jour sommes-nous ? Je ne l'attendais pas aussitôt. Le mardi soir, il a ses cours d'anglais. Le jeudi son club d'écriture. Tandis qu'elle se dirigeait vers le couloir, elle passa en revue l'emploi du temps de ses neveux…

Le bruit se fit encore plus présent.

- Entrez donc ! cria-t-elle.

Personne ne répondit à l'appel. D’un geste vigoureux, elle ouvrit la porte. Une manche du vieux pin s'était échouée contre le battant du portail et scandait une musique sans relâche. Hésitante, elle tourna la clé dans la serrure. Elle se décida enfin et d'un geste vigoureux, elle ouvrit la porte.

Bénédicte

A table !

Cet hiver de l’an 2000, de la neige, beaucoup de neige était tombé prés du lac de come, Oriana lisait un livre de Guillaume Musso « quelqu’un d’autre ». Elle se lovait dans un plaid épais devant la cheminée, une musique douce complétait le tableau « l’été indien de Joe Dassin ».

Nous avions entamé un paquet de biscuits salés et buvions une pina colada, très parfumée en rhum Damoiseau ou Bologne ; je ne sais plus car on alterne avec les rhums blancs afin de trouver le meilleur pour le meilleur mélange. Soudain une buche dans l’âtre tomba dans les braises avec fracas, puis porte qui s’est mise à grincer de façon inquiétante avec ces rafales de vent, tout à coup on entend un grand bruit comme si quelqu’un voulait défoncer la porte centenaire du chalet familiale. C’était notre neveu Félix qui arrivait pour le Week end les bras chargés de victuailles dans des grands sacs « Fauchon », c’est pour cela qu’il a donné un grand coup de pied dans la porte. Il avait l’habitude des arrivées fracassantes parfois avec ses raquettes aux pieds, parfois avec une hotte de père noël chargée de bonnes bouteilles et des chocolats pour les enfants et pas que, parfois également il arrivait avec un panier chargé de buches de bois de chêne vert et aujourd’hui c’était des produits Fauchon, mais du bio, alors des carottes nouvelles, des champignons des bois type cèpes, chanterelles, morilles, girolles, pieds bleus. Donc on a passé le Week end à faire de la cuisine comme chez Frederic Lopez le dimanche après midi, et notre Félix il a de la gouaille, car sans cesse en sortant ses produits des sacs, il disait : « Alors bande de bouseux, vous avez vu les produits bio de chez Fauchon, ne sont-ils pas exquis, savoureux ».

Lors du repas, arrivés à la poêlée de champignons, Oriana dit : "Je n’en mangerai pas de ces champignons cèpes, chanterelles, pieds de moutons etc. car j’ai peur de faire une allergie."

Félix, gros malin qu’il est dit : "Eh bien moi, je les goutte en premier pour vous prouver que…il ne finit pas sa phrase et tombe à terre, la face rouge comme la braise et il suffoque avant de nous faire un arrêt cardiaque.

Oriana, qui avait suivi les cours de secourisme avec le fameux Alain B, lui prend le pouls et commence à lui faire un massage cardiaque et  surprise !

Félix se relève d’un coup comme si de rien et dit : « Tout est bien qui finit bien  à qui sait attendre ».

Rab34


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Proposition 2

 

Logorallye de rentrée

Voici les titres de certains nouveaux romans sortis en aout ou à paraître en septembre que vous devrez intégrer dans votre texte, dans l'ordre que vous souhaitez :

Contraintes :

•             Écrire un texte de 1 à 3 pages.

•             Utiliser les six titres

•             Le texte doit comporter au moins un personnage et un lieu.

•             Vous êtes libre du genre : réalisme, fantastique, polar, poésie narrative, récit intimiste...

Petit défi supplémentaire (non obligatoire) :

•             Votre histoire doit commencer par une disparition et se terminer par une découverte.

 

L’Adolescence du perroquet, d’Amélie Nothomb / C’était ça ou mourir, de Thélyson Orélien / Un diamant dans les gravats, de Luz / Championne, de Nina Bouraoui / Shanghai, cinq heures quarante, d’Ada Walter / L’Inconnue du quai de Javel, de Philippe Jaenada

Les textes

 

La politesse des miroirs

 

Illustration Solange

Je suis dessinatrice en joaillerie. au début stagiaire j'ai appris à trouver des motifs avec des jeux de miroirs..

Ensuite on peut les dessiner sur  des calques  et l'on peint à la gouache finement tout  l'or.

Puis les perles fines à la manière de Vermeer, avec une goutte de pluie au centre de chaque perle.

Les miroirs aiment les joyaux.

Hier était la journée du mystère.

Dans le miroir de gauche, le diamant avait disparu.

Il fallait impérativement le retrouver " c'était ça ou mourir" me disais-je. Sinon le patron allait me licencier pour vol aggravé de mensonge !

Même un diamant dans les gravats" m'aurait bien arrangée !...

Avant, mon adolescence avait été laborieuse, je ne  pliais à aucune règle et je me contentais d'être comme un perroquet.

J'avais donc eu "une adolescence de perroquet", bavarde et peu studieuse...

Devenue surtout "championne" du bavardage, du baratin fameux sans conséquences...

Mais, cette manie funeste m'a fait parler de cette histoire de diamant disparu à un  presque inconnu.

Je n'en suis pas fière, et à ressasser cette affaire en boucle. L’enquête avait progressé. La police, et tout le saint-Frusquin allait tôt  débarquer, pour la perle, le diamant. L’or, le rêve  multiple des miroirs !

Aaah franchement, j'allais finir ma vie en prison !...

Je me voyais aussi dans le quartier mal famé de Shanghai, après un périple rocambolesque effectué en train, à traverser la Chine profonde  avec ses montagnes de santals et ses nuages muets, à la recherche du  dit diamant.

Je me suis vue par avance, mettre un  premier pied sur le quai de Shanghai, avec à l'horloge annoncée, cinq heures quarante avec au mieux, la grande aiguille enfoncée dans mon cœur affolé.

Non, ce n'était pas possible !

Le diamant ne donnerait pas cette orientation à ma vie !

Tous les miroirs mentent !

Je dois retourner au miroir, je dois vérifier et  mener  ma propre enquête. Secouer tous ces miroirs  délictueux, pour trouver leurs failles, leurs abîmes perdus même pour des joailliers.

Et, la face contre le réel, je leur demanderais de me prêter serment pour toujours : le "serment du prisme," pour ne jamais me déshonorer, moi, promise à un grand avenir fait de luxes de calmes et de voluptés, un serment pour toujours : obtenir la vérité  et m'engager à ne jamais mentir en retour...

Mais il faut tout de même vous le  dire : "J'ai été licenciée".

L'inconnu avait vendu toute  la mèche, on avait  retrouvé le diamant à Londres !

Solange

 

 

 

 

Coco

Jamais je n’aurais dû m’engager à prendre en charge ce bétail ! Un perroquet ! J’aurais mieux fait d’adopter un parapluie, surtout qu’il pleut souvent à Shangaï ! Quand j’ai dit à mes amis que je cherchais à caser Coco pendant un mois, ils se sont tous débinés : des chats, des chiens tant que tu veux mais un perroquet, surtout TON perroquet, il n’en est pas question ! Bon je reconnais que l’adolescence d’un perroquet c’est quelque chose. Surtout celle de Coco. En plus il est caractériel. Je ne l’invente pas c’est son psy qui me l’a dit au bilan du troisième mois de suivi. Je m’en suis aperçu très vite. Non seulement il accumule les conneries mais, en plus, si je lui fais des remarques il me prend de haut ! Comme quand il m’a piqué la bague que m’avait prêté maman. Il est parti par la fenêtre j’ai juste eu le temps de voir la pierre me jeter un éclat désespéré avant de tomber dans les gravats du chantier d’à côté. Va chercher, toi, un diamant dans les gravats ! Là aussi j’avais appelé les copains. On y a passé toute la nuit et la journée du lendemain, c’était un dimanche, on a tous râté la messe et le bon Dieu m’a punie. J’ai dû lui en racheter un diam à maman, c’était ça ou mourir. Elle est pas commode maman. Championne de la rancune, ma mère ! Elle non plus ne veut pas me le garder, mon Coco.

Faut que je trouve une solution, je vais quand même pas renoncer à mon voyage pour ce foutu bestiau !

Là faut que je bouge. Mes bagages sont prêts, je prends Coco et on va faire un tour en bord de Seine. A cette heure matinale, devrait pas y avoir foule ! Ça me donnera peut-être une idée. Le noyer ?

Je lui ai mis sa couche culotte. Il adore se percher sur mon épaule ou sur ma tête quand on se balade. J’ai vite compris et je l’ai équipé. Quand je suis passé devant l’inconnue du quai de Javel - c’est ainsi que dans le quartier on nomme cette SDF – elle était éveillée et prenait son petit déj : un kil de rouge à même le goulot. Elle a rigolé en voyant l’équipement de mon perroquet. J’ai même cru qu’elle allait canner tant son visage est passé du rouge pinard au bleu cyanosé. Elle a même fait un petit malaise. Quand elle a repris ses esprits  –  mais là, je n’étais plus là pour le voir – elle a dû être bougrement contente de trouver attachée à sa poussette la laisse de Coco.

Quand je suis arrivé à l’aéroport, j’étais encore un peu chagrine. Alors j’ai demandé à un employé. Il m’a dit regardez, c’est écrit, sur le panneau : Shanghai, cinq heures quarante !

Il me tarde d’y être paraît que là-bas, pour trois fois rien tu peux acheter des gibbons.

Mô

L’enquête

 

Elle ouvrit la porte de la chambre. La forme d'un corps se dessinait sous le drap. Tiens ! Déjà rentré ! Elle s'approcha du lit. La tignasse brune de Renaud était cachée sous l'oreiller. Inquisitrice, elle s'aventura à toucher le drap. Elle enfonça ses doigts dans le traversin moelleux. Supercherie ! Il n'était pas rentré. Disparu. L'adolescence du perroquet, une période grave et conflictuelle dans la plupart des familles plus jeunes. Il les saoulait avec ses remarques maintenant, bouche cousue ! Il les ignorait complètement. On l’avait soupçonné d’être tombé amoureux d'une inconnue. On disait qu’ils se donnaient rendez-vous au quai de Javel tous les soirs à 5h40, au Shanghai, club asiatique du quartier. Elle n’en dormait plus. Elle voulait savoir qui lui volait la vedette et se mit en tête de le pister. C'était ça ou mourir. Championne dans l'art de la filature, à l'heure dite, elle se rendit au Shanghai. Renaud était là, assis, impatient, nerveux. Il ne cessait de regarder sa montre. Soudain, elle fit son entrée, éblouissante dans sa robe moulante... Au bar on avait reposé les verres sur le comptoir. Bouches bées, ils la reluquaient. Un diamant dans les gravats, pensa-t-elle. Rassurée, elle s'éloigna, sourire aux lèvres. Son ado avait fait le bon choix.

Bénédicte

 

 

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Publié le 15 Septembre 2026

Proposition 1

La porte

Au détour d'un chemin, d'une rue ou d'un couloir familier, vous découvrez une porte qui n'existait pas la veille.

Sur la porte est inscrit : « Réservé à ce que vous n'avez pas osé vivre. ». Vous l'ouvrez.

Racontez ce qu'il y a derrière et racontez-nous.

Avant d’ouvrir la porte, prenez le temps de la regarder : matière, couleur, odeur, traces du temps, serrure, poignée...

Faites appel aux cinq sens. Que ressent le personnage lorsqu'il pose la main sur la poignée ?

Derrière la porte, évitez la première idée qui vous vient. Cherchez ce qui surprend, dérange ou émeut.

Pensez en images plutôt qu'en explications. Montrez ce que le personnage découvre avant d'expliquer ce que cela signifie.

Laissez une place au mystère. Tout n'a pas besoin d'être compris.

Écrire à la deuxième personne du singulier (« tu »).

Ce qui se trouve derrière la porte n'est pas un lieu, mais un souvenir devenu réel.

Le personnage doit choisir : refermer la porte pour toujours ou traverser définitivement.

Merci à Ecriture créative, à qui j'ai emprunté l'idée !

En même temps, je leur fait de la pub !

C'est mérité !

Les textes

 

« La porte »

Paul est stupéfait. Il en est sûr cette porte n’était pas là hier. Une phrase « Réservé à ce que vous n’avez pas osé vivre cet été. » ne laisse apparaître que des traces de lettres gravées au chalumeau. Le bois rouge, brûlé, porte tatouage, de ceux indélébiles que l’on ne peut faire disparaître de la peau. La porte dégage un parfum de cire ambré et diffuse mille crépitements, lucioles subtiles et éphémères dans la nuit d’encre. En galandage, elle semble surgir du mur au gré de volontés inopinées et inconnues.

