Lundi 17 mars 2025. Atelier à Sète, animé par Monique Nicque.
Publié le 21 Mars 2025
TADAM !
Tadam : une pièce écrite par Baptiste Toulemonde et Arthur Oudar.
Jouée au TMS de Sète, le 14 mars 2025
Un récit initiatique et magique qui explore avec humour et tendresse nos failles les plus intimes pour mieux révéler nos forces.
Personnages : Le père : Baptiste Toulemonde ; Kiki : Arthur Oudar ; Louison : Maude Fillon
Le papa de Louison est magicien. Un jour, il a voulu réaliser un tour de trop : « La Grande Disparition». Raté ! Et depuis, les choses ne sont plus tout à fait comme avant. Louison a grandi et ne s’émerveille plus des petits tours de magie. Désormais, elle veut percer les grands secrets. Et son père en a un… Grand. Et bien gardé. Comment faire pour renouer le dialogue avec lui ? Comment lui faire comprendre qu’elle est bien assez grande ? Et surtout… c’est qui ce mec bizarre avec qui il passe toutes ses journées ?
TADAM, nouvelle création de la Compagnie Renards / Effet Mer, parle de nos échecs, nos peurs, celles qui nous constituent mais que l’on cache, par crainte ou par honte. Alors qu’en y regardant de plus près, toutes ces faiblesses, ces ratés et ces moments de doutes, sont constitutifs de ce que nous sommes aujourd’hui.
L’écriture, intelligente et subtile, engage le jeune spectateur à devenir acteur. Alors dans la confidence, il tente de résoudre l’énigme et de percer le mystère. La magie, celle que l’on comprend comme celle qui nous échappe, renforce l’intrigue et nourrit notre imagination… jusqu’à la « grande » révélation !
Photos de Alice PIEMME, sur site du TMS.
Proposition 1 : Ecrire un poème en vers inspiré par l’affiche de la pièce.
En intégrant les mots suivants : Colombe, échec, secret, disparition, vérité, espoir
Poésies magiques et mortelles
La disparition
La vie est un cirque
Sous le chapiteau
Bleu d’un ciel affable
Que traverse l’or
D’un soleil amical
Peuplé de colombes
Roucoulant d’espoir
Parfois c’est l’échec
Le cœur blessé saigne
L’esprit troublé nie
La triste vérité
Les yeux interrogent
On ne dira rien
On choisit la mort
Mô
🎭 💀 🎭
Tadam
« Escargolier » jaune, figé vers une colombe en vol,
Ailes déployées vers le paradis heureux ?
Un œil bleu, regard en cage, fixe la vérité
Accrochée aux rideaux, frou-frous ondulés.
Pion déséquilibré hésite, chute tourbillonnée
Ou essor, espoir, rêve fou de nirvana.
Echec ou réussite qui lui dira le secret ?
Disparition d’une vie, libération jolie,
Sésame que seuls connaissent les deux squelettes qui dansent.
La vie s’en vient, la vie s’en va, personne ne choisit.
Josiane P.
🎭 💀 🎭
Jeu mortel
Que le bleu soit
Et l'orange fut.
Que la colombe vole
Et la colombe se tue.
De Louison le père,
Yann se désespère.
De catastrophes en échecs
Il joue sa vie sur un damier.
Kiki se la joue noir,
Yann préfère l'espoir.
L'escalier est vite monté
Quand de partir on a l'idée.
L'escalier est plus rude à descendre
Quand un secret il faut défendre.
Dans les yeux de Louison
Surtout pas de grande disparition.
De son père, la vérité elle espère.
Surmonter ses échecs
Jouer sans être un pion
Le souhait de Louison
Pour un père qu'elle aime.
Sous le grand chapiteau de la vie,
Croyez, braves gens, à la magie.
Syl
🎭 💀 🎭
Tadam
La mort danse subtilement,
Une colombe s'échappe du cirque,
Le magicien joue aux échecs lentement,
Avec qui joue-t-il ? Un fantôme burlesque
L'escalier en colimaçon cache un secret,
La vérité est là-haut, inévitablement,
Ceux qui regardent voient la mort chanter,
L'espoir est toujours là, la magicien a gagné,
Disparition de la mort : tout le monde est étonné.
Annick
🎭 💀 🎭
Barre-toi jolie colombe
C’est la vérité barre-toi
C’est sans espoir oui barre-toi
La mort court après toi barre-toi
Fais lui échec, oui barre-toi
Sinon tu finiras
Avec les petits pois
Alors, oui barre-toi
Barre-toi, colombe barre-toi
Ce soir ils n’auront que des petits pois
La disparition c’est pour toi
Barre-toi, colombe barre-toi
Pas de secret
Barre-toi
Esmaïaqui
🎭 💀 🎭
Proposition 2 : Au choix, en intégrant les répliques tirée du spectacle :
- C’est la vraie ?
- Non, c’est la faux
a) Le jour où tu as tutoyé la mort. Un récit à la deuxième personne du singulier.
ou
b) La Vie et l’œuvre du croque-mort édenté. Un récit à la deuxième personne du singulier.
💀 💀 💀
Tutoyons la Mort
Faux raté !
Dis-moi, la mort, tu sais que tu m’as vraiment foutu les chocottes, ce jour-là ? Je te raconte pas le choc que ça m’a fait de te voir passer dans le couloir ou plus exactement de voir dépasser ton instrument de la partie opaque de la longue vitre qui séparait ma chambre des parties communes de l’étage.
J’entendais aussi, derrière toi, le roulement du chariot, poussé par les infirmiers chargés de débarrasser la chambre après ton passage. Le chariot a ralenti. Tu t’es planté devant ma porte. Je venais de subir la pose de deux stents sur mes coronaires et l’intervention s’était très bien passée aux dires des hommes de sciences. Aussi quand tu as ouvert la porte et que tu as brandi ton engin, j’ai eu envie de croire à une plaisanterie et je t’ai demandé :
- C’est la vraie ?
- Non, c’est la faux !, que tu m’as répondu au milieu d’un rire sardonique !
Les infirmiers qui te talonnaient dans ma chambre ont eu l’air d’apprécier la blague. Moi pas. Je n’étais vraiment pas prête, je n’avais dit adieu à personne, n’avais pas distribué mes livres ni donné mes recettes. Et en plus je ne croyais pas en dieu !
Mais face à l’adversité, je devais me résigner.
La lame de la faux traça un arc de cercle parfait du sol au plafond. Je fermai les yeux. Un échange verbal m’obligea à les rouvrir et t’amena à suspendre ton geste. Les infirmiers relisaient, à haute voix, le document sur lequel était écrite leur mission :
- Aller chercher le patient de la chambre 25 pour l’emmener en chambre froide.
- Le patient ? La chambre 25 ? Mais je suis une femme et là, vous êtes dans la chambre 27. La 25, c’est la chambre d’à côté !
- Oups ! Je crois qu’on a failli faire une boulette ! J’espère Qu’on ne vous a pas trop dérangée, madame ! Aller ! Demi-tour ! Et à la prochaine !
Les infirmiers te poussèrent devant et j’écoutai avec ravissement s’éloigner les roues du chariot.
Mô
💀 💀 💀
Discussion amicale avec la mort
Route de Lorraine, hiver, gel et verglas, conduire vite, trop jeune et…trop pressé, voiture retournée dans le fossé. J’en suis sortie sans une égratignure mais… elle était là sur le bord de la route. Elle a cligné des yeux pour me saluer et me signifier que l’heure n’était pas arrivée. Oui, le spectre de la mort m’est devenu familier. Nos rapports ont gagné en bonhomie, je la tutoie, l’âge avançant, elle me suit de près, nous devisons :
Cette histoire, tu me l’as racontée mille fois mais, comme à chaque fois, j’en ai encore des spasmes de rigolade. Aventure d’un de tes lieutenants sur terre, un de ceux qui t’aident, tu es tellement sollicitée.
Bref, l’homme s’appelait Gaston, il était croque-mort. Son boulot, mordre un doigt du mort, l’absence de réaction signait la mise dans le corbillard et le cheminement vers le caveau familial ou la fosse commune. Le savoir-faire de Gaston, reconnu dans tout le canton, tenait essentiellement au tranchant de ses incisives, un virtuose dans son domaine !
Les aléas de la vie, un salaire qui tenait plutôt de l’obole, l’absence d’envie, Gaston a laissé faire, plutôt il n’a rien fait. Ses dents l’ont quitté, une à une. D’abord, il les mit dans une boîte d’allumettes puis, par suite de l’inadéquation entre la petite taille de la boîte et le nombre croissant de dents tombées, Gaston décida de les enterrer dans les pots de géraniums qui bordaient sa fenêtre. Il arrosait régulièrement les plantes et les dents cachées dessous. Les géraniums resplendissants, pétulants, d’un rouge vibrant faisaient office d’anti-moustique. Les dents, restées inertes, n’ont pas germé, ne sont pas sorties de terre…
Comme tu le dis, il fut bientôt sans dent. Son sourire aux lèvres te désarçonne, te semble déplacé, étonnant. La preuve, certains détournaient le regard ! Non, Gaston était juste plein d’empathie pour ceux qui ployaient sous le poids du désespoir et le deuil.