Intrigué, il s’interroge sur ses capacités mnémoniques. Puis se rassure. Non, il en est sûr cette porte n’était pas là hier. Une blague, c’est une blague ! De qui ? Cela reste à voir. Ce n’est pas urgent. On verra plus tard. En aventurier attiré par la découverte de tout ce qui lui est inconnu, il sourit. Voir ce qui est caché derrière la porte, derrière le miroir, derrière les apparences, derrière les rideaux, derrière les volets clos… C’est toujours derrière qu’est l’intérêt de la vie.  Attiré par l’invite il fait coulisser la porte qui glisse facilement sur ses roulements.

Un souffle vigoureux lui balaye le visage. Une indéfinissable lumière blanche et translucide l’enveloppe d’une chaleur incandescente. Autour la forêt dense bruisse d’une multitude de petits êtres invisibles qui farandolent allègrement au milieu des lianes. Tous sont amicaux, chaleureux et rythment les battements de son cœur. Des notes cristallines vibrent seules le long des troncs vigoureux et se glissent dans les interstices des feuillages majestueux. Il referme la porte.

Il repense à l’interdit gravé sur la porte. Paul sait qu’aucune limite, autre que freinée par sa conscience ne peut l’arrêter. S’il referme la porte pour l’instant, il ne s’interdira pas de l’ouvrir lorsque besoin ou désir s’en fera sentir et qu’un soleil rouge diffusera ses éclats et le regardera droit dans les yeux.

Michèle Roboam

Disparition

C’était une de ces vieilles portes comme l’on n’en voit guère plus. Porte en bois, aux planches vermoulues disjointes à la poignée en métal rouillée qui tient comme par miracle. Ces portes autrefois donnaient sur des masures en ruines.

Là, tu l’ouvris, elle grinça sur le dernier gond qui la retenait et n’avait pas dû bouger depuis des siècles.

Caché par cette porte et découvert subitement,  un mur,  un mur de pierres sèches qui interdisait toute vue intérieure pour autant qu’il y en eut une.

C’est ainsi que tu compris l’inscription en lettres gothiques clouée sur la porte : « Réservé à ce que vous n’avez pas osé vivre cet été ! »

Cet été, je le sais, je t’ai observé, tu as tout osé, tout vécu, d’où ton état actuel aussi délabré que cette porte.

Un exemple, le pays a souffert d’une sécheresse terrible, toi, tu n’as pas été affecté, tu n’as jamais bu d’eau. Tout, tu as tout expérimenté, tout vécu, ou presque : le dernier pas, le saut au bord du précipice tu le sentais souvent bien près d’arriver, mais non. Tu t’arrêtais là frôlant le fil invisible de l’action.

Détruis ce mur,  enlève pierre après pierre et entre  dans cet avenir qui n’appartient qu’à toi, rejoins ceux qui t’ont précédé et te tendent la main.

Tu ôtes en tremblant une à une ces pierres, la noirceur de l’antre n’est plus pour toi aussi profonde, passé présent futur s’y entremêlent dans une ronde sans fin. Ta curiosité sera-t-elle plus forte que ta crainte ?

Un dernier coup d’œil derrière toi et te voilà parti.

Ta crainte a fait place à un sentiment de bonheur, de plénitude. Plus d’illusion, tu es dans le Tout, libéré tu l’as enfin rejoint.

Le lendemain, mais y eut-il un lendemain ?

La porte n’était plus là, l’emplacement où elle était apparue était redevenu normal, boutique interchangeable de fringues début XXIe siècle dans une ville quelconque.

Toi, je ne t’ai jamais revu non plus.

Esmaiaqui

Poussez, madame !

Tu as garé la voiture au transfo. C’est bien. C’est tout près de chez toi. Tu prends la rue Capestang. Elle est d’un triste ! Pas de plantes, pas de chants d’oiseaux. Toujours les mêmes façades au crépi attaqué par un eczéma qu’on croirait contagieux.  Tiens une morte ! Devant sa porte, une table pour laisser ses condoléances et sur la porte de son garage, toujours le même  panneau : Je reviens tout de suite. A mourir de rire ! D’ailleurs tu ris jusqu’à ce que tu découvres, à quelques pas,  une porte qui n’était pas là, la veille. Sur la porte, une inscription  - décidément, on aime communiquer, rue Capestang. Tu t’approches de cette entrée jamais remarquée depuis 21 ans que tu habites ici ! Tu déchiffres le message que des pattes de mouches ont laissé sur le bois dépoli, rongé par les vers : « Réservé à ce que vous n’avez pas osé vivre. »

Tu aimes les énigmes. Tu pousses la porte qui ne rechigne pas à s’ouvrir sur un long couloir répugnant. Des vasistas encrassés retiennent la lueur de cette fin de journée. Tu glisses dans ce couloir sombre. Une douleur s’installe. Tu étais si bien jusque-là ! Tu y serais bien restée toute ta vie. Mais non. Paraît que c’est le moment. Tu entends des gémissements. Des voix. Tu penses à en finir avec la vie avant même de l’avoir connue. Ces neuf mois passés dans le ventre de ta mère, bercée, caressée, aimée, ne suffisaient-ils pas ? Que te réserve l’avenir ? Une lumière crue s’invite, là-bas, dans le fond. Une voix plus forte que les autres te fait sursauter : Poussez, madame !

Elle pousse. Tu nais.

Mô

 Derrière la porte

Tu te trouves devant une porte fermée. Une porte du passé qui a plutôt bien vécu. Sur cette porte est inscrit « réservé à ce que vous n'avez pas osé vivre ».
Tu te poses des questions sur cette porte qui n'existait pas la veille. Et pourtant elle est là, devant toi, fière et solide.
C'est une belle porte en bois. La poignée un peu usée d'avoir été fort utilisée.
Une peinture, à l'origine bleu vif.
Patinée par le temps, devenu pastel aujourd'hui. Tu la caresses pour retrouver des souvenirs lointains. Elle est restée douce et lisse.
Une odeur de vieux bois se fait sentir.
Les traces du temps l'ont marqué. La rugosité de la poignée témoigne de son usage.
Tu restes perplexe face à cette porte.
Pourquoi et comment se trouve-t-elle devant toi aujourd'hui ?
La lumière dorée de septembre vient la caresser et la rendre plus belle. Un vent d'automne souffle à travers les jointures des fenêtres. Il vient t'annoncer la fin de l'été. Sur l'encadrement de la porte une trace de verrou, disparu, l'interdit de franchir le seuil avec lui. Pas de clé dans la serrure, tu ouvres la porte.
Derrière elle, une réunion familiale. Des gens tristes, un deuil, le défunt dans son cercueil. Cérémonie que tu n'as pas vécue, pas osé vivre. Le souvenir du passé ressurgit brusquement.
 
Françoise

Deuxième proposition 

Logorallye de rentrée

Voici les titres de certains nouveaux romans sortis en août ou à paraître en septembre que vous devrez intégrer dans votre texte, dans l'ordre que vous souhaitez :

Ce qui dort sous le camélia - Claudie O. Wetterwald / Ne cherche pas le chaos - Marion Brunet  / Lola va mourir -

Victor Dumiot / Baignade surveillée - Laura Kasischke / Parle-moi de chez nous - Jeanine Cummins / La Piqûre d'abeille - Paul Murray

 

Contraintes :

  • Écrire un texte d’une page maximum.
  • Utiliser les six titres
  • Le texte doit comporter au moins un personnage et un lieu.
  • Vous êtes libre du genre : réalisme, fantastique, polar, poésie narrative, récit intimiste...

Les textes

Platon l'avait bien dit

« Lola va mourir. » Quelle banalité ! Tout le monde va mourir. On commence par un inspire, un grand cri d’effroi lors du passage de l’eau à l’air ! Propulsé d’on ne sait où ! Puis le film se déroule et on chasse l’idée de la fin. On oublie la fatalité de l’issue. Elle terrorise. On ne fait pourtant que cela tout au long de la vie, mourir à petit feu, cuisson lente au chaudron, genre bourguignon. Mourir à la nano seconde qui précède la suivante. Et affronter l’instant présent, funambule sur un fil, se demandant de quel côté sera la chute la moins douloureuse. Inexorablement, vient le jour, l’heure, la minute, la seconde irrémédiables. C’est l’expire définitif. Lola est morte.

Lola plongeait là où flottent les drapeaux rouges de l’interdit.

Plus loin était fièrement planté le panneau « Baignade Surveillée » ! Ce mât flanqué d’un facétieux drapeau vert gonflé par le vent, était balisé par deux métalliques miradors de surveillance. Assis tout en haut, beaux, blonds, bronzés, musclés, à faire pâlir de désir Michel Ange et le Bernin réunis, solaires à la Tom Cruise sur le nez, les maîtres-nageurs sauveteurs se relayaient. Ils surveillaient, comme le lait au feu, intrépides et inconscients qui se risqueraient à transgresser les communales consignes de sécurité. Sécurité ! Le mot est lâché ! Toi Lola qui aspire à la liberté, tu as renoncé intrinsèquement à la sécurité. Les philosophes grecs l’avaient bien dit. Tu as bien appris ton petit Platon illustré Lola ! Pas de liberté à qui s’emmitoufle de sécurité.

Platon l’avait bien dit.

Avant de marcher, elle savait nager. Elle était convaincue d’être une excellente nageuse, comme Dustin Hoffman l’excellent conducteur autiste de Rain man. Toute sa famille l’appelait la petite sirène. Aucun pourtant ne s’était jamais rendu à Copenhague mais l’image soufflait sur elle un vent d’exotisme. On applaudissait ses exploits comme dans les parcs aquatiques le public s’évanouit devant les circonvolutions et les acrobaties des monstres marins domptés. Elle en avait développé une hubris surdimensionnée et regardait tous ses camarades comme phoques ou manchots empotés. Pour eux les zones préservées, surveillées, garanties, celles qui sauvegardent la vie, évitent les noyades. Pour elle la liberté des vastes zones interdites, les grands espaces illimités de l’océan, dits « risqués » par les chochottes. Elle, la wonder-nageuse n’y risquait rien.

C’était sans compter avec Poséidon ou les colères de Zeus.

Souvent, elle déclamait son amour à l’océan comme s’il était son amant. Elle lui écrivait des poèmes ou ce qu’elle considérait comme tels. Elle dégustait, comme on laisse fondre un bonbon dans la bouche, la violence effervescente des typhons puis l’apaisement lancinant des marées. Son regard transparent se perdait dans l’infini horizon. Elle imaginait un sourire enjôleur qui l’attirait à la tombée du jour. L’océan lui susurrait des mots doux. Elle écoutait les vagues murmurer son nom dans un chant d’amour. Le bleu de l’océan berçait ses blessures, la consolait et calmait sa fougue. Exaltée, l’océan devenait sa muse. Elle se perdait dans ses reflets entre rêve et vertige. La moindre de ses pensées était happée par les abysses enveloppants. L’océan rythmait, son souffle. Son absence n’était que chagrin.

Sortir des illusions

Son grand-père un jour, craignant qu’elle frôle la démence lui dit : « Parle-moi de chez nous ». Il espérait la faire revenir à des considérations plus terre à terre, à la matière, au monde réel, combattre ses délires et la faire sortir des illusions. Chez eux la vie se déroulait simplement. Ni riches ni pauvres, ni cultivés ni incultes, un entre-deux lénifiant. Un attachement sans faille aux racines, aux ancêtres, à la terre. Lola ignorait tout de sa famille. S’en désintéressait. Chez eux n’était pas chez elle. Ce milieu était insupportable pour la Lola fantasque qui se projetait dans un destin exceptionnel, sans toutefois en définir les contours. Attendre la bonne fortune. Solliciter la chance et en être arrosée copieusement par addiction à l’astrologie, au grattage de tickets de la chance. Que tout tombe du ciel à foison ! Insatiable ! Un rêve de célébrité en restant immobile. Un glorieux destin lui était promis. Quand bien même les mauvais génies du monde, forcement hostiles, dresseraient leurs herses cruelles en travers de ses espérances, rien ne l’atteignait. Seul son amour, l’océan la comprenait.

Parole de Patriarche ou langage des fleurs

Il lui raconta sa jeunesse rebelle, l’exil lacéré de son chapelet de difficultés, sa rencontre avec sa grand-mère et leur installation sur la terre promise. Il lui raconta comment vagabond il errait, dormait, dans les champs, sous les arbres à frondaison généreuse, au bord des routes, sur les chemins pierreux jusqu’au jour où il croisa un camélia. Il ignorait tout de ce buisson, n’en avait jamais vu dans ses lointaines contrées d’origine. Une attirance inattendue le conduisit à s’agenouiller devant le buisson. Réminiscence du fond des âges, qui sait ? Puis à s’allonger dessous, à y passer plusieurs nuits.  Son univers se trouva bouleversé par cette hivernale vision surnaturelle.