Ton histoire à mourir de rire se situe, alors qu’il lui restait encore quelques dents. C’est arrivé une fois, une seule fois, la fois dont chacun se souvient dans le village et …tu te le rappelles d’autant mieux que tu étais venue pour RIEN !
La défunte était une jeune femme, la petite vingtaine, pas plus. Gaston lui mordit l’index et La morte cria en se redressant dans son cercueil. Gaston l’avait fait sortir de sa léthargie… Une torpeur s’était emparée d’elle après un chagrin d’amour. Elle paraissait MORTE. Après la résurrection, la fille a sauté au cou de Gaston, la famille endeuillée était tombée dans les pommes puis revenue à elle. Certains ont remercié Gaston, d’autres ont remercié Dieu… Et toi…Tu faisais une sacrée tronche, une cliente jeune et belle que tu retrouverais peut-être dans 50 ou 60 ans moche et ratatinée !
Gaston était devenu une célébrité, il reçut des tas de cadeaux, saucissons, poules, légumes et de la gnôle. C’était beaucoup, il vivait seul et chichement. Quelque temps après, un journaliste est même venu de Paris pour écrire un article sur le village, le miracle, la miraculée et lui, Gaston, le croque-mort. Il a gardé l’article collé dans un vieux cahier, son titre : La vie est l’œuvre du croque mort édenté !
Josiane P.
💀 💀 💀
Funeste héritage
" Tu te dois de reprendre le commerce familial. Tu es le seul fils de ton père ! "
Tu parles d'un boulot. Tu fais des études de commerce international, et paf ! Ton vieux meurt en te laissant comme seul héritage l'entreprise " Bien vivre sa mort. "
Depuis tout petit, tu vis entouré de boites en bois, de fleurs qui sentent rien. Les autres enfants jouent avec des cubes, toi tu joues dans des cercueils.
" Vas ailleurs, tu es toujours dans mes jambes ! " Tu écoutes ton père, tu cours dans les salles aseptisées, tu tries les scalpels et écarteurs, comme d'autres gosses trieraient Lego ou voitures.
" Ne touches à rien surtout ! " Tu parles c'est trop tentant tous ces casiers dans la salle réfrigérée. Tu joues à cache-cache dedans, quand ils sont vides ! Même si un jour tu t'es planqué avec le cadavre de la vieille Mariette. Tu as bien ri ; tes parents un peu moins.
" Ton père t'as laissé son œuvre, l'œuvre de toute une vie ! " Et te voilà croque-mort du jour au lendemain. Tu as désormais son costume-cravate noir, ses chaussures vernies, son masque d'apitoiement.
Tu as même hérité du dentier de ton père : " Le dentier en or " avec inscrit sur le socle : Au meilleur croque-mort ! Une blague des collègues de ton père.
" Il te faut avoir un peu d'humour quand tu tutoies la Mort tous les jours." Ton père te le disait souvent.
Et tu t'y fais à la mort. T'as pas le choix. Tu te dis, après quelques embaumements, que tu la rends plus belle. La mort se fait coquette. Il t'arrive d'avoir des compliments. Un veuf t'a demandé en voyant feue son épouse si bien maquillée dans son lit de soie :
- C'est la vraie ?
Tu as failli répondre : Non, c'est la faux !
Mais tu es respectueux, tu te dois de l'être. Parce qu'un jour ... Tadam ! Tu seras toi aussi allongé sur la table en fer, nu comme un ver. Tu ne sais qui te rendra plus ... ou moins immortel.
Syl
💀 💀 💀
- C’était pour aujourd’hui ?
- Aujourd’hui, demain, hier, je suis là pour toi.
- C’est gentil à toi, excuse ma surprise, je ne t’attendais pas. Ceci dit, je te reconnaîtrais entre mille, c’est la vraie que tu porte ?
- Non c’est la faux.
- Tu as dû en dézinguer plus d’un. Assieds toi, tu as un moment, repose toi. T’es toute seule pour ce boulot ? Débarrasse toi, passe moi la faux, il faudrait que tu l’aiguises un peu, ça fait désordre. Reprends ton souffle. Je sais l’ascenseur est en panne et tu as dû te taper dix étages à pied. Tu veux boire quelque chose ?
- Bon, ça suffit, je n’ai pas que ça à faire : Jean Dupont je t’emmène avec moi, ta dernière heure a sonné !
- Comment Jean Dupont ? Tu t’es trompée, moi c’est Pierre Durand. Jean Dupont, lui, il habite même étage dans l’immeuble en face.