Sais-tu petite fille « Ce qui dort sous le camélia » ? Lola écouta sans mot dire. La blancheur immaculée de la fleur, la géométrie des pétales portent en elles la pureté d’une belle âme, celle d’un chef d’œuvre de la nature. Cette fleur ne dégage aucun parfum, ne pointe aucune épine hostile, du coup petite fille, n’y vois-tu pas l’emblème de l’élégance, de la perfection, de la distinction. Je crois que camélia incarne la pureté, l’absence d’artifice. Pense que cette plante qui ne fleurit qu’en hiver quand toute la nature est endormie nous dit le courage, la persévérance. Ces attributs, ma Lola, furent un exemple pour moi tout au long de ma vie et je souhaite qu’ils le soient pour toi maintenant.

Le « Dieu Chaos »

Pour l’avoir éprouvé dans sa jeunesse, il ajouta en guise de supplique « Ne cherche pas le chaos » petite fille. Lola l’observa longuement. Elle savait que chaos signifiait ordinairement un état de confusion, de désordre. Elle ne se reconnaissait pas dans cette allégation du patriarche. Elle attrapa son smart phone et interrogea son fidèle compagnon à l’artificielle intelligence. Elle y découvrit que le Dieu Chaos ouvrait des espaces infinis. Qu’il était le Dieu primordial. Qu’il régnait sur l’espace vide avant même la création du monde et des dieux. Elle se souvint vaguement de ses années de catéchisme où les premiers mots de la Genèse étaient « Au commencement la terre était vague et vide ». Alors pensa-t-elle c’est le lieu de tous les possibles, un état de potentialité, une source d’inspiration, un espace où n’existe aucune structure figée, propice à laisser éclore la création, une matrice vierge à cultiver.  C’est mon lieu pensa Lola ! C’est mon océan !

Tohu va bohu !

Dans ce capharnaüm la vie est un « Jeu / Je ». On ne connaît jamais l’issue de la partie. On ne connaît pas même les règles du jeu. On tente de les inventer à chaque pas. On y croit. On croit à l’immortalité. Lola y croyait là allongée sur la plage, au bord de son océan adoré.

Avant de se jeter dans ses bras voluptueux, elle repensait aux conversations qu’elle avait eues avec son cher grand-père. Son regard fut attiré par un cheval qui arrivait au grand galop sur la plage. Elle fut émerveillée par l’élégance et l’allure du pur-sang, sa vélocité exceptionnelle. Il semblait flotter au-dessus du sable, une ombre qui fendait l’air. Il volait. La plage frémissait sous la foudre de ses sabots. On aurait dit une tempête soudaine, portée par un souffle invisible. Sa crinière flottait comme une flamme soufflée par un vent barbare. Elle était fascinée par la grâce sauvage de l’apparition. Dans son sillage une lumière incandescente se projetait, genre de queue de comète. Lola saisie, anesthésiée, transportée sur les ailes de l’animal qui l’emportait loin du monde insipide et de ses tracas, n’entendait plus rien. Elle était subjuguée par l’apparition surnaturelle.

Elle resta sourde au murmure, à la vibration suspendue, au bourdonnement hostile, vindicatif qui l’approchait. Elle ne vit pas la beauté du corps d’ambre et de velours sombre qui caressait l’air acre et iodé avant de commettre son meurtre.  

Lola ne sentit pas « La piqure d’abeille » fit un œdème de Quincke. Sur la plage déserte Lola est morte sur le dos de Pégase en majesté.  

Michèle Roboam

 

 
Le hérisson

Illustration Françoise

 
Lola va mourir, piquée par une abeille, allergique, elle ne survivra pas.
Bien triste fin que la sienne.
Ne cherche pas le chaos me dis-tu.
Je ne cherche rien, c'est lui qui me suit.
Parle-moi de chez nous, de la plage de nos étés, baignade surveillée.
De nos jeux de ballon, des repas champêtres, des retrouvailles familiales.
Du petit voisin, turbulent au possible. Des fleurs du jardin, le regard bienveillant de grand-mère me disant : " Va donc chercher ce qui dort sous le camélia ".
Un peu inquiet, je me suis faufilé vers ce buisson feuillu. Et qu'y ai-je trouvé ? Un hérisson craintif, petit animal fétiche de Lola.
 
Françoise

C’était pourtant bien parti !

On avait bu plus que de raison. Faut dire qu’il  faisait chaud et que l’eau de robinet avait un goût, alors Rab34 nous avait sorti tous ses rhums, les blancs, les ambrés, les jeunes, les vieux, et ceux qu’il avait coutume d’appeler les jus de fruit génétiquement modifiés. Ça riait, ça chantait, ça se baignait dans la piscine qui n’avait jamais autant menti que ce jour-là en arborant une pancarte : Baignade surveillée. Lionel et Rab qui avaient longtemps vécu dans les territoires d’outre-mer n’arrêtaient pas de se lancer le même défi : « Parle-moi de chez nous ! » Et c’était à celui qui évoquerait le souvenir le  plus original, celui qui faisait regretter aux autres invités de n’avoir jamais osé partir conquérir le monde. Les récits cessèrent  avec la piqûre d’abeille. Ce fut Christiane qui en fit les frais. Elle poussa un hurlement qui résonna dans tout le quartier. Lionel lui intima l’ordre de se calmer au plus vite, qu’elle n’allait pas alerter les secours pour une petite piqûre de rien du tout. Comme il avait plutôt un vocabulaire châtié, même bourré, il lui cloua le bec par un : « Ne cherche pas le chaos ! » Tout le monde était réuni : On alla lui chercher du vinaigre, on l’aspergea. Un remède qu’avait préconisé Lola lors de leur dernier  rassemblement. Lola, l’infirmière à la retraite depuis déjà 25 ans.

-  Mais au fait ! Où passé Lola ? 

-Pas vu depuis belle lurette.

- C’est pas ce qui dort sous le camélia ?

En effet, recroquevillé sous le camélia il y avait bien quelqu’un. On s’approcha, c’était bien Lola !

- Lola va mourir !

- Non Lola est morte.

Mô

 

Le cri

Un cri a retenti dans toute l’agglomération : Lola va mourir ! Lola se meurt ! Lola est morte !

Elle était à la plage, heureusement dans une zone de baignade surveillée.

Elle a quand même failli se noyer, les sauveteurs l’ont ramenée sur le sable à temps.

Elle qui s’émerveillait de tout, était là bouche bée devant tant de dévouement. Une abeille passait par là, une abeille est entrée curieuse dans la gorge, puis colère de ne pouvoir sortir elle a piqué…

Et Lola est morte d’une piqûre d’abeille.

Quelle tristesse autant valait ne pas déranger les sauveteurs.

Ne cherche pas le chaos dans tout cela, c’était le destin. Il n’en pouvait être autrement. Ce qui devait arriver arrive, pour une fois elle ne bée plus.

A moins que Camélia (son ami masculin de toujours amateur de sieste sous un camélia dont on a pris l’habitude de le plaisanter en disant qui dort sous le Camélia, c’est Camélia !) ne prenne la relève de la béance. Lola passera à la trappe des souvenirs.

Comment dis-tu ? Parle-moi de chez nous ? Mais c’est ce que je ne cesse de faire.

Esmaiaqui

 

La Mort De Lola

Lola va mourir. Le policier est là qui veille au grain. Elle doit mourir de sa belle mort. On tire sur Lola, elle meurt. Lola dort sous le camélia, elle y est enterrée, dans son propre jardin.

C’est le chaos, on doit déterrer le corps de Lola pour l'expertiser. Il ne faut pas chercher le chaos. Lola s'était baignée avant de mourir. Elle avait été piquée par une abeille. Tout cela ressort dans l'expertise du policier chargé de l'enquête. Parle-moi de chez vous, c'est le policier qui demande cela au neveu de Lola. Chez vous, c'est chez Lola. Ils y trouvent des bricoles comme certains livres ésotériques, des objets hétéroclites :  des lampes, des petits clowns.

Le policier cherche mais ne trouve pas celui qui a tué Lola. Lola est bien morte. L'homme qui a tiré court toujours. Mais le policier a un soupçon : son neveu pour hériter de cette grande maison. Il le presse de questions. N'en pouvant plus l’homme acculé avoue que Lola souffrait trop et qu'il a voulu mettre fin à ses souffrances. Le policier est soulagé.

Peu de temps après, il est nommé commandant en chef. C'est un homme, efficace, bon qui saura bichonner son équipe.

Rab34

 

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Publié le 15 Septembre 2026

C'est la rentrée !

 

Proposition 1

Histoire de se mettre en jambes et de se casser la tête, une proposition effrayante :

Le terreur des ateliers d'écriture

Restons habillés même s’il fait très chaud !

Par contre, déshabillons l’atelier d’écriture !

En utilisant uniquement les lettres d’Ateliers d’écriture, exprimons la terreur que nous éprouvons en entamant ce premier atelier de la saison !

 

Les textes

 

TERREUR à l’atelier d’écriture de Sète

 

Elle râle, seules, ces lettres : ACDEILRSTU

L’autre :

- Ecrire ces lettres ! D’autres ?

Elle :

- Celles-ci et tu te tais !

L’autre :

- ça casse les idées, ces lettres

Elle :

-Tu te tais !

L’autre :

- C’est dur ! Très dur ! Si dur !

Elle :

- Ecris, relis ! Ecris ! RELIS !

La tête triste de l’autre délire : Elle, la tuer. Tuer celle à l’iris de rate délurée, le cul de truie crédule. La seule sortie : la détruire, la trucider, la détailler, la cuire, la réduire.

Et laisser les idées ressusciter : Ecrire et rire !

Mô

 

 

A la terreur d'écrire, des rires et des cris, déçu de lire, triste de dire " la clé de la cité résiste ".

L'artiste reste là, sûr de lui.

Il crie ! Très seul, il est.

Françoise

Proposition 2

Autour de L'île du Point Némo*

Il y a d'abord : Jean-Marie Blas de Roblès
Né(e) à : Sidi-Bel-Abbès, Algérie , 1954, il est philosophe et écrivain français.
Il arrive en France après le rapatriement des Français d'Algérie. Il suit des études de philosophie à la Sorbonne et des cours d'histoire au Collège de France. Après ses études, il part au Brésil enseigner et prend la direction de la maison de la culture française à Fortaleza. Il reçoit le prix de la nouvelle de l’Académie Française pour son recueil "La Mémoire de riz" (1982).
En 1987, il est en Chine Populaire et fait paraître "L’Impudeur des choses", son premier roman. Après un séjour au Tibet, il rejoint sa nouvelle affectation à l’Université de Palerme en empruntant le Transsibérien.
Membre de la Mission Archéologique Française en Libye depuis 1986, Jean-Marie Blas de Roblès a participé chaque été aux fouilles sous-marines d’Apollonia de Cyrénaïque, de Leptis Magna et de Sabratha en Tripolitaine.
C’est en 2008 que le grand public découvre cet historien philosophe, ce grand voyageur archéologue avec l’inoubliable "Là où les tigres sont chez eux", véritable roman-jungle qui joue à merveille des mises en abyme et des vertiges distingué à cette occasion par le Prix Médicis et le Prix du roman Fnac. Ce roman est le fruit de dix ans de travail.
En 2014, il sort, toujours chez Zulma, un roman d'aventures foisonnant, "L'île du Point Némo". En 2016, il fait partie du comité de rédaction de la revue Apulée avec Hubert Haddad et Yahia Belaskri, publiée chez Zulma. Spécialiste de la Libye, il publie en 2016 un récit qui part sur les traces de l’archéologue et explorateur Jean-Raimond Pacho qui parcourut le pays au XIXe siècle.
En 2020, il publie un roman moins picaresque "Ce qu'ici-bas nous sommes". Le 5 juillet 2021, il reçoit le Grand prix de littérature de la Société des gens de lettres pour l'ensemble de son œuvre.

*Le point Nemo est l'endroit de l'océan le plus éloigné de toute terre émergée sur la planète. Il  se trouve dans le sud de l'océan Pacifique.Les terres les plus proches sont situées à environ 2 688 kilomètres (comme l'île Ducie). Les humains les plus proches ne se trouvent parfois pas sur Terre, mais dans la Station spatiale internationale qui orbite à environ 400 kilomètres d'altitude. Son nom vient du capitaine Nemo de Jules Verne, et nemo signifie « personne » en latin.

Puis il y a son fameux roman : L'Ile du point Némo

Découvrez une usine de cigares dans le Périgord noir, embarquez à bord du Transsibérien, grimpez dans un dirigeable, poursuivez votre périple en sous-marin à la recherche du diamant volé de Lady MacRae. Et croisez au fil des pages un dandy opiomane, l'ignoble monsieur Wang, une épouse nymphomane et frustrée, l'insaisissable Enjambeur Nô. Quelle folle imagination a pu faire naître un tel roman ?

"Ce roman est un hold-up. Un roman d'aventures total, tourbillonnaire, abrasif. Quelle lecture ! Quelle leçon d'imagination ! Quelle maîtrise de la vitesse !" Le Point

Je suis totalement d'accord avec cette critique et pourtant... Il s'agit d'un roman de 470 pages et 72 chapitres !

Il ne m'en a pas fallu davantage pour imaginer cette proposition d'écriture : Vous tire au hasard trois titres de chapitre du roman, Vous en écartez un. Si vous comptez bien, il vous en reste deux ! L'un sera le titre de votre récit, l'autre en sera l'incipit.

Les textes

 

Le monstre de la mer Caspienne

« Le cycliste infernal » met les bouchées doubles. Il a couché son vélo dans les hautes herbes, le temps d’engloutir douze carpes que son trident a chopé. Le fameux trident que son père lui a offert pour ses 100 ans. Devant Little Satan, la mer Caspienne frémit. Il ne lui manquait plus que ça, à la mer Caspienne d’avoir les chocottes en reconnaissant ce visiteur venu tout droit des enfers. Déjà qu’elle avait mauvaise réputation, que les touristes la fuyaient depuis l’apparition du monstre dans ses eaux dormantes !

La mer Caspienne frémit donc et le cycliste infernal rote en détachant d’une griffe la dizaine d’arêtes coincées entre ses dents.

De ses yeux flamboyants fendus d’un iris noir, Little Satan a repéré le mouvement de l’eau qui s’amplifie. A la manière de son cousin Nessie, c’est en ondulant que Caspie, le monstre de la Caspienne se déplace. Il approche de la rive. L’eau enfle, déborde, fauche Little Satan qui, le dos tourné, s’apprête à reprendre sa monture. Le voilà entraîné. Il a beau prier son père tout puissant, il est emporté. Lui, indestructible au milieu des flammes, il est sans pouvoir au milieu de l’eau. Nul ne lui a pas appris à nager ! Soudain, la gueule du monstre surgit, grande ouverte. Little Satan a juste le temps de voir la triple rangée de crocs acérés avant d’être saisi et mastiqué lentement, avec gourmandise par Caspie.

Sa dernière pensée ira dans les tréfonds de l’enfer :

- Père, pardonne-lui, il ne sait pas ce qu’il fait.

Mô

 

Les renardes
Sous le ventre du renard, le renardeau blond gémit. Il appelle sa mère, partie « jouer aux poules », comme on dit dans la région de Lunas.
Papa Renard ne rassure pas, n’explique rien. En bon père de famille, il dresse le nez au vent. Il renifle le vautour fauve et la délicate odeur de la paysanne qui veille sur ses œufs.
Depuis quelques jours, il ne mange que des châtaignes farineuses. Mais si la manœuvre réussit ce soir, la nichée dormira le ventre plein dans un terrier de plumes.
Ils se lèchent les babines.
D’un coup de patte, le père fait taire le petit.
— Chuuut… Les mamans travaillent.
Silencieusement, les renardes rousses longent la terrasse du mas, échappant au regard de la maîtresse de maison qui, en costume de nuit, profite de la douceur du soir.
Elles contournent le secadou, se glissent sous le prunier, puis descendent la ruelle, tapies au fond du fossé. Enfin, elles se figent devant l’enclos.
Elles connaissent bien l’endroit.
Elles viennent souvent y rêver, attirées par l’odeur forte des cuisses dodues, des cous graisseux et des crêtes encore rouges de sang.
Au loin, les chiens hurlent en tirant inutilement sur leurs chaînes.
Un fil brillant sous la lune retient les chasseuses. Elles le savent : le toucher brûle la peau, déchire le museau.
Mais la faim est plus forte que la douleur.
Perdant toute prudence, elles se précipitent vers le poulailler. Elles bondissent, franchissent l’obstacle.
Le piège a fonctionné
La cage est fermée. Impossible de s’échapper.
C’est terminé.
Au loin, dans le terrier, le renardeau se remet à pleurer.
Sa mère ne reviendra pas ce soir.

Le Soleil va se lever la biche et son bicheton traversent la prairie jusqu'au point d’eau. Les brebis s'apprêtent à rejoindre les herbages. Les lumières du mas s'allument, une à une, dans le poulailler, entourées des centaines de paires d’yeux ronds,  les étrangères du matin regardent tristement la forêt. 

Alain

Leibniz est un crétin.

 

« Un peu de buée sur le verre de ses lorgnons, » il regarde autour de lui. Apeuré, il cherche une issue.

Une issue de secours peut se révéler être un piège.

Tant pis, sa vision est troublée, il n'a plus le temps.

Il prend le risque d'essayer.

Le couloir sombre, glauque, n'en finit pas.

Il s'épuise, l'humidité lui colle à la peau.

La respiration courte, haletant, il rampe à présent dans un tunnel inondé.

Il a peur, est-ce qu'il va s'en sortir ? Rien n'est sûr. Il ne peut plus faire demi-tour. Le tunnel se rétrécit à nouveau.

Plus d'eau, il a du mal à avancer.

Il s'obstine, avance, se griffe, pousse des cris de terreur.

Au loin, il lui semble apercevoir un peu de lumière. Un court instant, l'espoir revient.

Enfin, il arrive au bout de sa course. Il se croit sauvé. Mais il se trompe. Devant lui, un brasier de plume noir l'enveloppe.

Françoise

 

La terrible vengeance de la truie afghane

Martyrio, la « femme-obus », n’était pas de bonne, ce jour-là. Une prémonition ? La représentation s’annonçait difficile. Pourtant, elle avait l’habitude. Trois ans, qu’elle avait été embauchée dans ce cirque afghan qu’elle avait croisé par hasard.

Après avoir sommairement pris ses mesures, toute la clique avait présenté un visage enturbanné et hilare ! Elle avait les mensurations requises pour le boulot qu’ils lui réservaient. D’abord, elle avait cru qu’elle serait la nouvelle écuyère ou l’équilibriste de la troupe. Elle avait dû vite déchanter : elle serait, dans l’urgence,  la nouvelle femme-obus.

La dernière s’était quelque peu laissé aller à goûter les pâtisseries orientales et avait pris tellement d’embonpoint qu’on avait de plus en plus de mal à l’enfiler dans le fût du canon. On ne ménageait ni les manœuvres ni les insultes : Rentre ton ventre grosse truie ! A force de manger, tu ne pourras plus remonter à la surface ! Et on l’avait licenciée sans le moindre dédommagement.

Faut préciser que les femmes-obus de ce cirque n’étaient pas expédiées dans un coin de désert sablonneux  ou sur les pentes rocheuses d’un relief ! Non, on avait le souci d’orienter le canon vers la retenue d’eau qu’on appelait bassine (comme quoi, les agriculteurs de Lozère n’ont rien inventé !). Ainsi on pouvait récupérer l’artiste dès qu’elle avait donné le coup de talon nécessaire pour qu’elle remontât à la surface.

Martyrio avait vite pigé le truc.

Aujourd’hui, alors qu’elle est ficelée comme un saucisson de l’Ardèche, deux afghans l’enfilent dans le fût. Sans se poser plus de questions qu’à l’accoutumée, l’un d’entre eux présente la torche, allume la mèche.

BOOM !

C’est l’explosion qui fait sauter non seulement le canon mais aussi, Martyrio et tous ses partenaires circassiens rassemblés sur la piste.

Si l’on prend soin de bien écouter, une fois la détonation gommée des tympans, on peut entendre, dans le public, plus ou moins touché par les éclats et gémissant à mi-voix,  le rire sardonique d’une grosse truie, celle qui, la nuit dernière, s’est glissée dans le cirque pour mettre au point sa redoutable vengeance.

Mô

 

La Sainte chemise de la Vierge

Trop membré pour engrosser une fille. C’était la réputation qu’il traînait derrière lui.

Elle, elle était fine, sa chemise sur les hanches.

Elle connaissait le gars. Il lui fit des mimiques. Il la déshabillait du regard. Elle avait de petits seins que l'on voyait sous sa chemise. Elle était Vierge. Sa chemise la protégeait. C’était une sainte chemise. Il hésitait à l’embrasser. Puis tout à coup, il le fit et ce fut  un régal. Elle se laissa faire. Son sexe enflait bien de trop. Il l'avait déshabillée. A regret, elle dut quitter sa Sainte chemise. Comme il faisait chaud, elle ne le regretta qu’à moitié.

Il donna plusieurs assauts. Il n'arrivait pas à la pénétrer. Son membre était trop gros et, elle, elle avait un petit trou. De désespoir, il banda un peu plus. A force d'essayer, il éjacula à côté. Il poussa un juron. Elle ne dit rien mais ne prit pas de plaisir.

-              Ouf ! C'est fini ! dit-elle seulement.

Lui était dégouté. Il s'en alla de son côté, sans même lui parler.

Elle renfila sa Sainte chemise.

Vierge, elle resta.

Annick D

 

Proposition 3

On change de décor !

Pour cette proposition nous voici transportés dans les vignes du Château de La Peyrade, invités par Bénédicte qui craignait pour nous un collapsus collectif, à écrire dans la petite salle de Chateaubriant à Frontignan.

Va pour le château ! On est plutôt gâtés !

Alors on en profite. On regarde, on hume, et on laisse nos plumes courir, inspirées par le tableau qui s'offre à nos yeux. Pas plus de contraintes !

Les textes

 

La chanson du vendangeur

 

Vendangeur ensoleillé,

la colle avance bien,

il ne faut pas traîner.

Coupe, coupe,

sauf le vert jus, bien entendu !

La consigne est claire,

le geste facile à faire :

tu saisis, tu coupes.

Coupe, coupe,

sauf le vert jus, bien entendu !

Les deux mains sur les reins,

la sueur sur le front,

tu souffles, tu râles, tu geins.

À tes pieds, le seau est plein.

Coupe, coupe,

sauf le vert jus, bien entendu !

La benne est là, vibrante,

dans l’odeur de gasoil,

ogresse couverte de rouge,

au ventre débordant.

Coupe, coupe,

sauf le vert jus, bien entendu !

Prête pour la cave,

la pesée, les degrés.

Le raisin fait le poids :

par ici la monnaie !

Coupe, coupe,

sauf le vert jus, bien entendu !

Sur les cailloux pointus,

les chevilles se tordent.

Parfois, le bout du doigt rougit :

le muscat se mérite !

Coupe, coupe,

sauf le vert jus, bien entendu !

Quelques grains dans la vigne

quand le raisin vole bas,

quelques fontaines improvisées,

quelques secondes de fraîcheur volées.

Coupe, coupe,

sauf le vert jus, bien entendu !

Enfin, c’est la dernière,

l’ultime, tout au bout.

Le sécateur se ferme…

jusqu’à l’année prochaine.

Coupe, coupe,

sauf le vert jus, bien entendu !

 

Alain

 

Accident au Château

La vigne respire à nouveau. Elle a tout entendu, mais elle ne dira rien. Elle trébuche dans la terre sèche.

S'il lui arrive un pépin, Stanislas aura raison de se mettre en colère. Elle est maigre. C'est un sarment asséché et assoiffé. Stanislas, le bourré du château, avance à son bras avec la vieille. La canicule persiste et la châtelaine décline.

Ce furent ses dernières vendanges, et celles de l'amour sont si lointaines. Cette femme est sèche comme un cep. Mais son cœur pense encore à son compagnon, tombé dans la comporte. La machine a broyé son amour, l'amour de sa vie. Ce fut cette année-là la meilleure récolte depuis des décennies.

On dit que quelques fragments d'os émergent à l'anniversaire de la mort de son époux. De vignes en vignes, le souvenir reste.     

Krikri

 

Qu’est-ce qu’il fout là, le chasselas ?

Aujourd’hui, 7 septembre, la vigne est enfin au repos.

Après le chahut et les jacasseries des vendangeurs, les ceps profitent de ce repos bien mérité sous un ciel voilé et une brise légère.

Certains se sont même assoupis. Mais la sieste est de courte durée !

Ne voilà-t-il pas qu’une horde de pseudo écrivains - à l’invitation des vignerons - s’attablent pour leur premier atelier de la saison. Et que ça s’embrasse et que ça rigole ! Y en a même qui s’échappent parmi les rangs de vigne et goutte, en veux-tu en voilà, des grappes oubliées par ci par là.

Ça goutte, ça s’extasie, ça compare, ça se délecte de sucre, de saveurs. Ça reconnais l’inévitable Muscat, évidemment, ça fait les connaisseurs : Ce ne serait pas du Fortant ? Ça doute : Quasiment la même saveur que le muscat... Du Gewurtz, peut-être ? Bénédicte, l’hôtesse applaudit. Ça se casse le nez sur une grappe, trouvée là-bas au fond d’une rangée. Krikri, qui a vécu longtemps dans le Tarn et Garonne, non loin de Moissac, reconnait sans hésiter le Chasselas à la peau fine et dorée. Elle se retourne vers Bénédicte et lui lance :

Mais qu’est-ce qu’il fout là, le chasselas ?