La Mort sombre, devient livide : " Rien ne me sera épargné, l’administration part en brioche ! "
- Bien, écoute, à une prochaine, mais prends ton temps, je ne suis pas pressé.
Une bonne heure plus tard, la Mort, péniblement, remonte l’escalier. Les dix étages, l’un après l’autre. Elle a laissé la faux au cinquième. Son souffle roque est fort, saccadé, visiblement elle se traine. Jean Dupont sort sur le pallier :
- J’avais oublié de te dire que chez eux aussi l’ascenseur est en panne. Ce n’est qu’une petite blague, dis tu ne m’en veux pas ?
La Mort tend le bras vers lui, les orbites vides de ses yeux le fixent. Elle le désigne d’un doigt squelettique. - Tu fais quoi là ? Ouh, réveille toi ! "
Un son, sec, elle expire d’un coup. Jean Dupont assiste au décès de la Mort : " Je suis bien maintenant, que vais je faire de toi ? "
Qu’allait-il bien en faire ? Décorer son intérieur avec la faux accrochée au mur et la tunique de la mort ?
Non, il y a toujours une morale édifiante.
Comme par magie, il s’est retrouvé vêtu de la tunique de la mort avec une liste longue comme le bras de la clientèle à visiter. La faux sur l’épaule, il descend au rez-de-chaussée. On l’entend marmonner entre ses dents : " Ce ne sont pas des manières, je me plaindrai à mon syndicat !"
Devant la porte de l’immeuble, le cheval, la carriole, des ombres se tournent vers lui. Il monte, s’assied à la place du cocher, prend les rênes et « la mort conduit l’attelage.* »
* « La mort conduit l’attelage » titre d’un ouvrage de Marguerite Yourcenar
Esmaïaqui
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La vie et le croque-mort
Tu es en vie aujourd'hui, tu es gai, tout va bien. Tu parles aux copains, tu travailles, tu vas et tu viens. Tu vas voir ta mère à 30 kilomètres en ce début d'année. Tu souhaites la bonne année à tout le monde, tu bois un coup, les amis t'en offre, tu es pompette, mais il faut que tu repartes. Tu prends ta voiture. Tu ne penses à rien.
Mais un croque-mort édenté apparaît devant toi. Tu penses à la vie. C'est la vraie ? Que tu t'es bien amusé.
Mais le croque-mort édenté est toujours là devant toi. Il tient quelque chose dans ses bras, mais tu rêves ... non, c'est la faux !
C'est un signe tout de même. Tu fais une embardée à gauche et croise une autre voiture. C'est l'accident !
Ce croque-mort édenté était prémonitoire ! Et tu te retrouves sur un lit d'hôpital.
Le croque-mort édenté sourit tout joyeux et t'emportes au paradis.
Annick
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La Belle Vie D’Adam Chicot
Quand il est né Adam Chicot avait déjà des dents, d’énormes ratiches qu’il plantait dans la poitrine de sa mère lorsque celle-ci lui donnait le sein. La pauvre femme en mourut prématurément tellement son bébé l’avait affaiblie en lui tirant le lait et le sang lors des tétées.
Avant d’avoir une dentition définitive ses dents de lait étaient des dents de sang. On le surnommait le vampire ou Dracula.
Adam avait vite pris la mauvaise habitude de mordre tout ce qui passait à sa portée. Non seulement il croquait les pommes, les poires, les scoubidous, mais encore les légumes, les poissons et les viandes qu’il déchiquetait avec gourmandise et voracité, sans prendre le temps de respirer entre chaque bouchée.
Bref ! Tout ce qui était nourriture, il fallait qu’il y plante ses dents. C’était plus fort que lui.
Plus tard, à l’adolescence, il ne pouvait pas garder une petite amie plus d’une journée. Au lieu d’embrasser les filles il leur mordait les lèvres, la langue, le cou, les faisant fuir dès qu’elles le pouvaient. À force sa réputation de serial mordeur s’est répandue et toute la gent féminine s’écartait de son chemin et ne se laissait pas approcher. Il se demandait pourquoi les gens le montraient du doigt, de loin et se détournaient de lui.
Arrivé à l’âge adulte il n'avait qu’un désir : mordre la vie à pleines dents ! Mais que faire comme métier ? Il n’avait pas d’idée bien arrêtée.
Par hasard il lut une annonce dans le journal : une société de pompes funèbres cherchait un employé, présentant bien, d’une moralité exemplaire, mais ayant une bonne dentition.
Adam avait un physique agréable à regarder, une belle prestance en costume, un beau sourire. Si c’était nécessaire, il savait s’adapter aux situations, et il pouvait montrer de la compassion pour les familles endeuillées. Et donc, il fut engagé en tant que vérificateur.
Quand un décès était déclaré c’est lui qu’on envoyait se rendre compte si le défunt était bien mort. Ça lui plaisait beaucoup de pouvoir mordre à loisir sans risquer de se faire mal voir du monde. Il se régalait d’aiguiser ses ratounes sur les corps des trépassés, il lui arrivait même de vérifier plusieurs fois si le mort l’était véritablement. Ce n’étaient pas ces pauvres macchabées qui allaient se plaindre de ses agissements.
Un jour il tomba sur un cadavre qui avait l’air exquis, mais qui se révéla très coriace à la peau dure comme du bois dont on ne fait pas des flûtes. Et c’est ainsi qu’il se cassa les dents sur ce corps résistant. Tout édenté il ne souriait plus, devenait triste et morose. À la télé Henri Salvador chantait "Le Blues Du Dentiste", cela le déprima encore plus.
Complètement désespéré il alla se noyer au canal.
C’est ainsi que mourut Adam sans dent.
Jacques G.
💀 💀 💀
La visiteuse
– Oh ! Mon pote. Qui es-tu ? Comment t'es entré ?
– Je suis la MORT. J'ai un peu d'avance à cause de mon client précédent.
– La Mort, toi ? Tu rigoles. Ton déguisement est réussi pour carnaval, mais c'est pas encore. Où as-tu trouvé la cape c'est la vraie ?
– Non, c'est la faux du père Savon qui n'a pas fini ses foins. Je viens de lui emprunter Le vin blanc et le soleil ont eu raison de lui, plus vite que prévu. D'ailleurs il est toujours couché au milieu de son champ.
– Le père Savon, mais je le connais. C'est mon pote, lui aussi, comme toi.
– Je ne suis pas ton pote. Je suis la Mort, la vraie. Je viens te chercher : ton temps est fini, tu vas ... MOURIR.
– Je vais mourir ! Que tu dis ! Mais moi je veux pas, hé ! mourir. Je suis bien là, dans mon fauteuil avec mes joints de hachisch, ma tisane préférée préparée par ma petite femme chérie pour mes maux d 'estomac, agrémentée par mes soins de miel et de gnôle. La gnôle ça Lili ne le sait pas... chut !
– Peut-être, mais tu vas mourir. C'est écrit dans les astres.
– T'es marrant toi. Tu consultes les astres, toi, à notre époque. T'es sûr de tes lectures. Il suffit qu'un nuage passe devant un de tes astres et tout est faussé. Hé, hé, c'est t'y pas vrais ! Tiens, tu veux pas une tisane ? Elle est bonne tu sais, je me régale.
– Non ! Non merci. Mais ne te prive pas... bois … bois !
– Hum ! Fameux. Mais que m'arrive t-il ? J'ai la tête qui tourne... hou là là ! Je crois que j'ai trop tiré sur les joints et la gnôle, je vais dormir un peu.
– C'est cela, dort... dort... je veille... OUF ! Enfin, c'est fini pour toi. Allez maintenant suis moi. Tu es MORT. C'est ce qui arrive quand la gentille épouse cultive des lauriers roses.
Lynda
André l’édenté
Tu es croque-morts, et tu n'as plus de dents ! Quelle tristesse pour ton boulot. Tu n'as pas de chance. Bientôt, tu seras au chômage. Plus de dents plus de clients.
Et comment je vais faire moi, pour mon travail, si tu n'as plus de morts à mordre. Tu sais que nous sommes complémentaires. Tu les mords et moi je les emmène.
J'ai pris rendez-vous pour toi, chez la prothésiste-dentaire ULA DRAC, aujourd'hui à quinze heures. Content !
Ah ! Je te préviens surtout mets un col roulé bien épais, que tu laisses bien haut sur ta gorge. Exige aussi qu'elle porte un masque.
Non ! pas seulement pour l’hygiène, mais pour ta survie : elle a une petite manie. Elle a tendance à mordiller un peu ses patients. Elle va te fabriquer un dentier incassable, bien aiguisé et sur mesure.
Tu pourras à nouveau croquer le gros orteil des soi-disant morts, pour être sûr de leur mort. J'espère pour toi qu'ils seront propres !
La MORT et le CROQUE-MORTS nous faisons une belle équipe. Pas vrai !
Lynda
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Un spectacle magnifiquement interprété, un thème subtilement soulevé par la Cie Renard/ Effet Mer !
Les acteurs ont répondu "bord plateau" aux questions des heureux venus voir Tadam !
Arthur Oudar - Maude Fillon - Baptiste Toulemonde
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