Mô

 

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Publié le 15 Septembre 2026

Merci Maïté

Mazet 26

 

 

«  Les mots? Ce ne sont pas des mots mais des choses ! »

Jean Tardieu

 

 

Encore une fin de saison fêtée dignement dans le cadre fastudieu du mazet de Maïté

Voici un petit aperçu de nos délires alimentés par notre cuisinière favorite, Marie-France, arrosés par notre Madelon préférée, Bénédicte, et cadencés par les artistes : Pascale et Alain.

Merci à elles, à lui, et merci à vous écrivaillons chéris et accompagnateurs souriants et patients !

 

Mô

 

 

30 juin

Merci Michel !

Des définitions de Michel Laclos nous fournissent les mots à utiliser impérativement, un point c’est tout ! Une micro nouvelle, un conte, à nous d’écrire.

Artiste en vue : Paysagiste

Tel père tel fils : Dumas

Chatouiller : Titiller

On y trouve le calme ou un monde fou : Asile

Planche de salut : Agenouilloir

Moqueur : Goguenard

Fait réfléchir : Tain

Pot au feu : Urne

C’est merveilleux de voyager comme ça à son âge : Alice

Proposition 1

 

Merci Michel !

Des définitions de Michel Laclos nous fournissent les mots à utiliser impérativement, un point c’est tout ! Une micro nouvelle, un conte, à nous d’écrire.

Artiste en vue : Paysagiste

Tel père tel fils : Dumas

Chatouiller : Titiller

On y trouve le calme ou un monde fou : Asile

Planche de salut : Agenouilloir

Moqueur : Goguenard

Fait réfléchir : Tain

Pot au feu : Urne

C’est merveilleux de voyager comme ça à son âge : Alice

Les textes

 

NUL BESOIN D’AGENOUILLOIR

Goguenard, il exhorte.

Dans l’herbe qui crépite de mille crissements, de frottements d’élytres, Dumas s’est relevé et aboie violemment.

Tout autour point d’asile, nulle voie pour échapper au regard dominateur.

A présent il exige, et Alice se tait, les insectes itou. L’air même ne coule plus tenu en son aorte. Rien non rien pour titiller le silence moite et oppressant.

Alors il réalise que sa brutalité n’est pas de circons-tance. Chacun est asservi mais personne ne le sert. Lui, tout ce qu’il voudrait, c’est figer cet instant. Oui mais là au moment, point de paysagiste.

Alors trempant son doigt dans le miroir du bassin d’agrément, il en chiffonne le tain, effraie les poissons rouges, puis prenant de la cendre dans l’urne de métal, il peint sur la margelle l’enfant et puis les fleurs.

Là, tout se radoucit, Alice tape des mains, lui affiche un sourire et les insectes alors reprennent leur harmonie.

Nic

« Dumas »

Le paysagiste part à travers les hautes herbes roussies par la chaleur de l’été. Sur le chemin sec son pas est lourd. Sur son dos la sangle du chevalet désarticulé marque son sillon. Sur son épaule pèse un coffret de bois rouge marqueté de loupe d’orme. Dans le coffret des mystères. Une explosion de mystères encore informes, poudres multicolores prêtes à s’envoler au moindre souffle éolien. Et puis des brosses ébouriffées qui cherchent un lieu, un temps à saisir.

Il se nomme Dumas. Cela aurait pu être Dupont, Dubois, Durand... Nombre de patronymes courants, ordinaires. L’homme sait qu’il est célèbre et se demande à quoi tient sa renommée. Si peu de chose. Peut-être parce qu’au fil des années il a jeté à vau-l’eau pinceaux, fusains et toiles. Peut-être parce qu’il a finalement mis la main sur quelques calames, encres et riches vélins. Peut-être parce qu’un jour il a orienté son génie créatif vers l’écriture.

Désormais il titille ses paysages avec des mots. Il les crée de toute pièce. Il voyage fait des tours et détours par des lieux inconnus. Il embarque avec lui une petite foule dans ses aventures rocambolesques ou tragiques. Des princes, des bourgeois, du peuple se mêlent, des bons et des méchants s’entremêlent pour mener à bien des projets plus ou moins subtiles.  Il en trucide certains d’un coup de poignard dans l’aorte. En enferme d’autres à l’asile ou en prison, dans les bas-fonds parisiens ou provinciaux, durant des années interminables. Tandis que d’autres, mantille en tête, fréquentent assidument les agenouilloirs rêvant du retour de l’être aimé. D’aucuns tentent goguenards de se sortir glorieux de tant de traquenards, de trahisons, de bassesses.

Mais rien n’échappe au miroir cruel et sans tain de la vie et des romans. Tout est observé de l’autre côté de la rivière qui méandre sournoisement jusqu’à l’issue fatale. Satisfait, il pose son stylo sur le mot « Fin ».

Michèle Roboam

Dernier hommage

Lorsqu’Alfred Dumas entra dans l'église, il comprit immédiatement que rien n'allait se passer comme il l'avait imaginé. L’agenouilloir habituellement libre était occupé par une jeune fille d'une dizaine d'années. Elle serrait contre sa poitrine l'urne que tout le monde cherchait depuis la veille au soir. Il s'approcha lentement d'elle et reconnu Alice la fille du paysagiste installé depuis peu dans le quartier. La demoiselle avait les yeux baissés, dans une attitude de pieu recueillement mais il lui sembla percevoir sur le visage de la donzelle un rictus goguenard au coin des lèvres enfantines.

Il faillit faire demi-tour et courir prévenir l'équipe de gendarmerie qui quadrillait le village et les environs. Mais il se ravisa. Lorsque les autorités auront récupéré la gamine, ils allaient la mettre au secret et lui ne sauraient jamais ce qui s'était réellement passé la veille à la sortie du funérarium. Ne pas savoir lui semblait intolérable.  La curiosité le titillait. Il s'approcha lentement de la fillette, et posa délicatement une grosse main sur l’épaule.  Elle tressaillit mais ne chercha pas à s'enfuir.

- Au moyen âge, on pouvait se réfugier dans les églises et demander asile. C'est la maîtresse qu'il a dit.

Aussitot Elle se mit à crier " Asile asile"

Alfred lui expliqua calmement qu'elle ne risquait rien, qu'il ne lui ferait pas de mal, mais qu'il fallait rendre l'urne à la famille. Elle grimaça

-  "Il vont la jeter dans la rivière, j'ai entendu le gros Maurice le dire. J’étais cachée derrière le miroir sans tain. Je veux pas qu'on la jette dans l'eau Mamy Croquette. Elle aime pas ça  l'eau, sauf avec le pastis qu'elle dit.

C'est pas parce que l’ Aorte a lâché comme a dit le docteur qu'il faut faire n'importe quoi avec Mamy croquette. Alors moi j'ai volé la boîte. Je l'aime bien Mamy Croquette.  C'est ma boîte maintenant, je ne la rendrai pas. "

Elle serra l'urne encore plus forte contre son cœur

Alfred ressortit de l'église et referma doucement la porte derrière lui. La famille pouvait bien attendre un peu pour le dernier hommage.

Bertin Alain

Expérience psychiatrique

Il titillait la pauvre bête de la pointe de son bâton. Son air goguenard rendait la scène outrancière ; on aurait dit qu’il sortait de l’asile. On voyait, à chacune de ses tortures sa veine jugulaire enfler au rythme des pulsations de son aorte.

Les observateurs, particulièrement bien cachés derrière des frondaisons prenaient, avec application, des notes avec dans le regard cette autre pointe, celle du voyeur derrière un miroir sans tain.

Ils n’étaient pas là pour faire de la littérature, aucun d’eux ne se prenait pour Dumas, ni le fils, ni le père ; encore moins pour un peintre paysagiste. Ils observaient seulement et ils transcrivaient ce qu’ils observaient, pieusement, religieusement, comme les bigotes reçoivent l’hostie sur leur agenouilloir.

Puis, une fois le débordement fantasque de l’homme terminé, ils pliaient minutieusement les feuilles de leur calepin et les glissaient dans une urne.

Ils rêvaient de percer les mystères de cet esprit dérangé. Ils auraient tout donné pour traverser le miroir et y rejoindre l’héroïne de tous les imaginaires.

Mais seulement, uniquement, avec le désintérêt froid du scientifique.

A la fin de leurs longues études, peut-être, rencon-treraient-ils la maîtresse de ces lieux sans logique : Alice ! La pure, l’infante de tous les enfants !

Antoine

 

 

Les aventures de GEORGES LE CUISINIER SUR LA NATIONALE 7.

Nous sommes sur la N7 en période de vacances d’été et nous nous arrêtons, au restaurant conseillé par le guide du routard 2025 écrit par Alexandre Dumas grand gastronome devant l’éternel. Ce restaurant, Les 200 bornes, est une ancienne station essence requalifiée par Georges un ancien paysagiste reconverti en cuisinier. Et Georges pour faire honneur à Alex Dumas a mis en plats du jour :

le lundi, de la tête de veau sauce gribiche,

le mardi, de la blanquette de veau à l’ancienne,

le mercredi, un bœuf bourguignon,

le jeudi, un sauté de veau marengo,

 le vendredi, de la raie au beurre noir ou accompagnée de son un aïoli provençal,

le samedi, un saucisson lyonnais en brioche sauce au Maury,

le dimanche, poule au pot façon Henry IV.

Tous ces plats sont cités évidemment  dans les œuvres des Dumas père ou fils.

Ça le titillait, notre chef de bistrot, de mettre des desserts des années 50 à sa carte :

la tarte tatin, le baba au rhum ou encore le Paris-Brest…

Enfin, pour tout vous dire, il avait certains clients qui lui parlaient tellement mal qu’il pensait être dans un asile psychiatrique. Bien lui en a pris de s’en moquer car il avait l’aorte qui vibrait trop vite. Il avait installé dans sa chambre à la manière des matadors, un prie-Dieu avec agenouilloir en velours rouge. Et, de ce poste élevé, Georges avec son air goguenard haranguait ou plutôt hélait ses futurs clients sur le trottoir à la manière des restaurateurs marseillais sur le vieux port.

Parfois il se cachait derrière sa vitrine en verre sans tain pour voir ceux qui ne le voyait pas ; les clients entraient et lui Georges sortait de derrière son miroir comme un guignol sortant d’une boite-surprise à ressort qui ressemblait à une urne funéraire. Cela faisait rire les clients installés dans le restaurant et tous se croyaient dans un monde merveilleux comme Alice au pays des merveilles, sauf au moment de l’addition.

Rab34

 

 

Tel père tel fils

Alice Dumas avait passé toute la journée du samedi avec le paysagiste  de Tain-l'Hermitage. Il avait fallu qu'elle le titille, le bougre à l'œil goguenard, pour qu'il consente à lui faire un rabais. Elle avait même vu le moment où elle allait être obligée d'utiliser l’agenouilloir placé sur le portrait du Christ pour le prier et le supplier. Elle lui aurait même accordé ses vieux charmes, qui ne servaient plus à grand-chose, si le père et le fils n'avaient pas rappliqué du terrain de boules. Maintenant que ces foutus poils leur avait poussé dans les mains droites, ils ne branlaient plus rien. De nouveaux romans, surtout pas ! Pas même prendre le temps de pondre des micro-nouvelles. A peine entrés ils s'étaient jetés un pastis derrière le gosier après s’être jetés dans leurs fauteuils, les pieds sur la table basse, à regarder le match de foot à la télé.

Alice ne l'entendait pas de cette oreille. C’est une image car en fait, elle était sourde comme Beethoven, Smetana et Fauré réunis. Mais elle n’était pas que sourde, elle était aussi quelque peu à la bourre pour préparer le repas. Chaque fois qu’elle s’adressait à eux, elle se félicitait d’avoir choisi de prénommer son fils comme son mari : « D’un Alexandre, deux coups » était son diction revisité favori.

  • Alexandre, vous voulez bien mettre le couvert ?

Le père et le fils s'extirpèrent à regret de leur cocon pour faire ce qu’Alice attendait d'eux. Alexandre père filait droit depuis qu'elle l’avait menacé de le placer à l'asile. Il savait son aorte quelque peu encrassée, avançait en claudiquant vers ses quatre-vingts balais  et, entre l'EHPAD et l'urne funéraire, il avait choisi.

La preuve : l'urne, il était allé la choisir chez Rock l'éclair avec Alexandre. En forme de livre bien évidemment et, tant qu'ils y étaient, ils avaient commandé le tome 2 pour Alice. Elle ne l'avait pas volé.

Mô

À LA RECHERCHE DE SOI.

Alice aux pays des merveilles c’est perdue dans ce grand jardin, un labyrinthe.

Des allées d’oliviers, des allées de cyprès, des allées de figuiers, des allées de cerisiers jonchent le chemin, comme une spirale, pour se fondre dans un tunnel comme une aorte de tournesols.

Mais quel paysagiste avait pu réfléchir et réaliser cet agencement, il avait dû sacrément se titiller l’esprit.

Alice fatiguée se pose sur un agenouilloir. Va t’elle croiser le lapin ?

Au loin, elle entend quelqu’un qui d’un air goguenard semble lui dire quelque chose et ça résonne comme un écho.

CONTINUE ! CONTINUE ! CONTINUE ! AVANCE.

Elle ne voit personne juste cette voix qui insiste et qui répète sans cesse :

CONTINUE! CONTINUE ! AVANCE.

Elle a comme une drôle de sensation de se sentir prisonnière dans un asile où une voix en boucle ne cesserait de lui titiller les oreilles.

Elle décide d’avancer, non rassurer de ne savoir où elle va et ce qu’elle va découvrir.

Elle avance dans cette spirale et elle aperçoit une boite, en tournant autour elle comprend que c’est  une urne. Après une grande respiration, elle ouvre et elle y découvre un miroir sans tain et un mot signé de la main d’Alexandre Dumas : Tu as réussi à te retrouver.

Isabelle PIRON

 

 

 

Il fallait appuyer ?1

C’était dans un pays du Nord. Il était paysagiste et se nommait Dumas. Ce genre de personnage aimait titiller certaines personnes surtout fragiles, et surtout, celles qu’il rencontrait dans l’asile où il œuvrait et arrangeait les jardins. Il y allait de temps à autre, comme ça. C’est vrai que là, il rencontrait un monde fou ! Il y avait Basile qui souffrait de problè-mes concernant son aorte. Il disait goguenard :

  • C’est mon artère à grande circulation, alors les jours d’embouteillage...

Le pauvre homme avait un teint assez blafard lorsque les crises le prenaient. Il se voyait souvent parti dans l’au-delà, avait même choisi son urne. Mais quand le mal le laissait en paix, il voyageait dans son monde, apaisé, comme lui seul pouvait l’imaginer, un peu comme Alice au pays des merveilles.

Lydia

1

Comme Lydia n’a pas donné de titre j’ai fait de mon mieux !


 

Proposition 2

A la manière de Paul Eluard, en utilisant l’anaphore « Sur... » et « J’écris ton nom », écrire un poème  qui fera l’apologie de l’Homme ou son procès. Et si vous voulez prendre un autre thème, vous faites comme bon vous semble !

Mais d’abord goûtons le poème d’Eluard :

 

Sur mes cahiers d’écolier

Sur mon pupitre et les arbres

Sur le sable sur la neige

J’écris ton nom

Sur toutes les pages lues

Sur toutes les pages blanches

Pierre sang papier ou cendre

J’écris ton nom

Sur les images dorées

Sur les armes des guerriers

Sur la couronne des rois

J’écris ton nom

Sur la jungle et le désert

Sur les nids sur les genêts

Sur l’écho de mon enfance

J’écris ton nom

Sur les merveilles des nuits

Sur le pain blanc des journées

Sur les saisons fiancées

J’écris ton nom

Sur tous mes chiffons d’azur

Sur l’étang soleil moisi

Sur le lac lune vivante

J’écris ton nom

Sur les champs sur l’horizon

Sur les ailes des oiseaux

Et sur le moulin des ombres

J’écris ton nom

Sur chaque bouffée d’aurore

Sur la mer sur les bateaux

Sur la montagne démente

J’écris ton nom

Sur la mousse des nuages

Sur les sueurs de l’orage

Sur la pluie épaisse et fade

J’écris ton nom

Sur les formes scintillantes

Sur les cloches des couleurs

Sur la vérité physique

J’écris ton nom

Sur les sentiers éveillés

Sur les routes déployées

Sur les places qui débordent

J’écris ton nom

Sur la lampe qui s’allume

Sur la lampe qui s’éteint

Sur mes maisons réunies

J’écris ton nom

Sur le fruit coupé en deux

Du miroir et de ma chambre

Sur mon lit coquille vide

J’écris ton nom

Sur mon chien gourmand et tendre

Sur ses oreilles dressées

Sur sa patte maladroite

J’écris ton nom

Sur le tremplin de ma porte

Sur les objets familiers

Sur le flot du feu béni

J’écris ton nom

Sur toute chair accordée

Sur le front de mes amis

Sur chaque main qui se tend

J’écris ton nom

Sur la vitre des surprises

Sur les lèvres attentives

Bien au-dessus du silence

J’écris ton nom

Sur mes refuges détruits

Sur mes phares écroulés

Sur les murs de mon ennui

J’écris ton nom

Sur l’absence sans désir

Sur la solitude nue

Sur les marches de la mort

J’écris ton nom

Sur la santé revenue

Sur le risque disparu

Sur l’espoir sans souvenir

J’écris ton nom

Et par le pouvoir d’un mot

Je recommence ma vie

Je suis né pour te connaître

Pour te nommer

Liberté.

Paul Eluard

Les textes

 

A la manière d’ELUARD

Sur les promesses rompues

Sur les traités bafoués

Sur tous les monuments

J’écris ton nom

 

Sur les fausses concordes

Sur les peuples trahis

Sur les nations perdues aussi les génocides

J’écris ton nom

 

Sur les siècles oubliés

Sur les mensonges dits

Sur toutes les souffrances

Je t’accuse, toi, l’humain.

 Nic

 

 

Esperance

Sur la peau tendue d'un ventre berceau
Sur les caresses amoureuses traversant les millénaires
J'écris ton nom.

Sur le tonnerre la nuit, zébrée de terreur
Sur le poing levé debout face à l'adversité,
J’écris ton nom.

Sur les regards tournés vers les infinis abysses
Sur les étoiles vissées là-haut à portée de nos mains,
j'écris ton nom
Esperance 

Bertin Alain

— Sur les terres désolées tu as tracé des sillons et fait fleurir le désert, j’écris ton nom.

— Sur les berges brumeuses, tu en as rejoint d’autres, plus accueillantes, pour y planter une stèle, j’écris ton nom.

— Sur les plaines dépouillées tu as fait venir des nuées brandissant l’étendard, j’écris ton nom.

— Sur les blessures, sur les corps suppliciés, les gémissements horrifiés, les regards perdus, j’écris ton nom.

— Sur les parois humides des cavernes sombres, où jamais le feu ne s’éteint, j’écris ton nom.

— Sur les registres comptables tu as gravé ta fortune et commencé à écrire, j’écris ton nom.

— Et par le pouvoir du mot, je nomme la vie, je suis né pour te dire, pour t’écrire.

— Humanité…

 

Antoine

 

« J’écris ton nom »

 

Sur le soleil levant au Mont Moïse

Sur le désert irradiant

Sur l’âne qui trébuche aux pierres du chemin

J’écris ton nom

 

Sur la neige au Fuji San

Sur les yukatas en soie

Sur les Toriis sacrés

J’écris ton nom

 

Sur les Pyramides de Gizeh

Sur le temple de Philae

Sur la felouque qui glisse au Nil

J’écris ton nom

 

Sur le Machu Picchu embrumé

Sur l’Altiplano turquoise et sec

Sur la forêt de « buya »

J’écris ton nom

 

Sur l’Acropole d’Athènes

Sur les Cariatides de l’Erechthéion

Sur les monastères des « Météores »

J’écris ton nom

 

Sur la Bocca de la Verita

Sur l’Arc de Marc Aurèle

Sur les trulli d’Alberobello

J’écris ton nom

 

Sur les steppes d’Asie Centrale

Sur les lacs bleus miroir

Sur les bouleaux dressés

J’écris ton nom

 

Sur la « Grande Bibliothèque »

Sur la Sorbonne

Sur Notre Dame de Paris

J’écris ton nom

 

Sur les philosophes et les mathématiciens

Sur les peintres et les écrivains

Sur les architectes et les musiciens

 

Toi, Homme superbe et généreux

Dont le Génie, quand il parle en lui,

Crée tant de Beauté.

 

Michèle Roboam

 

 

 

Sur la peau colorée par le soleil

Sur ta peau au goût de vanille

Sur le sable chaud abandonné

J’écris ton nom

 

Sur l’abysse des fonds marins

Sur la mer méditerranée

Sur la tramontane

J’écris ton nom

 

Sur la foi qui de Dieu

Sur l’âme vagabonde

Sur le silence des églises

J’écris ton nom

 

Sur les globules rouges, rouges

Sur les globules blancs, blancs

Sur le sang qui coule dans mes veines

J’écris ton nom

 

Sur la paix qui chante

Sur la guerre qui pleure

Sur la violence qui éclabousse

J’écris ton nom

Sur mon père qui n’est plus là

Sur ma mère qui vit ici-bas

Sur les souvenirs de l’enfance

J’écris ton nom

 

Sur la route goudronnée

Sur le chemin sinueux

Sur les voix de chemin de fers

J’écris ton nom

 

HUMANITÉ

 

Isabelle PIRON

 

Sur toutes les incertitudes

Sur tout ce qui va et vient

Sur les arbres déracinés

J'écris ton nom

Sur tous les espoirs déçus

Sur les guerres et les conflits

Sur les hommes sans scrupules

J'écris ton nom

Sur les hommes qui se lèvent

Sur l'humanité qui renaît

Sur la paix en devenir

J'écris ton nom

Et par le pouvoir d'un mot

 

Pour l'humanité retrouvée

Pour le vent dans les cheveux

Pour le rire des enfants

J'écris ton nom

Humain

Anydson

Sur les écrans affligeants de la télé

Sur les habits-mode des nouveaux hommes-sandwiches bénévoles

Sur les comptes bancaires et servent les influenceurs

J’écris ton nom

Sur les  drones qui arrosent les civils

Sur les voitures en plein été où l'on fait cuire les enfants

Sur le ballon rond qui fait oublier l'essentiel

J’écris ton nom

Sur les billets de banque qui ouvrent toutes les portes

Sur les smartphones qui enterrent les livres

Sur les sulfateuses qui empoisonnent les cours d'école

J'écris ton nom 

Homme,

toi qui apparaît en deuxième position (après le moustique) de la liste funeste des pires assassins que la terre ait jamais portés.                                  

   Mô

Sur les murs éclatés,
Sur les écrans allumés
Sur l’ignominie imposée,
J’écris ton nom.
Sur la haine dévoilée,
Sur l’impudeur révélée,
Sur l’audace déguisée,
J’écris ton nom.
Sur les banderoles déployées,
Sur les visages figés,
Sur l’horreur du défi affiché,
J ‘écris ton nom.
Bardella

 

Lydia

Proposition 3

 

Une cuite ? Qui l’eût cru ?

Tout bu or not tout bu ?

Voici des mots récoltés sur les murs du musée de Frontignan qui célèbre le muscat.

Bourguignon rabot tire-fond demi-lune têtier vrille grume billon mérendier merrain  tampon chien douloire   départoir  coutre  Jabloir  tiretoir  Aubier plane Colombes banc d’âne  bondonnière douelle bâtissoire  tour de cabestan entailler équarrir  planer galber chasse  brasero  Basset Chaise à rogner varlope

De certains de ces mots, tout comme moi, vous ignorez le sens. Pas grave. Vous êtes ivres. Vous faites comme vous pouvez pour rendre hommage au muscat qui vous a mis dans cet état. Effet comique garanti !

 

 

 

Chères Varlopines et chers Varlopes

Je vous écris du tire-fond de ma bondonnière et assis sur mon brasero en demi-lune, pour vous exprimer toute ma douloire de ne pouvoir têtier avec vous ce muscat Bourguignon qui a permis à des billons de nos Colombes et Colombines de planer et d'entailler douelles et futailles en équarrissant et en rognant le galbe de nos donzelles sur l'aubier de tilleul et la chaise à rogner.

Continuez sans vergogne à vous tamponner les uns et les autres et à ouvrir votre cabestan intime malgré hélas votre douloire de mon absence. Je reviendrai pour vous raboter, vous enmuscader, vous têtier, vous rogner, vous tamponner, vous honorer sur l'autel de nos turpitudes.

Je vous aime, Varlopes et Va

Anydson

 

 

Arrête de lever le coude, mon Billon,

faut lever le pied !

« Mais si, Billon, remérende-toi. C’était chez Sylvie Cabestan, non pas la varlope, la pétasse à Jabloir, bien galbée qui manque pas de départoir. Jabloir il était pas là. La semaine d’avant, il avait pris un tampon sur l’autoroute. Pas sa faute qu’il avait dit c’est à cause de la demi-lune, j’y voyais coutre.  Il était rentré dans un  grume, sa bagnole avait fait des vrilles, des tours, jusqu’en bas du champ à  Merrain, éjecté de sa chaise par miracle, il avait regardé sa caisse planer par-dessus les aubiers et finir en brasero.  C’est vrai tu te redouelles pas ? On était même allés le voir à l’hosto de Colombes : Entaillé de partout, les chirs ont hésité à finir de l’équarrir au rabot sans douloire.

Eh bé ce soir-là, la Cabestan nous avait invité pour arroser ça. Me dis pas que tu t’en redouelles pas ! On rentrait de la chasse avec les chiens, même que t’avait pas voulu prendre ton épagneul, juste les 5 bassets. Elle nous avait passé une bondonnière de bourguignon commac :

  • On a pas idée de venir avec des clebs dans ma maison. L’est pas là Jabloir pour faire le ménage !

Elle m’avait rogné :

  • Tiretoir  avec tes cabots! Ce soir je garde mon Billon !

Je t’ai laissé,  assis sur le banc d’âne à tétier ta première bibine de muscat que te tendait la Cabestan. Elle avait déjà enlevé sa bâtissoire en dentelles. Me dis pas que même de ça tu te remérendes pas ! C’est toi qui me l’as raconté le lendemain, qu’elle arrêtait pas de te brailler :

  • Tire-fond mon Billon, tire-fond !

C’est vrai mon Billon, t’as tout oublié ? C’est peut-être que t’as trop bu de muscat ! »

Mô

Grume billon

Belle âme

Plane basset

Coutre que coutre !

 

Rogne varlope

Chemin demi-lune

Vrille la grume !

 

Ah! Bourguignon !

Vrille têtier

Et ne vient pas

Boire ma bouteille

De Frontignan

Sans moi !

 

Solange

Jean Tardieu qui ce soir du 30 juin rodait dans les parages m’a fait parvenir dès le lendemain ce message qui dit toute son inquiétude pour la Fabrikulture !

L’Affaire se Complique

Qu’est-ce que c’est

que tout ceci

Qui va d’ici

Jusque là-bas ?

Ho-ho par ci !

Hou-hou par là !

Qui est ici ?

Et qui va là ?

Je dis : hé-là !

Mais c’est pour qui ?

Et pourquoi qui

Et pourquoi quoi ?

Quoi est à qui ?

A vous ? A lui ?

Qui vous l’a dit ?

Ce n’est pas moi

(ni moi non plus)

ni moi ni moi.

 

J’ai également reçu de nombreux messages des Fabrikulteurs et ça fait chaud au cœur !

 

 

Impossible!!!!! Le dico ne contient pas assez de mots  pour  décrire la  soirée EXPLOSIVE  de la  FABULEUSE FAB...

LES VIP DU CABANON ont donné le ton

                       Accueil de Maïté 

      Organisation au top de MONIQUE.

 LES  2  BERNARD... au rythme de la guitare d'ALAIN et du youkoumachin de Pascale

   Merci   c'était super !

Bon été à toutes et tous

                                                                 Bénédicte

 

Bonsoir tout le monde !

Merci à Mô,

Merci Maïté,

Merci à tous pour cette soirée chaleureuse, bien agréable !

Merci à l'univers de m'avoir guidée vers la Fabrikulture à la journée des assos !!!

Bel été à tous !

Marie 🌸

1 grand merci à nos laborieuses et endurantes Mô & Krikri qui ont amené vaisselle et douceurs, à Maïté qui nous a permis de piétiner son gazon portugais, à Bénédicte notre Madelon, à la météo optimiste et à tous les Fabrikulteurs en chapeautés ou pas qui ont amené leur culture, leur bonne humeur et relativement peu râlé pour se plier aux propositions de Laclos, d'Eluard ... et de Mô bien sûr.

FOR SURE il faut remettre ça ...ça nous rend trop heureux.

Bise à tous et bel été.

Nic 😘

Oui, Merci à tous, et tout d'abord à Maïté pour son hospitalité et sa gentillesse, pour votre bonne humeur et pour les très bonnes choses à manger et à boire. Et merci à la bonne et douce mer et en plus je n'ai qu'une seule piqûre de moustique !

Bel été et bises à tous et toutes et les nouveaux que je ne connaissais pas mais que maintenant je connais, au moins de vue.

Viviane

 

Bonjour Monique, Une petite bafouille personnelle pour te remercier de cette année à la Fabrikulture que j'apprécie beaucoup pour son esprit de gentillesse et pas que...

Une certaine personne que tu connais anime cette troupe" même pas trop" turbulente, mais quand même, studieuse et appliquée.

Je rempile pour l'année prochaine, je loue ma chaise et mon coin de table.et plus....

Merci Mo. Passe un bel été.

Solange

Bonjour Monique,

La chaleur n'empêche pas d'écrire au contraire, elle nous contraint à rester à l'ombre et au frais (quand on peut!)

Je t'envoie les textes que nous avions écrits ce jour-là. Ça vaut ce que ça vaut....

Merci de ta gentillesse. A bientôt, Bises

Lydia

Hello à toutes et tous !

Encore MERCI à toutes les organisatrices et organisateurs de l'après-midi et soirée d'hier chez Maïté !  Une vraie réussite fort sympathique !!!

Maïté, j'écris ton nom !

Monique, j'écris ton nom !

Et puis

M'bape, j'écris ton nom, aussi....

A+++ et grosses bises à toutes et tous, vous souhaitant un été avec de belles écritures

Bernard B.

Coucou les amis, j'ai tout lu, j'ai beaucoup aimé, il en ressort de la poésie, de l'humour, du grave et du léger, mais c'est super.👍

Quelle belle soirée chez Maïté avec tous les fabrikulteurs ou presque.

Merci à elle d'avoir reçu toute cette troupe parfois bruyante et indisciplinée 😆, à son mazet où elle nous reçoit chaque année avec tant de gentillesse.

Merci à Mô pour sa hargne d'écrire, il faudrait que tu m'en donnes un peu Mô 😉.

Et merci à tous d'avoir été là, présents, l'ambiance était chaleureuse, ça fait vraiment plaisir de faire partie de la Fabrikulture.

Bon été à toutes et à tous, des bises d'Alberte et de Françoise

Les textes

Chères Varlopines et chers Varlopes

Je vous écris du tire-fond de ma bondonnière et assis sur mon brasero en demi-lune, pour vous exprimer toute ma douloire de ne pouvoir têtier avec vous ce muscat Bourguignon qui a permis à des billons de nos Colombes et Colombines de planer et d'entailler douelles et futailles en équarrissant et en rognant le galbe de nos donzelles sur l'aubier de tilleul et la chaise à rogner.

Continuez sans vergogne à vous tamponner les uns et les autres et à ouvrir votre cabestan intime malgré hélas votre douloire de mon absence. Je reviendrai pour vous raboter, vous enmuscader, vous têtier, vous rogner, vous tamponner, vous honorer sur l'autel de nos turpitudes.

Je vous aime, Varlopes et Va

Anydson

 

 

Arrête de lever le coude, mon Billon,

faut lever le pied !

« Mais si, Billon, remérende-toi. C’était chez Sylvie Cabestan, non pas la varlope, la pétasse à Jabloir, bien galbée qui manque pas de départoir. Jabloir il était pas là. La semaine d’avant, il avait pris un tampon sur l’autoroute. Pas sa faute qu’il avait dit c’est à cause de la demi-lune, j’y voyais coutre.  Il était rentré dans un  grume, sa bagnole avait fait des vrilles, des tours, jusqu’en bas du champ à  Merrain, éjecté de sa chaise par miracle, il avait regardé sa caisse planer par-dessus les aubiers et finir en brasero.  C’est vrai tu te redouelles pas ? On était même allés le voir à l’hosto de Colombes : Entaillé de partout, les chirs ont hésité à finir de l’équarrir au rabot sans douloire.

Eh bé ce soir-là, la Cabestan nous avait invité pour arroser ça. Me dis pas que tu t’en redouelles pas ! On rentrait de la chasse avec les chiens, même que t’avait pas voulu prendre ton épagneul, juste les 5 bassets. Elle nous avait passé une bondonnière de bourguignon commac :

- On a pas idée de venir avec des clebs dans ma maison. L’est pas là Jabloir pour faire le ménage !

Elle m’avait rogné :

- Tiretoir  avec tes cabots! Ce soir je garde mon Billon !

Je t’ai laissé,  assis sur le banc d’âne à tétier ta première bibine de muscat que te tendait la Cabestan. Elle avait déjà enlevé sa bâtissoire en dentelles. Me dis pas que même de ça tu te remérendes pas ! C’est toi qui me l’as raconté le lendemain, qu’elle arrêtait pas de te brailler :

- Tire-fond mon Billon, tire-fond !

C’est vrai mon Billon, t’as tout oublié ? C’est peut-être que t’as trop bu de muscat ! »

Mô

Grume billon

Belle âme

Plane basset

Coutre que coutre !

 

Rogne varlope

Chemin demi-lune

Vrille la grume !

 

Ah! Bourguignon !

Vrille têtier

Et ne vient pas

Boire ma bouteille

De Frontignan

Sans moi !

 

Solange

 

Jean Tardieu qui ce soir du 30 juin rodait dans les parages m’a fait parvenir dès le lendemain ce message qui dit toute son inquiétude pour la Fabrikulture !

L’Affaire se Complique

Qu’est-ce que c’est

que tout ceci

Qui va d’ici

Jusque là-bas ?

Ho-ho par ci !

Hou-hou par là !

Qui est ici ?

Et qui va là ?

Je dis : hé-là !

Mais c’est pour qui ?

Et pourquoi qui

Et pourquoi quoi ?

Quoi est à qui ?

A vous ? A lui ?

Qui vous l’a dit ?

Ce n’est pas moi

(ni moi non plus)

ni moi ni moi.

 

J’ai également reçu de nombreux messages des Fabrikulteurs et ça fait chaud au cœur !

 

 

Impossible!!!!! Le dico ne contient pas assez de mots  pour  décrire la  soirée EXPLOSIVE  de la  FABULEUSE FAB...

LES VIP DU CABANON ont donné le ton

                       Accueil de Maïté 

      Organisation au top de MONIQUE.

 LES  2  BERNARD... au rythme de la guitare d'ALAIN et du youkoumachin de Pascale

   Merci   c'était super !

Bon été à toutes et tous

                                                                 Bénédicte

 

Bonsoir tout le monde !

Merci à Mô,

Merci Maïté,

Merci à tous pour cette soirée chaleureuse, bien agréable !

Merci à l'univers de m'avoir guidée vers la Fabrikulture à la journée des assos !!!

Bel été à tous !

Marie 🌸

1 grand merci à nos laborieuses et endurantes Mô & Krikri qui ont amené vaisselle et douceurs, à Maïté qui nous a permis de piétiner son gazon portugais, à Bénédicte notre Madelon, à la météo optimiste et à tous les Fabrikulteurs en chapeautés ou pas qui ont amené leur culture, leur bonne humeur et relativement peu râlé pour se plier aux propositions de Laclos, d'Eluard ... et de Mô bien sûr.

FOR SURE il faut remettre ça ...ça nous rend trop heureux.

Bise à tous et bel été.

Nic 😘

Oui, Merci à tous, et tout d'abord à Maïté pour son hospitalité et sa gentillesse, pour votre bonne humeur et pour les très bonnes choses à manger et à boire. Et merci à la bonne et douce mer et en plus je n'ai qu'une seule piqûre de moustique !

Bel été et bises à tous et toutes et les nouveaux que je ne connaissais pas mais que maintenant je connais, au moins de vue.

Viviane

 

Bonjour Monique, Une petite bafouille personnelle pour te remercier de cette année à la Fabrikulture que j'apprécie beaucoup pour son esprit de gentillesse et pas que...

Une certaine personne que tu connais anime cette troupe" même pas trop" turbulente, mais quand même, studieuse et appliquée.

Je rempile pour l'année prochaine, je loue ma chaise et mon coin de table.et plus....

Merci Mo. Passe un bel été.

Solange

Bonjour Monique,

La chaleur n'empêche pas d'écrire au contraire, elle nous contraint à rester à l'ombre et au frais (quand on peut!)

Je t'envoie les textes que nous avions écrits ce jour-là. Ça vaut ce que ça vaut....

Merci de ta gentillesse. A bientôt, Bises

Lydia

Hello à toutes et tous !

Encore MERCI à toutes les organisatrices et organisateurs de l'après-midi et soirée d'hier chez Maïté !  Une vraie réussite fort sympathique !!!

Maïté, j'écris ton nom !

Monique, j'écris ton nom !

Et puis

M'bape, j'écris ton nom, aussi....

A+++ et grosses bises à toutes et tous, vous souhaitant un été avec de belles écritures

Bernard B.

Coucou les amis, j'ai tout lu, j'ai beaucoup aimé, il en ressort de la poésie, de l'humour, du grave et du léger, mais c'est super.👍

Quelle belle soirée chez Maïté avec tous les fabrikulteurs ou presque.

Merci à elle d'avoir reçu toute cette troupe parfois bruyante et indisciplinée 😆, à son mazet où elle nous reçoit chaque année avec tant de gentillesse.

Merci à Mô pour sa hargne d'écrire, il faudrait que tu m'en donnes un peu Mô 😉.

Et merci à tous d'avoir été là, présents, l'ambiance était chaleureuse, ça fait vraiment plaisir de faire partie de la Fabrikulture.

Bon été à toutes et à tous, des bises d'Alberte et de Françoise

 

Quelques commentaires

Une fois n'est pas coutume !

Jean Tardieu qui ce soir du 30 juin rodait dans les parages m’a fait parvenir dès le lendemain ce message qui dit toute son inquiétude pour la Fabrikulture !

L’Affaire se Complique

Qu’est-ce que c’est

que tout ceci

Qui va d’ici

Jusque là-bas ?

Ho-ho par ci !

Hou-hou par là !

Qui est ici ?

Et qui va là ?

Je dis : hé-là !

Mais c’est pour qui ?

Et pourquoi qui

Et pourquoi quoi ?

Quoi est à qui ?

A vous ? A lui ?

Qui vous l’a dit ?

Ce n’est pas moi

(ni moi non plus)

ni moi ni moi.

 

J’ai également reçu de nombreux messages des Fabrikulteurs et ça fait chaud au cœur !

 

 

Impossible!!!!! Le dico ne contient pas assez de mots  pour  décrire la  soirée EXPLOSIVE  de la  FABULEUSE FAB...

LES VIP DU CABANON ont donné le ton

                       Accueil de Maïté 

      Organisation au top de MONIQUE.

 LES  2  BERNARD... au rythme de la guitare d'ALAIN et du youkoumachin de Pascale

   Merci   c'était super !

Bon été à toutes et tous

                                                                 Bénédicte

 

Bonsoir tout le monde !

Merci à Mô,

Merci Maïté,

Merci à tous pour cette soirée chaleureuse, bien agréable !

Merci à l'univers de m'avoir guidée vers la Fabrikulture à la journée des assos !!!

Bel été à tous !

Marie 🌸

1 grand merci à nos laborieuses et endurantes Mô & Krikri qui ont amené vaisselle et douceurs, à Maïté qui nous a permis de piétiner son gazon portugais, à Bénédicte notre Madelon, à la météo optimiste et à tous les Fabrikulteurs en chapeautés ou pas qui ont amené leur culture, leur bonne humeur et relativement peu râlé pour se plier aux propositions de Laclos, d'Eluard ... et de Mô bien sûr.

FOR SURE il faut remettre ça ...ça nous rend trop heureux.

Bise à tous et bel été.

Nic 😘

Oui, Merci à tous, et tout d'abord à Maïté pour son hospitalité et sa gentillesse, pour votre bonne humeur et pour les très bonnes choses à manger et à boire. Et merci à la bonne et douce mer et en plus je n'ai qu'une seule piqûre de moustique !

Bel été et bises à tous et toutes et les nouveaux que je ne connaissais pas mais que maintenant je connais, au moins de vue.

Viviane

 

Bonjour Monique, Une petite bafouille personnelle pour te remercier de cette année à la Fabrikulture que j'apprécie beaucoup pour son esprit de gentillesse et pas que...

Une certaine personne que tu connais anime cette troupe" même pas trop" turbulente, mais quand même, studieuse et appliquée.

Je rempile pour l'année prochaine, je loue ma chaise et mon coin de table.et plus....

Merci Mo. Passe un bel été.

Solange

Bonjour Monique,

La chaleur n'empêche pas d'écrire au contraire, elle nous contraint à rester à l'ombre et au frais (quand on peut!)

Je t'envoie les textes que nous avions écrits ce jour-là. Ça vaut ce que ça vaut....

Merci de ta gentillesse. A bientôt, Bises

Lydia

Hello à toutes et tous !

Encore MERCI à toutes les organisatrices et organisateurs de l'après-midi et soirée d'hier chez Maïté !  Une vraie réussite fort sympathique !!!

Maïté, j'écris ton nom !

Monique, j'écris ton nom !

Et puis

M'bape, j'écris ton nom, aussi....

A+++ et grosses bises à toutes et tous, vous souhaitant un été avec de belles écritures

Bernard B.

Coucou les amis, j'ai tout lu, j'ai beaucoup aimé, il en ressort de la poésie, de l'humour, du grave et du léger, mais c'est super.👍

Quelle belle soirée chez Maïté avec tous les fabrikulteurs ou presque.

Merci à elle d'avoir reçu toute cette troupe parfois bruyante et indisciplinée 😆, à son mazet où elle nous reçoit chaque année avec tant de gentillesse.

Merci à Mô pour sa hargne d'écrire, il faudrait que tu m'en donnes un peu Mô 😉.

Et merci à tous d'avoir été là, présents, l'ambiance était chaleureuse, ça fait vraiment plaisir de faire partie de la Fabrikulture.

Bon été à toutes et à tous, des bises d'Alberte et de Françoise

 

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Publié le 15 Septembre 2026

Proposition 1

 

C’est une maison bleue…

… accrochée à la colline au Pays de Galles, là où vit une jeune femme peintre franco-québécoise, Valériane Leblond. En juin, c’est le moment de la grande lessive des quilts, ils peuvent sécher rapidement pendant les longues journées clémentes… Le quilt dessiné existe « en vrai » au musée de Lampeter (Pays de Galles), comme tous les quilts dessinés par Valériane !

La place sauvage, 1983. TomasTranströmer*

Il est nuit en plein soleil. Je me tiens dans les bois et regarde vers ma maison avec ses murs bleus de brume. 

Comme si j'étais mort récemment et j’ai vu la maison sous un angle nouveau.

Elle a résisté pendant plus de 80 étés. Son bois a été imprégné, quatre fois avec joie et trois fois avec tristesse. 

Quand quelqu'un qui a vécu dans la maison meurt, elle est repeinte. 

La personne morte peint elle-même, sans brosse, de l'intérieur.

De l'autre côté est un terrain ouvert. Autrefois un jardin, maintenant déserté. Un ressac encore de mauvaises herbes, des pagodes de mauvaises herbes, un texte qui jaillit, un mouvement vers le bas, des mauvaises herbes, 
une flotte viking de mauvaises herbes, des têtes de dragon, des lances, un empire de mauvaises herbes !

Au-dessus des flottements du jardin l'ombre d'un boomerang plane, jeté, encore et encore. Il est lié à quelqu'un qui a vécu dans la maison bien avant mon temps. Presque un enfant. Une question, une impulsion émane de lui, une pensée, une pensée de volonté: «créer… dessiner…», pour échapper à son destin inscrit dans le temps.

La maison ressemble à un dessin d'enfant. Un enfantillage fugace qui a grandi de suite parce que quelqu'un a prématurément renoncé à l'accusation d'être un enfant. Ouvrez les portes, entrez ! À l’intérieur de la maison, 
des troubles habitent dans le plafond et la paix dans les murs. Au-dessus du lit, est accrochée une peinture représentant un navire amateur de dix-sept voiles, une mer agitée et un vent que le cadre doré ne peut pas maîtriser.

Il est toujours si tôt ici, c’est juste avant le carrefour, avant les choix irrévocables. Je suis reconnaissant pour cette vie ! Et pourtant, je manque de solutions de rechange. Tous les croquis voudraient être réalité.

Un moteur sur l'eau, au lointain, étend l'horizon de la nuit d'été. La joie et la tristesse s’élargissent ensemble dans le verre grossissant de la rosée. Nous n'avons pas vraiment à le savoir, mais nous le pressentons : notre vie a un navire-jumeau qui vogue sur une voie entièrement différente.

Alors que le soleil brûle derrière les îles.

Tomas Transrömer* - Poète suédois, né le 15 avril 1931 à Stockholm et mort le 26 mars 2015[1] dans la même ville. Il a rédigé une quinzaine de recueils en cinquante ans d’écriture. Poète contemporain suédois le plus renommé et le plus traduit[2], il a reçu de nombreux prix, dont le prix Nobel de littérature en 2011[3]

Proposition 1:

Ecrire un texte dans lequel apparaîtront en arrière-plans estompés, comme des fantômes, la peinture de Valériane Leblond et le poème de T. Tranströmer.

 

 

Les textes

 

Le revenant

Quand Tomas sortit du chemin, une petite maison bleue s’était déployée dans la prairie, comme gonflée à l’hélium. Là où il avait connu, 45 étés auparavant, des champs de maïs à perte de vue, des pagodes de folle avoine naviguaient au vent d’Est. Il soufflait en rafales. L’une d’elle, s’acharna sur le fil à linge et lui déroba un drap blanc. Ravi, celui-ci ne se fit pas prier pour rejoindre les nuages qui passaient par là.

Etait-ce le bruit de ses pas sur les brindilles du sentier ou le simple fait du hasard, toujours est-il que la porte de la maison s’ouvrit libérant un halo de lumière à faire pâlir le soleil lui-même. Une petit garçon sauta les quelques marches, sans dire un mot. Il leva, au-dessus de sa tête, un boomerang qu’il lança aussi fort que le lui permettait ses petits bras roses qui n’avaient pas 6 ans. Il tourbillonna, comme s’il hésitait, finit par choisir sa direction et se mit à planer, planer,  jusqu’à se perdre à l’horizon.

Pendant ce temps, la cour s’était mutée en parc zoologique où se croisaient le plus courtoisement du monde, trois chats, cinq poules, un dragon, une chèvre, un écureuil, un lapin...

L’inventaire fut soudain interrompu. On avait secoué le dormeur. Fatigué par sa longue marche pour revenir sur les pas de son enfance, Tomas avait choisi de se poser, dans le sous-bois, à quelques encablures de ce qui jadis avait été témoin de sa jeunesse. Il avait préféré retarder les retrouvailles. Allait-il reconnaître le cadre de son bonheur passé ? N’avait-il pas pris, lui aussi, toutes ces rides qui faisaient de lui cet autre qu’il n’acceptait pas ?

Il entendit, non loin, une voix d’enfant chanter une comptine, l’une de celles que lui avait apprise sa grand-mère, il ouvrit les yeux. Un homme, jeune, en habit de campagne, lui tendait la main. Il lui proposa de l’aider à se lever, lui offrit de l’accompagner jusqu’à la ferme, histoire de boire un coup. Ils firent ensemble, les quelques mètres qui les séparaient de la propriété. Rien n’avait changé. Tout son passé lui revint comme un boomerang.

Mô

 

La fièvre du samedi soir

 

C’est samedi à Västerås, au bord du lac Mälar.

La brume s'élève entre les bouleaux, les suspend dans une atmosphère enchanteresse et mystérieuse ; elle a déjà éteint la lune et les étoiles.. Dans cette purée de pois cassés, Tomas rentre les poules et la biquette, leur donne pitance puis franchit le seuil de la petite maison bleue, suivi de Marian et Monica, les deux vieilles chattes de gouttières qui ce soir lui serviront de bouillottes.

Tomas frissonne. Ses poils se hérissent comme une flotte de drakkars sur la mer baltique. Dans le poêle, il rajoute du bois encore imprégné de l’averse d’hier. La bouilloire tarde à chanter. Dans le silence, Tomas reconnaît la course de l’écureuil sur les tuiles et le bavardage nocturne des corbeaux.

Avec tristesse, son regard se pose sur le portrait de celle qui a partagé 32 ans de sa vie et qui s’en est allée. Comme il voudrait que ce croquis devienne réalité !

La fièvre donne un goût amer à la nostalgie.

Deux comprimés avec le thé bouillant et au lit !

Sur la table de nuit de la chambre se consument trois bougies dans un chandelier en bois peint. Marian et Monica attendent assises sagement sur le tapis de tissus recyclés. Elles ne sauteront que lorsqu’elles auront reçu l'invitation.

Tomas se couche, soulève le drap, c’est le signal.

La chaleur des bêtes tranche avec le froid humide de la literie.

Tomas frissonne, claque des dents. Seuls, ses yeux rougis sortent du quilt épais aux motifs géométriques jaunes et bleus. En face de lui, dans son tableau accroché au mur, le Dix-sept voiles tangue plus que de coutume sur la mer agitée. Ce soir, le cadre ne peut maîtriser le vent qui s’engouffre dans la chambre. Il s’entortille dans le brise-bise en coton blanc crocheté qui devient goéland, il arrache l’édredon qui devient nuage et Tomas se laisse soudain transporter, tout là-haut, au-delà du plafond qui a disparu, tout là-haut, dans le ciel, à la rencontre de celle qu’il n’a jamais cessé d’aimer.

Mô

 

 

 

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